mardi 2 novembre 2010

Mon vital désir....

Depuis quelques semaines, le scandale du distilbène était un peu revenu dans l'actualité, grâce au téléfilm "Vital Désir" et qqs articles parus dans la presse dont celui de Stefania dans "Elle" que l'on peut lire ici.  Elle y évoque son parcours, "la pilule qui a ruiné sa vie", l'adoption de son fils, son livre qui vient de paraitre sur son parcours et son association de victimes du DES dont elle est pdte.

Mais revenons au téléfilm. Mister Moush et moi avons enfin pu regarder ce soir le téléfilm inspiré du drame du distilbène "Vital Désir", passé sur la 3 il y a quelques semaines. Je m'y suis retrouvée un peu, mais l'impression générale est mitigée.

La souffrance de la perte d'un bébé à 6 mois de grossesse au début du sitcom est complètement zappée, j'ai trouvé ça choquant. La réaction de la mère DES trop égoïste et qui finit par se suicider alors que sa fille lui fait le gueule nous a paru surréaliste. Le mec qui trompe sa femme et qui se casse en l'accusant d'être la responsable, un peu gros... La fille semblait bien plus victime de ses proches que de son parcours d'infertilité ou du DES finalement vite abordés ! Beaucoup d'anecdotes étaient bien loin de mon parcours ou de celles avec qui j'avais partagé les souffrances pendant ces années noires. J'avais du mal à accrocher... J'ai aussi détesté la scène où la fille et son frère ont agressé ce vieux docteur chez lui.

Mais mon sang s'est glacé lorsque j'ai vu une scène quasi identique à mon expérience lorsque j'ai appris dans un cabinet que j'étais distilbène : "distil... quoi vous dites docteur ?". Les recherches sur internet, cet impression que le monde s'écroulait autour de moi lorsque j'ai commencé à comprendre.... Mon regard et ma vie vide de sens, surtout lorsque je regardais des ventres ronds ou les enfants des autres, connus ou inconnus, mes interminables doutes de devenir un jour mère... Il y a eu l'allusion à une association "RES machin truc" dans le sitcom. Haha ma vie associative de cette époque là était bien loin de ce qu'on voyait dans le film !!! Le téléfilm s'est terminé sur le procés contre le labo, gagné par la victime, une fille DES qui décédera de son cancer distilbène. Comment ne pas faire un parallèle avec Crouc, une fille DES qui a bien existé... Je me souviens si bien de sa volonté de vivre, de sa combativité et de son excellent humour auquel je m'étais attachée, mais malgré tout cela, elle a été moins forte que son cancer causé par le distilbène.

A la fin du sitcom, lorsque nous avons arrêté le DVD (merci anne encore !!! ;-) ), j'étais un poil déçue (on n'a pas non plus été emballés par les acteurs ou le scénar'), mais surtout j'avais mal, mal partout dans mon corps, et j'étais complètement angoissée, beaucoup de la souffrance d'antan était revenue en un seul coup.

Alors vite, je tape ce billet en guise de thérapie et de "chose promise chose due" pour celles qui n'ont pas le courage de le regarder, j'écoute une chanson des Chédid, et je pense à toute ma vie depuis ces années noires du DES....  Mon esprit s'apaise, demain sera un autre jour.

J'ai eu la chance cet après-midi d'avoir pu consoler dans mes bras une petite fille en miettes après avoir fait tomber le collier de perles qu'elle filait depuis une heure pour sa tatie, à quelques minutes du départ de la tatie pour l'aéroport, impossible donc de refaire ce collier à temps. Au bruit des perles tombée sur le parquet de la chambre, et avant qu'elle ne pousse son premier hurlement de désespoir, j'ai su immédiatement que ma fille le prendrait comme un coup de couteau dans le coeur. J'en ai mouillé mes yeux avec elle à parager sa tristesse, ouaih l'instinct maternel c'est sans doute aussi ça... J'ai aussi eu la chance d'avoir pu soulager l'épaule douloureuse d'un grand garçon par un long et doux massage ce soir, pendant lequel j'ai eu le droit à quelques confidences précieuses et tendres... Je n'oublie jamais que la maternité est un privilège et je ne vois pas non plus comment j'aurais plus être plus épanouie avec des enfants biologiques.

Oui, j'ai de la chance, ma vie ne s'est pas arrêtée à cette période noire du distilbène. Nous avions choisi d'avancer, voire même de brûler les étapes pour devenir parents malgré tout. Ces épreuves m'ont appris à aller de l'avant, à me battre en limitant l'apitoyement sur soi-même, en refusant le mot "victime" que j'exècre toujours autant, et à suivre mon chemin atypique, comme disait  Gandhi. Je reste militante dans l'âme, je n'oublie pas le DES, mais je continue à me construire avec l'adoption, là où le Distilbène avait tout détruit. Alors oui, je suis fière de notre parcours et de notre chance, et je l'affiche haut et fort, sur ce blog et dans ma vie réelle.

Et pour finir sur une note plus douce, voici une chanson que j'aime tendrement, entre un père et un fils. Et dont les paroles disent tout ce que j'ai envie de dire à chacun de mes enfants que j'aime tant, et dont j'ai la chance d'être la mère. Mon vital désir est que je puisse leur dire ces mots, pour toujours :

Tu peux compter sur moi, pour toujours, quoi qu'il arrive.

13 commentaires:

Garance a dit…

Et bien j'adore ton Billet et surtout la fin...
sans commentaires car je n'ai pas regardé le film (je ne voulais pas ).
Je ne me sens pas victime , je me sens pire que ça , je ne me suis jamais appitoyé vraiment (je commence à peine à parler du DES depuis mes 40 ans ) mais j'aurais dû le faire , nous aurions dû crier , défiler et agir toute ensemble , faire exploser à la figure des gens ce que nos Labos font réellement au nom du Profit ,montrer nos examens , nos utérus torturés , nos FIVS , nos traitements , nos souffrances , nos échographies mais j'ai préferé cuisiner des trucs et des machins histoire de ne pas souffriret de faire semblant d'être un peu "mère" poyur ne pas mourrir !
je n'ai pas su adopter, pas rencontré le bon au bon moment et j'etais au tel avec Crouc juste quelques heures avant qu'elle parte et je te confirme cette fille avait du courage à revendre , elle m'a donné envie de parler .
Merci pour ce billet et même si je ne sais plus que pleurer à présent et que ce telefilm etait loin de notre réalité je suis heureuse que l'on parle de nous un peu , on l'a bien mérité non (avec beaucoup d'ironie hein)
Garance

Sylvie la Grande Bretonne a dit…

je ne suis pas concernee par ce desastre, et je ne connais pas cette souffrance, mais je trouve ton post tres beau et je voulais juste te le dire !
plein de bises et de pensées pour toutes ces femmes consoeurs

Sylvie

Anne a dit…

je ne connaissais pas cette horrible histoire de DES avant de lire ton blog, mais ce matin je pense aussi aux fruits que tu as porté dans tous les rires et fou-rires de ces petites puces indiennes qui ont trouvé un nid en France grâce à toi et toute l'équipe d'EdE

Les "Pol" a dit…

Quand j'ai vu le titre de ton billet, je me suis dit : ça y est Moushette a regardé le film et vite, vite, je veux recueillir tes impressions ; et bien je crois ue le film va donc encore attendre dans mon lecteur DVD... pas envie de remuer tout ça car comme nous disions l'autre jour avec mon psy, la cicatrice reste douloureuse et le restera toujours mais là, elle est plutôt à vif !!!
Même si hier soir, j'ai eu le privilège de tenir la main de mon fils pendant qu'il s'endormait et que lui me carressait la joue en guise de doudou ; ce p... de DES a foutu une partie de ma vie en l'air (plutôt sur le plan psychologique, que sur le reste..) mais j'ai un mari en or, un petit bonhomme aux yeux bridés qui me remplit de bonheur (même si parfois , il est un peu trop plein de vie ;-))) et surtout pleins de copinautes DES qui m'ont beaucoup aidé au cours de toutes ces années de souffrance !!
gros bisous ma belle
Anne
PS : Mon chéri adore aussi la chanson de Chédid et grâce à toi je viens de découvrir le clip dont il m'a parlé hier!!!

Dominique a dit…

Que dire, sinon que ton post est émouvant et qu'il nous touche particulièrement...
Que de choses merveilleuses tu as fait depuis pour ta famille comme pour les enfants indiens et leurs familles adoptives, alors MERCI.
Et oui, nos enfants peuvent compter sur nous quoi qu'il arrive.

Dominique

Anonyme a dit…

Ah ce téléfilm, on l'attendait... Pour ma part, j'ai essayé de le regarder en me mettant à la place d'une personne ne connaissant pas le problème... Et là, un seul, terme : NAVET. C'était un véritable navet ce téléfilm, mal joué, avec un scénario nul et un manque d'émotion certain. Froid et insipide. Pour moi, il a desservi notre cause alors qu'il devait avoir l'effet inverse. Certes, on a parlé du DES ce soir-là, mais quelle audience ? Combien de gens ont zappé ? Beaucoup j'imagine, car c'était loin d'être captivant pour les non-exposés à cette mollécule.
Voilà, c'était mon avis, en essayant de regarder ce téléfilm avec un regard distancié je l'ai trouvé râté, manquant sa cible. J'espère ne blesser personne par ces mots directs.

Comme Garance qui l'écrit plus haut, je regrette que le DES s'oublie, je regrette le manque de cohésion, les conflits associatifs entre les personnes concernées , et comme Garance l'écrit, "nous aurions dû crier , défiler et agir toute ensemble , faire exploser à la figure des gens ce que nos Labos font réellement au nom du Profit ,montrer nos examens , nos utérus torturés , nos FIVS , nos traitements , nos souffrances , nos échographies"...

Maintenant je suis maman. C'est enfin la vie qui a pris un sens. Comme toi Moushette, l'adoption me construit là où le Distilène avait tout détruit. Et comme toi, je ne vois pas comment j'aurais pu être plus épanouie avec des enfants biologiques. Notre vie est devenue belle, et pourtant c'était loin d'être gagné !

;-)
Totote

patraque a dit…

J'ai découvert l'existence du DES par Stéphanie, rencontrée via un forum PMA. Avant cela, je n'en avais jamais entendu parler et je crois que je ne mesure toujours pas complètement la souffrance que cela implique. Je n'ai pas vu ce téléfilm et après ton récit, je n'ai pas envie de le voir. Je vais plutôt lire le livre de Stéphanie.
Même sans être concernée par cet horrible 'héritage' d'une certaine médecine, je me suis retrouvée dans une partie de ce que tu écris et je trouve ton message vraiment beau. Tu es maman de deux merveilles et grâce à toi, plein d'enfants ont aussi eu le bonheur d'avoir une maman :-)

Virginie, maman d'Anaïs a dit…

Bon moi aussi j'ai vu ce navet hier soir pour me faire mon impression ! Je suis d'accord avec toi et avec Tototte, franchement comment faire plus nul sur le sujet et plus à côté de la plaque ?? !! Impossible !!
Le ton est donné au bout de 10 minutes quand la femme qui vient de faire sa fausse couche à 6 mois de grossesse, dit à sa mère venue la chercher à l'hôpital "Arrête, tu vas me faire pleurer, maman !". Alors franchement je n'ai jamais été jusqu'à 6 mois de grossesse (à peine 2 je crois) et à chaque GEU et à chaque FC, j'ai pleuré et pas qu'un peu. Qu'on me trouve une femme dans cette situation qui n'a pas pleuré ?? !! C'est vrai que moi contrairement à la protagoniste de ce film, je n'avais pas 38 ans et pas décidé de privilégier ma carrière au contraire j'avais 27 ans et c'était mon but premier d'être mère.
Pour la PMA aussi c'est surréaliste car personne ne fait une FIV du jour au lendemain et sans la présence de son mari à l'hôpital, OK pas pour toutes les prises de sang et écho mais quand même... Je passe sur l'annonce du résultat négatif de cette FIV. Qui a fait une FIV sait que c'est un monde qui s'écroule, et là encore elle prend ça tellement bien cette femme-là !
Quant aux relations avec sa mère,elles sont autant improbables que le reste. La mère me semble tellement grotesque dans ses attaques envers sa fille surtout qu'elle aurait elle-même eu du mal à l'avoir. Je passe sur le suicide, consternant et le mari qui la trompe...
Ma mère à moi ne m'en a jamais parlé à l'époque noire de mes FC et des mes GEU car elle, elle a été mère sans aucun problème, jeune et rapidement (on lui a prescrit du distilbène en 70, donc avant que cela soit interdit) mais pour une première grossesse spontanée et immédiate à 25 ans juste pour quelques saignements... quand on pense aux dégâts que cela a occasionné pour ma soeur et moi (je n'ai pas eu d'enfant bio et ma soeur a perdu un bb à 6 mois de grossesse), oui j'en veux à son gynéco (mais je ne peux pas aller le menacer, il est mort !).
Mais j'en ai revanche souvent parlé avec un des gynécologues qui m'a suivie et qui avait prescrit du distilbène à une époque, où il était loin d'être un salaud comme celui caricatural du film, mais juste parce qu'on l'avait persuadé du bien fondé de ce médicament.
Quand au procès de gagné soit ! Mais ce que le téléfilm ne dit pas c'est combien de victimes l'ont perdu avant qu'enfin une malheureuse femme soit indemnisée ?? (et combien cela leur a coûté moralement mais surtout financièrement !)
Voilà à part me faire remonter tout ça à la surface et me donner envie de pleurer sur ces années de souffrances, j'aurai peut être mieux fait de ne pas le regarder !
Comme toi, ma plus grande chance est d'être malgré tout cela mère, et cela grâce à l'adoption (ce qui n'a pas été facile non plus d'ailleurs) mais j'en suis vraiment fière et heureuse, et ma fille n'aurait pas pu me combler plus je pense si je l'avais portée dans mon ventre.
Désolée pour le pavé mais j'en ai mal dormi cette nuit... donc voilà !
Virginie, maman d'Anaïs

Céline a dit…

J'ai à peu près les mêmes critiques que toi. Je n'ai pas trouvé que c'était un navet non plus. Un téléfilm.
C'est vrai que ça manquait d'émotions pour bcp de choses que le rapport mère-fille un peu traité bizarrement.
J'ai trouvé que c'était bien documenté malgré tout.
C'est pas le film du siècle, j'ai été remuée quand même.
Et ça a fait un peu parler du DES, mais bon sur France 3 pas la super audience de toute façon.

Anonyme a dit…

Virginie, 100% d'accord avec toi, aussi ce qui m'a surprise dans le film c'est que l'héroïne CHOISIT, DECIDE, de faire des FIV. Quand on sait que pour faire une FIV, il faut être orienté par son spécialiste, c'est lui qui décide et pas nous, puis il faut être mis sur liste d'attente, entre 6 à 12 mois, là le téléfilm est un complet non-sens.
Alors pour le "bien documenté", Céline, moi je ne trouve pas, car certes il y a quelques points intéressants sur le DES, mais tout le reste est fantaisiste...
;-)
Totote.

Jean-Vital de Monléon a dit…

Le dsitilbéne étant un "gros fournisseur" de ma consultation et même si àl'époque je devais être en grande section, en tant que médecin, j'ai un peu honte. Ce sujet ne me fait pas rire, mais comme on peut rire de tout si c'est drôle, ma mégalomanie ne m'empêche pas de faire une grosse blague lourde, c'est parti dans le prochain com'

Jean-Vital de Monléon a dit…

France 3 vient d'annoncer une suite à Vital Désir, il s'agira de "Jean-Vital Désir".
L'histoire d'un pédiatre ronchon, un peu bas de poitrine, combattant tout à la fois des pots de Nutella, des humanitaires partis sauvés des enfants du Soudan, des colliers contre les dents et des psys en mal de pub.
Le PDG de France Télévision Mr Pfimlim a d'ailleurs déclaré : "Avec Jean-Vital Désir nous tenons enfin notre réplique au Dr House, et contrairement à l'autre pédiatre grisonnant, buveur de café de la télé, le nôtre s'il est moins bon pour tomber les minettes, il sait mieux soigner les teigneux de toute sorte".

Moushette a dit…

excellente grosse blague lourde mister JVM (ou JVD je ne sais plus !!), je n'en peux plus de rire !!!

vivement que l'on soit toutes accros à JVD hein.... House devra se rhabiller (cela dit, y a du boulot pour en arriver là !) ;-)

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