jeudi 18 février 2010

Eux, ne disent pas bravo.

Bon aller, je vais me la jouer provoc' (avec mon titre, pas taper jvm, it's a joke !!! ;-) ), voici un article qui m'a bcp attristé. Il s'agit du témoingage de plusieurs psys spécialistes de l'adoptions qui ont été les témoins des premiers rapatriements d'enfants d'Haïti, et qui condamnent ces "rapatriements en urgence".

La première chose qui m'attriste à  la lecture de cet article est l'évidente souffrance des enfants. Je ne sais pas quel est le facteur le plus important, entre le trauma du séisme, le rapatriement à moultes étapes sans aucune préparation des enfants à cela, la fatigue ou le stress, mais ce qui est certain c'est que ces enfants arrivent en France fortement perturbés.

Et puis il y a le n'importe quoi de certains parents adoptifs si les faits ont bien eu lieu comme décrits dans l'article, et qui m'ont fait bondir en première lecture. Et surtout, le n'importe quoi des orphelinats qui ont séparé des jumeaux, recomposé des fratries sans préparer les enfants à celà. J'ai eu du mal à croire tout ce que j'ai lu, pourtant ces deux pros sont bien connus et signent ces articles de leur nom, donc eux, j'aurais tendance à les croire, plus que nombreux articles de journalistes dont les écrits reflètent souvent l'ignorance ou le parti pris. Mais on est bien d'accord, ces erreurs d'apparentement n'ont rien avoir avec le séisme ou les opérations de rapatriement, cela date de bien avant, et les responsables sont les orpheux haïtiens qui ont fait ces choix, bien avant le séisme.

Mon avis sur le contenu de cet article ? Mitigé, triste pour la souffrance et erreurs décrites, mais pas aussi catégorique dans mes conclusions. Moi, de mon expérience personnelle indienne, je me garde de faire des conclusions hâtives sur les premières heures passées entre des enfants avec leurs parents. D'abord je ne jugerai pas un enfant dans le pâté qui vient de se taper 10 heures d'avion, qui n'a qu'une envie, c'est dormir, et qui subit de plein fouet le décalage horaire et parents tout nouveaux avec qui il doit faire des efforts pour se montrer sympathique. Cet enfant a le droit de pleurer, de se rebeller, de hurler son stress et sa souffrance, d'avoir le regard hagard. C'est presque tristement logique ??? De là à dire que ce sont les symptômes d'un trauma profond... Moi je préférerais faire (ou surtout ne pas faire !!!) ce genre de conclusion au bout de plusieurs longues semaines chez ses parents plutôt que sur qqs heures passées dans un aéroport. Pour moi un gosse qui est naz n'est pas lui même, heureusement !!!! (pasque sinon ma fille aurait tout les symptômes d'un serial killer les matins où elle est dans le paté et qu'elle ne veut pas se magner !!!)

Puis, il y a ces réactions de parents tel que décrits dans l'article. Qui déchirent les papiers de la famille de naissance dans l'aéroport-même et sous le regard des psys ???? Incroyable, horrible, horrifiant. Mais si ces psys l'affirment dans leur témoignage,  c'est que ça doit être vrai. Sans commentaires, honte aux parents qui ont fait ça. Déchirer la lettre d'une mère biologique, qui est sans doute l'une des dernières traces matérielles de son passé pour l'enfant, et qui est la propriété de l'enfant et non du parent, est un acte honteux et égoïste. Tout un symbole, on n'efface pas le passé d'un enfant avec un tel acte. Mais là, il faudrait plutôt condamner la DDASS qui a donné un agrément à une telle famille, qui ne semble pas prête à accueillir un enfant avec son passé ! Une fois de plus, rien avoir avec ce rapatriement d'enfants, mais même si on est encore hors sujet, je comprends leur indignation bien légitime.

Les parents qui déshabillent et rhabillent leur enfant de "leurs" fringues ? J'en ai vu d'autres similaires dans mes orpheux indiens, et je crois que, allez je vous l'avoue, moi aussi je l'ai faite sur mes propres enfants.... And so what ???? Pour moi ce n'est pas un geste à condamner, ça montre plutôt que les parents commencent à s'approprier leur enfant. Pas très malin dans un hall d'aéroport au bout de 5 minutes sur un gosse exténué et déboussolé, soit, mais doit-on pour autant les pointer du doigt pour celà ? Quant aux parents qui appellent immédiatement leur enfant par leur nouveau prénom, comme je le vois souvent en Inde au début de la rencontre, ils se rendront vite compte qu'il faudra faire une transition progressive, lorsqu'ils constateront que leur enfant ne se retournera pas à leur appel ou ne se sentira pas concerné par les paroles s'il n'entend pas son prénom d'origine !

Je constate souvent, dans les tout premiers instants de vie avec son enfant, que beaucoup de parents assouvissent comme ils le peuvent un lointain fantasme : celui de l'enfant qui leur fait un bisou (et non le contraire....), celui de l'enfant qui l'appelle "papa" ou "maman", celui du câlin, du portage "nourrisson" ou "bébé" pas toujours en rapport avec l'âge réel de l'enfant, du fringage de sa "poupée", de l'utilisation de ce prénom choisi avec tant de soin, du "vroum vroum avec une petite voiture avec mon fiston, enfin j'ai un fils avec qui je pourrai rejouer aux voitures" ... Les parents essayent maladroitement d'avoir cet enfant imaginaire si longtemps attendu avec leur enfant réel. Ca peut marcher dans certains cas, mais bcp de parents s'essuient un rateau qui les amène directement à la réalité de leur adoption... Exit le rêve, bonjour  la réalité ! Et puis la vie continue, le fantasme ayant été dépassé, l'adoption réciproque continue son chemin en suivant une évolution plus progressive en accord avec les deux partis.

Vous l'aurez compris, j'en ai vu d'autres, même des pires qui feraient hurler les psys que je tairais dans ce blog par respect des familles... Je ne juge pas, mais de temps en temps j'en rigole ou hurle intérieurement, mais je sais que ça fait partie du truc. Après tout, les parents qui démarrent, qui s'approprient leur enfant comme ils le peuvent dans cette filiation "différente", ont le droit à ne pas être parfaits et à faire leur lot de conneries maladresses lorsqu'ils débutent. Cela n'en fait pas des mauvais parents, heureusement.

En tant qu'accompagnatrice, j'en ai vu des vertes et des pas mûres, mais plutôt que de juger définitivement ces parents dans ces premiers instants de parentalité, je leur laisse le temps pour faire les boulettes, trouver leurs marques. Je vous l'avoue, c'est parfois rageant, car on a envie de "réparer", leur expliquer, pire, de faire les choses à leur place. Mais non, cette étape est nécessaire pour eux, pour leur enfant, pour la création de leur attachement, la phase des découvertes est naturellement remplie de boulettes de parents, mais c'est absolument nécessaire. Rhabiller tout de suite un enfant avec ses habits français, l'appeler par son nouveau prénom ne signifie pas forcément que les parents renient le passé de leur enfant, heureusement. C'est dans la longue que l'on peut tirer des conclusions et non dans ces actions bien précises. Et c'est facile de juger ou de condamner des parents maladroits lorsque l'on n'est pas dans cette énorme émotion qu'est celle de la rencontre avec son enfant, que l'on a des pros en la matière, et que l'on connait par coeur le sujet... Avec le recul, nombreuses familles me commentent leurs maladresses passées, mais comme ils le disent si bien, ils étaient dans une telle émotion qu'ils n'avaient pas toute leur tête....

Quant à mon avis sur le rapatriement des enfants, il n'est pas le même que ces psys. Non, je ne pense pas qu'on doive geler l'arrivée des enfants, car je suis convaincue qu'ils souffrent là-bas et qu'il est essentiel de les "sortir" de là au plus vite. De toutes façons, séisme ou pas, moins un enfant passe de temps en orphelinat, mieux c'est pour lui, aucun psy ne pourra dire le contraire ! Concernant ces enfants haïtiens, le mal du séisme a été fait sur ces enfants, avec ses conséquences immédiates sur ceux qui ont vu s'écrouler les bâtiments, qui ont entendu ou vu la mort de près, qui ont pu ressentir cette terrible peur lorsque la terre tremblait.

Et  maintenant et dans le futur immédiat, il y a les terribles conséquences matérielles : la précarité de leur vie, lorsqu'ils dorment dans les tentes sous la pluie, le manque d'approvisionnement et de personnel comme les directeurs de crèches ou médecins français qui les décrivent régulièrement ici ou ici. Les laisser dans de telles conditions est prendre un risque de vie et de traumas supplémentaires sur les enfants. Ces enfants sont fragiles, point de vue santé physique et morale, et ces conditions de vie les fragilisent encore plus... En tant que maman, accessoirement adoptive et accessoirement bénévole, mon coeur pleure pour eux, et je partage la peur de ces parents qui savent que leurs enfants courent ce moment de gros risques là-bas.

A trauma de cette vie matérielle difficile se rajoute surement un autre trauma, bien moins visible mais certainement tout aussi désastreux : celui  transmis inconsciemment par les adultes entourant ces enfants plongés dans une forte dépression, deuil et tristesse. Les enfants ont le sait, ont une capacité à comprendre, anticiper et s'approprier la souffrance des adultes. Et a mon avis en ce moment ils doivent absorber comme des éponges le trauma, le deuil et la tristesse des adultes autour d'eux qui ont du perdre biens et proches il y a un mois. Ce pays tout entier est en plein deuil, trauma et depression, les adultes passés le choc des premières semaines doivent être actuellement tous plongés dans un désespoir profond que forcément les petits ressentent et absorbent de toute leur âme... Cela m'évoque le peuple Rwandais, qui 14 ans après le génocide est un peuple "dépressif et traumatisé", comme me le décrit souvent ma copine Jolik', franco-rwandaise. Ces enfants en subissent les conséquences de cette dépression nationale, outre le matériel il y a tout l'affectif qui doit passer via le personnel qui s'occupe d'eux tant bien que mal.

Concernant le rapatriement des enfants, j'avais tout de suite tilté lorsqu'ai compris que les enfants allaient être trimballés de mains en mains pendant de longs jours, jusqu'au "largage" à leurs parents. Je reste donc modérée dans mes entousiasme sur la logistique des premiers rapatriements d'enfants. Quoi de plus traumatisant pour un enfant qui passe de main en main sans comprendre le pourquoi de la démarche ? Comme pour toute adoption, c'est aux parents d'aller chercher leur enfant, de prendre le temps qu'il faut pour s'apprivoiser avant de rentrer en France. Urgence ou pas. Apparemment, le gvt proposerait enfin depuis quelques jours aux parents de rencontrer leur enfant de l'autre côté de l'océan dans leur structure guadeloupéenne. Cela arrive sans doute trop tard pour les premiers enfants, tant pis pour eux et leurs familles. Mais tant mieux pour les suivants, ouf  ! Cette structure tampon ne gommera sans doute pas les traumas subis par ces enfants depuis ce mois post séisme, mais cela pourra certainement un petit peu réduire les dégâts et limiter leurs angoisses de la logistique du voyage. Les enfants auront eu le temps de tisser des liens de confiance avec leurs parents avant de faire le grand saut en France, d'instaurer un semblant de communication malgré la barrière de la langue, quoi de plus logique ??

Aussi, les parents auraient du être préparés à ces rencontres difficiles, et devraient être solidement suivis une fois les enfants arrivés au foyer. En tout cas nous, OAA, c'est ce que l'on s'efforce de faire. Mais qu'en est il en individuel ? Quel encadrement ont ces familles ? Ces enfants auront besoin de beaucoup de temps pour se sentir sécurisés dans leur nouvel environnement, ce qui sera sans doute mal vécu par bien des familles si cela perdure de trop, j'espère qu'elles seront bien épaulés. Car il faut être costaud pour encaisser les crises des enfants, les réactions irationnelles, les fréquents cauchemards et angoisses nocturnes... Et bien conseillés : un rythme de vie à horaires hyper réguliers, sans déménagements (pour éviter le classiques "aller, on part en vacances présenter notre fiston à mamie à 400 bornes de chez nous au bout de qqs semaines de vie en France..."), éviter les visites de personnes extérieures qui vont perturber l'attachement entre parents, fratrie existante et enfants... Tout ces points et bien d'autres sont essentiels pour sécuriser leurs enfants dans leur nouvel environnement. Et cela pendant des longs mois, ces traumas ne s'effacent pas en quelques semaines, oui faut avoir une vie monacale pendant de longs mois, c'est pas drôle  pour les parents et les autres frèrees et soeurs, mais c'est souvent plus que nécessaire pour l'enfant...

(et ça c'est un message perso à tout les parents qui se cassent en vacances au bout de qqs semaines de vie avec leur enfant, à chaque fois ça me fait huuuuurler, mais bon comme on dit chacun fait ce qu'il veut avec ses gosses !).

Bref, contrairement à ces deux psys dont je respecte les points de vue, j'éviterais de faire des conclusions hâtives quant au trauma définitif de ces enfants. Mais peut-être que je me trompe et pas eux, car après tout ils y étaient et pas moi, et eux sont des pros dans le domaine depuis bien des années, et ma ptite expérience est sans doute light par rapport à le leur. Mais bon, c'est plus fort que moi, il faut que je me positionne sur le sujet. Et après tout, si on me critique en me disant que je suis mal placée derrière mon clavier pour faire des conclusions, pourquoi pas, je l'assume. Je donne mon point de vue de "derrière mon clavier", à prendre, à laisser, ou à casser, c'est aussi ça un blog. La provoc' me fait souvent avancer dans mes pensées plus subtiles que celles de Moushette...

Par contre, je rejoins tout à fait ces psys par rapport au trauma généré aux enfants en les faisant rapatrier  balottés de mains en mains, sous pretexte d'une situation humanitaire d'urgence (au bout de un mois peut-on encore appeler ça de l'urgence ???).   Mais le gvt l'a bien compris et a rectifié le tir depuis, comme je le disais plus haut. Je trouve cette initiative excellente, et je félicite la SAI pour cela.

Et honnêtement à la SAI, je les plains : d'un côté il y a les parents qui mettent la pression pour accélérer le processus appuyés par une large couverture médiatique, de l'autre y a des pros comme ces psys qui condamnent leurs actions, l'UNICEF qui met en garde, tandis que l'ombre de l'ADZ plane au dessus de tout cela, leur mettant la pression pour que la France soit exemplaires point de vue formalités administratives...

Et pour continuer le débat, voici d'autres témoignages des psys spécialisés dans l'adoption qui eux sont favorables au rapatriement des enfants.

29 commentaires:

Mamaucy a dit…

Bonjour,
Merci pour cet article long et très intéressant sur votre pratique d'accompagnatrice OAA.

Sur la "pause Guadeloupe", ce n'est pas une idée du SAI, qui a d'abord dit au collectif Haïti que c'était une initiative Morano dont ils n'étaient pas au courant. Cela arrive très tard en effet, à l'image de l'action du Gouvernement sur cette question, et on peut le déplorer et s'interroger sur le temps de rôdage nécessaire, la présence effective sur place de l'infrastructure nécessaire etc.

Merci d'avoir modéré les propos de ces "spécialistes" de renom, dont je doute qu'ils aient eu l'occasion de participer à d'aussi nombreuses rencontres "en direct" que vous, par exemple, et qu'ils soient donc à même de relativiser ce qu'ils ont vu à l'aéroport (enfants "dans le pâté", parents au bord de la crise de nerfs etc).

Sur la préparation des enfants, il me semble que beaucoup de directrices de crèche le font bien, les témoignages de parents avant le séisme le disaient. J'imagine que ce n'est pas sans angoisse qu'elles ont confié les enfants à l'ambassade, sachant qu'ils seraient "ballottés", mais qu'au bout, il y aurait les parents dont ces enfants entendaient tant parler.

Bref, je suis bcp plus critique que vous sur cet article qui m'a tout simplement exaspérée par sa bonne conscience et ses propos délirants, comme si les enfants étaient dans des conditions de vie telle, là-bas, qu'il faille "ralentir les procédures".

Maya, maman d'une fillette adoptée à 2 ans, qu'elle n'a pas essayé d'habiller tout de suite bien que ça l'eut démangée :=))))

Sylvie la Grande Bretonne a dit…

deja, un article qui en fin de page fait reference a d'autres articles de notre ami le Dr Rosenzcweig, je me mefie...... !!

Ensuite, plusieurs fois, ils font reference eux memes au fait qu'ils n'ont vu les enfants que qq minutes, ds un environnement pas sympa (froid, glacial, couloir, etc), apres un long voyage, etc etc ...et pourtant, ca ne les empeche pas de reserver leurs avis, certainement éclairés, mais qui n'a rien a faire la ! Qui leur a demandé leur avis, d'ailleurs ?? les autorités francaises ? pour quoi faire ? ca serait interessant de savoir....

Mon experience perso : j'ai adopté ma fille au VN, grace a un OAA, ds un environnement et des circonstances evidement bien differentes, mais qd meme. En tt et pour tout, nous sommes restées env une heure a l'orphelinat, pas pu parler avec les nounous, pas de phase 'transitoire'. Mon bébé, 9 mois a l'epoque, a hurlé pendant la moitié de ce temps la, et a dormi, epuisée, le reste du temps. Elle n'a beneficié d'aucune phase transitoire au niveau d ela langue non plus, meme si nous etions au VN pendant encore 15 jours apres sa rencontre. Je l'ai evidement appelée par son prenom francais des les toutes premieres minutes, meme si je n'attendais pas une reponse immediate de sa part.
bref, d'apres ces experts, ma fille aurait ete adoptée ds les conditions les plus traumatiques possibles (a part le fait que nosu etions au VN et qu'elle a fait le voyage avec moi). Et quand on la voit, c'est sur qu'elle a l'air traumatisée !!!! ;o)

Quant aux parents qui dechirent une lettre d'une maman bio, je suis tres tres tres dubitative a ce sujet, meme si, n'etant pas presente, je ne peux pas dire. Mais ca me semble qd meme tres tres gros a avaler !

bref, comme Maya, je serais bcp plus critique que toi sur cet article. Ces psy sont certainement des pros, je ne remets pas ca en cause, mais 1/ ils sont a priori contre l'adoption internationale pour commencer, et voient donc les choses par ce biais , 2/ la, je n'en sais rien,mais de par leur profession, ils ont peut-etre l'hab de voir des enfants adoptés a probleme, donc une experience 'biaisée' aussi, et enfin et surtout en 3/, ils se permettent des jugements a l'emporte piece au bout de qq minutes, sans recul, et sans suivi, et la, je dis 'pas bravo du tout du tout' !!! Je ne dis pas que tous ces enfants iront TOUS bien, mais la moindre des choses serait de leur laisser un peu le temps de vivre, et de s'exprimer avant de se prononcer ....

des bises
Sylvie la Gb

Marion a dit…

Merci pour cet article qui remet les choses dans leur juste contexte !!!
Et de rappeler les conditions de vie...ou plutôt de survie des enfants qui attendent là bas ...et le fait que ça risque de durer à cause du manque d'engagement du gouvernement français.

J'ai adopté ma fille à Haiti il y a plus d'un an, la rencontre n'a pas DU TOUT été idyllique même si j'ai commencé par l'appeler par son prénom haitien et ne l'ai pas changée tout de suite...

Donc ces enfants qui ont subi en plus de leur abandon, le séisme,le fait de voir les murs rassurants de la crèche devenir un danger, des conditions de vie précaires depuis plus d'un mois, dans une atmosphère de dépression, un voyage épuisant en plusieurs étapes avec des accompagnants inconnus ne peuvent être que "traumatisés" à l'arrivée...

Il faut juste espérer que les familles seront accompagnées dans l'accueil de leurs enfants...

Sylvie la Grande Bretonne a dit…

PS : je viens d'avoir la reponse a mes questions sur le pourquoi et le qui avait demandé cette 'expertise psy' a l'arrivee a l'aeroport : les evacuations viennent d'etre stoppées !
C'etait donc refléchi, et ces 2 psy portent une bien lourde responsabilité....!!!

je suis degoutée

Sylvie la GB

Moushette a dit…

sylvie, penses tu que les évacuations soient arrêtées (tu tiens ca d'ou, j'ai pas encore lu ca !) suite à cet article des psys ? bof, j'y crois pas, cela me parait assez léger pour arrêter. mais si les evacuations sont arrêtées, à quoi va servir leur base en guadeloupe ??

Marion a dit…

Les familles ayant appelé le SAI cet apres midi ont eu la nouvelle...même pour les enfants dont le dossier est ok...le SAI va réfléchir à la suite...puisqu'ils ne veulent même plus délivrer des saufs conduits si les parents viennent les chercher sur place !!!comme s'ils ne pouvaient pas continuer jusqu'à ce qu'ils aient trouvé une solution !!!

Christine a dit…

ils ont tellement pas dit bravo que tout est arrêté ! Je suis dégoutée aussi que le cabinet du ministre suive des avis de psy qui ont vu ce qui se passait pendant une demi-heure. Quel enfant ne serait pas traumatisé après tout ça ? Pff, j'enrage...

Anonyme a dit…

je pense malheureusement que nous allons beaucoup entendre la fameuse formule magique.
Les enfants ne seront donc pas traumatisés par leur 'rapatriement', espérons juste qu'éviter ce traumatisme n'en fera pas mourir
SOPHIE

Cladam a dit…

Moushette,
Peux rien dire de plus, je suis trop émue par toutes ces infos et ces témoignages.
Espérons juste que ces enfants pourront vite retrouver leurs familles !
Et je suis d'accord avec les autres personnes, ma fille, adoptée au VN à 2 mois 1/2, a pleuré pendant pas loin d'une année, jour et nuit !!! On s'est accrochés, et c'est maintenant une petite fille qui respire le bonheur ! Donc, une adoption, c'est sur le long terme qu'on peut en connaitre le résultat, et certainement pas dans la première 1/2 heure de la rencontre !!
Beaucoup de pensées pour tous ces petits bouts arrivés en France ou restés en Haiti, et aux parents qui doivent être eux aussi bien traumatisés :-(

Moushette a dit…

J'ai du mal à croire que l'arrêt des raptriements soient les aux conclusions de ces psys????!!! Quelle horrible déception pour ces familles qui pensaient aller chercher leur enfant bientôt... Cette décision est-elle liée à la prochaine reprises des lignes régulières avec PAP ? Mais pourquoi donc ce revirement, pourquoi ????? La colère des parents va être monstrueuse, ça va devenir une bombe à retardement politique...

Moushette a dit…

"lié" et nos "les" aux conclusions...

Sylvie la Grande Bretonne a dit…

ben ils veulent tous aller en haiti chercher leurs loulous eux memes, tiens... et qui pourraient les en blamer ?

on est vraiment tombé sur la tete, cette fois !!

des bises
Sylvie

gwendoline a dit…

Oui, ils sont devenus fous... Depuis quand 2 psy, fussent-ils connus, peuvent-ils demander une telle chose et pire, pourquoi le gouvernement accède à leur demande ? Que dire de ces fratries qui ont été séparées, c'est pas traumatisant ça ?
Ils veulent quoi, pousser les parents à la démence ? Que les autorités communiquent mal en période d'urgence c'est déjà bof, mais 1 mois après qu'ils ne soient pas fichus d'explique ce qui se passe aux parents, c'est monstrueux. Et l'attitude du SAI ne peut pas s'expliquer par un "phénomène marteau enclume".

Tout cela est désespérant.

Gwendoline

Moushette a dit…

desespérant oui gwendoline, j'ai vraiment très peur pour la suite. qui tient les rènes de cette histoire, qui est le vrai décisionnaire ? toute cette indécision, ces hésitations,ces brusques retours en arrière... quel est la vraie raison de cet arrêt ?

sylvie si ces parents vont là bas, sans encadrement, ca va etre dramatique, cela me fait très peur.

si la communication du gvt n'est pas immédiate et franche, je ne sais pas où tout ceci va nous conduire, j'ai vraiment l'impression que la mèche de la bombe a été allumée.

Bernard a dit…

Moushette, lisant votre billet et les commentaires qu'il suscite, j'ai l'impression que chacun redécouvre sur un ton grandiloquent le B-A-BA de l'adoption. On dirait que ni DDASS ni psys... ni parents (!) n'ont su capitaliser à profit l'expérience de l'adoption.

Anne a dit…

Terrible tout ça pour les parents en attente à Haïti....

Je rebondirai plutôt sur l'aspect "bourdes à ne pas commettre" lors d'une rencontre (je me sens très concernée).
En tant que parents, je sais bien qu'on commettra toujours des erreurs avec nos enfants, j'assume.

Mais dans un moment aussi sensible et délicat qu'une première rencontre et aux débuts d'une vie commune, un petit guide de comportements à privilégier ou à éviter serait le bienvenu...Sans contraintes mais sous forme de conseils basés sur l'expérience...

Moushette a dit…

càd bernard, de quoi parlez vous exactement ???

Sylvie la Grande Bretonne a dit…

Ah mais je suis bien d'accord aevc toi, aller la bas serait une catastrophe ! Les haitiens ont deja du mal a gerer les choses, n'ont pas assez a manger ni assez du reste, et ils ont bien d'autres choses a faire que de s'occuper de parents qui debarqueraient ! Et de toute facon les enfants n'auront pas de papiers donc ils ne pourraient pas les ramener !
je suis persuadee que ce n'est pas al bonne solution, mais en meme temps, ds une telle situation, je ne sais vraiment pas ce que je ferais, et je ne sais pas si j'aurais le recul que j'ai aujourd'hui, alors que je ne suis pas directement concernée... Honnetement, je ne sais pas.
En tout cas, je suis d'accord avec toi, le gouvernement a degoupillé une grenade, et il faudra bien qu'il assume ce qui se passera a cause de cette decision debile et inexplicable.

des bises
Sylvie

Bernard a dit…

Désolé, Moushette ! mais vos propos et ceux de votre fan-club m'ont convaincu d'approuver absolument les avis du Dr Lévy-Soussan, de Mme Marinopoulos et du Dr Bydlowski.

ganesh46 a dit…

Juste pour dire que je serais dans le cas de ces parents, et j'aurais les moyens de prendre un looooong congé, he bien je débarque à PaP pour pouvoir enfin prendre soin de mon enfant, c'est insupportable cette situation!!! des enfants sont réellement en danger et la France fait la fine bouche, honteux!
la solution du sas aux Antilles parait être un bon compromis, mais à quand sa mise en place??????

Moushette a dit…

bin faut pas s'excuser comme ca bernard, c tout à votre honneur !!! mais quel est l'intéret de venir raconter ca sur mon blog ??

ganesh, bin justement c'est ce qu'il faut éviter, des parents fragilisés, désespérés qui vont débarquer dans un pays où il n'y a ni à manger ni où dormir !!! que vont ils faire, ils ne connaissent pas le pays, ne parlent pas le créole... dans leur désespoir ils seraient capables de faire nq, et en plus pourraient courir des risques sur eux même... le gvt avait peur de se faire traiter d'adz, mais voilà qu'il en fabrique un de toutes pièces....

Sydney a dit…

Quelle confusion dans ma tête! Urgences physiques et psychologiques, détresse des enfants, détresse des parents, qui pourrait avoir la réponse universelle qui plaise à tout le monde ? Bien sur qu'ils sont débousolés ces enfants à leur arrivée à l'aéroport, bien sur que les parents font des erreurs, mais peut on leur repprocher ces premiers cafouillages après les semaines d'attente et d'angoisse. Pourtant quelle tête à claquesss celle qui déchire la lettre de la maman biologique (moi j'aurai aimé en avoir une, et mes enfants aussi, pour aujourd'hui ou pour plus tard) ! Aller chercher les enfants sur leur sol me semble important pour l'enfant (effort d'ouverture sur le pays), peut être même encore plus dans ces circonstances si dramatiques. Alors l'escale Gualoupéenne me parait un compromis acceptable si Haiti ne peut accueillir les familles. Pardon aux familles qui attendent et qui ne seront peut être pas d'accord. Mais je suis une maman qui a fait le voyage jusqu'à ses enfants (tout prêt de Haiti d'ailleurs) et qui sait, avec le recul, à quel point c'est important pour tout le reste de notre vie.

Bernard a dit…

Moushette, pourquoi je donne mon avis sur votre blog ? Parce que depuis mi-janvier que je vous lis, tout en comprenant vos réactions et celles de personnes qui vous suivent, mon expérience me dit qu'il est important de relever la tête du guidon. L'excitation actuelle autour de l'urgence en Haïti fait le lit de catastrophes à venir. Vous avez toutes les meilleures intentions du monde... mais je rencontre trop d'adoptés aujourd'hui adultes qui enragent contre la précipitation qui les a autrefois déracinés. Et je veux faire entendre leur voix.

ganesh46 a dit…

Bernard,
ne vous parait-il pas incroyable que des enfants qui ont déjà des parents qui les attendent en France, dorment sur le trottoir en Haïti! vous pensez surement qu'il sont mieux là bas!! il faut vraiment permettre aux parents d'aller les chercher au plus vite...

Zébuline a dit…

Tagguée, pour le plaisir de voir la 10eme photo de ton album... biz

Anonyme a dit…

Rarement vu le Blog si calme... Ça manque... C'est normal ? Tout va bien ? Bises à tous; Carole

mirtille a dit…

Moushette à sûrement plein de choses à faire à côté de ce forum
mais ,tu as raison ça manque...

bisou à toi aussi

mirtille

Béa a dit…

U article très intéressant, j'ai été très intéressé comme Anne sur le comportement à avoir à l'arrivée de l'enfant, pas facile de savoir comment se comporter et réagir, j'espère que nous serons à la hauteur pour quand ce sera le moment avec notre fille.

Béa

Anonyme a dit…

"Les parents qui déshabillent et rhabillent leur enfant de "leurs" fringues ? J'en ai vu d'autres similaires dans mes orpheux indiens, et je crois que, allez je vous l'avoue, moi aussi je l'ai faite sur mes propres enfants.... And so what ???? Pour moi ce n'est pas un geste à condamner, ça montre plutôt que les parents commencent à s'approprier leur enfant."

Tout le problème est là : penser qu'un enfant, ça s'"approprie", comme un objet, ou un animal domestique... que ça peut s'implanter et se greffer n'importe où... du moment qu'il y a de l'amoooooooooooour !

Cette distinction entre un enfant et un animal de compagnie semble difficile à comprendre pour pas mal d'adoptants...

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