samedi 16 janvier 2021

सफेद

 White. सफेद (saphed in Hindi)

I wanted to dress in white for my father’s burial as it is the custom in India when you mourn a loved one, but of course in wintery France this was not possible. Instead, I wore a white Kashmiri shawl for the symbol.
Today as our snowed Yvelines countryside takes me back to the memory of those funeral days, I suddenly realize that Mother Nature was the one bearing the white coat for my father’s demise.
How thoughtful.



jeudi 31 décembre 2020

J'étais bien en bas.

 "En 13 ans de métier je n'avais jamais vu un membre de famille descendre dans un caveau et encore moins une femme !" s'exclama l'employé des PF ! Je lui répondis un truc taquin sur le "une femme" du fond de notre grand caveau familial que j'eclairais avec mon portable...

Pour la première fois de ma vie, je pu enfin approcher ce grand-père que je n'ai jamais pu rencontrer de son vivant. Je me suis retenue pour ne pas ouvrir son cercueil pour avoir un contact physique avec lui : une caresse sur son crâne, un check ?!
Vu que j'étais la mieux placée, c'est moi qui ai pu déposer l'urne de mon père dans le caveau, auprès de son père qu'il aimait et qu'il avait perdu lorsqu'il avait 13 ans.
J'étais bien en bas avec eux, j'aurais pu y rester des heures, prendre le kf avec eux et toper le monologue, trinquer à leur santé de morts... La mort. Subtilement elle y est devenue presque bienveillante, moins terrifiante, plus sympathique en bas. Une ambiance presque cozy et conviviale. Indescriptible.
Je suis ressortie presque à regret pour rejoindre les mortels, crottée de la tête au pied de la terre imprégnée de l'ADN de mes aïeux, mon second baptême ! Lorsque j'étais en bas, une goutte d'eau avait perlé du plafond et s'était infiltrée entre mes lèvres, je m'y suis fait une plaie sur un doigt, comme s'ils me rentraient tous dans mon corps par tous les moyens pour vivre en moi !
Ressortie de là, je me suis sentie sereine, libérée et encore plus vivante que jamais, pour veiller sur mes proches, ma mère en particulier, et continuer à vivre avec fougue et passion.



Les contes de nos funérailles





 Après avoir appris la panne du four du crématorium lors des obsèques de mon père, mort brutalement du covid, nous nous sommes mis en chasse d'un logement pour nous 6 pour cette nuit de plus à passer dans la région de Pleaux. Malgré de nombreux coups de fils aux gîtes, hôtels et mairies soit les établissements étaient fermés, soit ils étaient complets... La panique.

C'est alors que nous avons eu en ligne Martina de l'hôtel restaurant Les Contes de Bruyeres à Serbieres le Château . Elle a accepté d'ouvrir son hôtel rien que pour nous, et 2 heures après nous étions à sa table avec une soupe maison et des spaghettis aux cèpes du coin !
Martina et Mathias est un couple d'allemands installés dans la région depuis qqs années. Elle est chef, a travaillé au Ritz, cela vous donnera une idée de la qualité de sa cuisine... Ils nous ont accueilli avec une douceur infinie et une hospitalité sans égale. Nous avons parlé de nos vies et vite trouvé un sujet de passion commun : les épices et la cuisine indienne vej !
Le soir Martina nous a régalé de sa fameuse oie grillée, sans parler de son foie g, pâté et saumon fumé tous maisons ! Cela fut un vrai moment de détente et de soulagement pour nos âmes en peine et nos corps épuisés. Ma mère a enfin mangé de bon appétit, les enfants ont ri aux éclats, nous avons tous enfin bien dormi !
Nous partons ce matin reposés, requinqués, prêts à affronter l'inhumation finale de mon père et à accueillir l'année 2021 d'ici quelques heures, qu'on espère être moins épouvantable que 2020.
Prenez soin de vous, protégez vous du covid et profitez de la vie tant que c'est possible.

mardi 29 décembre 2020

View from crematorium

La vue en arrivant au crématorium. Reposante et qui m'a permis d'encaisser la nouvelle en arrivant au crématorium : four en panne !!! Bon, on a fait la cérémonie, simple, digne et belle. Là on cherche de quoi se loger sur des routes praticables car on avait prévu de rentrer ce soir.. Crémation ce soir car la réparation serait faite entre temps, inhumation demain on ne sait pas quand. Vis ma VDM...




The day he became Grand-Père in Bangalore.

When we adopted Nishal, I fostered him 3 months in B'lore before the court order. After Olivier's departure, those weeks alone were rough, and my father quickly came to pay us a visit and meet his first grandson. They loved each other immediately, my father had this magical touch with kids.

These are the kind of moments that I will be holding hard to, during tomorrow's cremation and funeral at Pleaux, Auvergne, land of my ancestors.
PS : right now the baby of this photo is my chauffeur, driving his grandad's car !



lundi 28 décembre 2020

C'est toi le plus fort.

"C'est toi le plus fort, mais cette fois-ci c'est le Covid qui a gagné, tu peux partir en paix" . Voilà ce que j'ai la chance de lui dire, entre autres, la nuit de Noël en tentant de soulager sa souffrance. Mon père a été diagnostiqué positif le 19 puis transféré de son EHPAD vers une unité covid d'un hôpital. Le 23 il jouait au ballon dans la salle à manger et tout allait bien, peu de fièvre, le 24 fin d'aprèm la médecin m'appelle me disant qu'il n'en aurait que pour qqs heures, hémorragie massive et atteinte neuro. J'ai passé ma nuit de Noël avec lui espérant être là pour son dernier souffle, il est parti finalement le 27 au soir en douceur, la veille de son anniversaire. Le covid lui aura au moins évité l'épouvantable agonie des fins d'alzheimer mais notre douleur reste infinie.

Merci à l'hôpital Corentin Celton à Issy les mx de m'avoir laissé passer cette nuit avec lui et prendre mon temps pour lui dire au revoir. C'est une chance que bcp n'ont pas eu en ces douloureux temps de Covid.

Prenez soin de vous



lundi 23 mai 2016

Ce weekend j'étais dans ma soucoupe volante...

Hier, c'était le weekend du rassemblement annuel des Enfants de l'Espérance.

Un rassemblement comme les autres années me diriez-vous ? Oui sans doute. Un samedi et un dimanche matin bien chargé de meetings en interne, et un dimanche après-midi avec nos familles adoptives heureux et intense malgré la pluie normande.


Comme les autres ? Pas tant que ça. Certains retiendront les statistiques digne du Guinness livre des records de mon powerpoint, la longue présentation de tant d'enfants fraîchement arrivés, notre manoir plein à craquer de gens et de bonheur...

Moi j'ai envie d'en retenir la géniale équipe de notre assoce, au taquet, motivée et unie pour aborder le futur. Une équipe animée dans un même esprit positif. Un état d'esprit et une ouverture qui rend notre OAA assez atypique, que ce soit en France ou en Inde. Oui nous sommes surement des OVNIS de l'adoption, un peu plus barges que les autres si ça se trouve... And who cares ?!!!

Et j'aimerais aussi retenir l'Amour qui a vibré tout au long de ces deux jours. Je n'ai pas pu retenir mes larmes lors de la présentation des enfants ; les heures de travail, de stress, les nuits blanches, les cauchemars, le doutes, les sacrifices et enfin le happy end qui n'est en fait qu'un nouveau départ. On oublie tout lorsqu'on voit les enfants sourire, rire, jouer, nous montrer fièrement leurs parents, nous raconter les petits événements de leur nouvelle vie. On oublie tout lorsqu'on voit les sourires de fierté des parents présenter leurs enfants à l'assemblée ou les entendre raconter leur bonheur. Des moments de pur bliss, de la magie à l'état pur.

Plus de 10 ans que je suis bénévole pour EdE. Et encore, et encore, je m'émerveille de tout cela. Mon petit kif perso a été les petites discussions avec les adoptés grands et petits. Ceux qui sont arrivés depuis qqs semaines, se souviennent encore de moi et partagent leurs petites confidences dans un charabia hindi-anglo-french. J'adooore quand les enfants sont encore un peu indiens, pas tout à fait français, et s'émerveillent des choses les plus simples ou d’exulter de bonheur en retrouvant leurs anciens compagnons d'orphelinat. Quel plaisir de les voir si heureux, de sentir leurs petites mains se glisser dans la mienne pour m'entraîner vers leurs potes ou leurs parents...

Et j'adore entendre les grands adoptés, ados et adultes exprimer l'importance des ces retrouvailles. Les groupes d'ados se forment, les copinages s'organisent, les numéros de portable s'échangent, et eux aussi partagent cet amour si unique, si spécial. Mes trois enfants reviennent à chaque fois tout aussi comblés que moi de ces weekends, les amitiés qui y naissent et le partage leur font un bien immense.

Et bien sûr il y a tous les mots si touchants des parents qui ne font que renforcer ce que j'observe et je ressens... Certains mots résonnent encore dans mes oreilles, et réchauffent mon âme dans cette matinée humide et froide.

Mes batteries bien déchargées ces dernières semaines ont été totalement rechargées, mes doutes ont disparu et ma conviction est bien renforcée...

Et aujourd'hui je plane un peu, un peu épuisée, soulagée, et totalement junky par tout cet amour et ces good vibes...

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