mercredi 28 mars 2012

Là-haut sur la montagne...


Ca fait 'hachtement longtemps que j'avais envie d'en parler dans ce blog. Mais bon, ce n'était jamais le bon moment, et rien ne m'y avait poussé. Mais le commentaire d'une de mes lectrices a appuyé sur le bouton "enter" de la rédaction de ce billet.....

De quoi vais-je vous causer ? Mais de cette fameuse période de ma vie. Celle où je me promenais dans monbledpaumé, un mouchoir brodé de mes initiales à la main, la morve pendouillante à la narine (comme maintenant, mais là c pasque j'ai la crève...), le mascara dégoulinant, une mantille noire sur la tête assortie à ma longue robe en velours, un chapelet à la main, rasant les murs du cimetière de peur de me faire trop remarquer...

Bin oui quoi, vous l'aurez tous deviné. Je parle du Grand Deuil. Vous savez ce fameux grand DEUUUUUUUUUUUUUUUIIIILL...

Celui de l'enfant biologique.

Je me souviens comme si c'était hier de nos préparatifs pour  les entretiens de notre premier agrément d'adoption. J'avais potassé les bouquins sur l'adoption, usé mes yeux sur les forums d'adoptants, discuté avec d'autres couples dans la même situation que nous... Et j'avais bien compris qu'une des questions pièges que risquait de nous poser les pros de l'adoption serait sur le fameux et terrrribleu "deuil de l'enfant biologique". "Méfiez vous !" nous avertissaient bouquins et postulants, ne dites surtout pas que votre deuil est "in process" ou que vous tentez encore d'avoir un enfant "fait sous la couette" (ou " fait ailleurs" non mais de quoi je me mêle !!) en parallèle à votre procédure d'adoption, car sinon vous pourriez avoir des difficultés pour obtenir cet agrément  car on pourrait vous juger pas encore assez "prêts" pour vous lancer dans l'adoption ! Alors face à ces menaces, avec mon ptit mari, on a potassé notre entretien, révisé nos réponses à ce genre de question piège, un peu comme pour un entretien d'embauche, faut bien le reconnaître...

Et ça n'a pas raté, le "thème du deuil de l'enfant biologique" fut évoqué par notre AS de l'ASE (puis par le psy), mais grâce à ma stérilité liée au distilbène et  à nos capacités à briller en entretien le sujet fut vite clos et nous sommes passés à des sujets bien plus constructifs. Quelques années plus tard, le sujet fut ré-abordé pour notre deuxième agrément en vue de l'adoption de notre deuxième enfant, et je me souviens avoir répondu bêtement à la question par un "bin oui, il est fait !". En y réfléchissant bien, j'avais répondu avec la même phrase et le même ton qu'utilisait ma fille après avoir fait ses besoins sur le pot lorsqu'elle en phase de démarrage de la propreté.....

Pourtant ,est-ce rationnel, honnête, cartésien et crédible de prétendre qu'un tel deuil peut être fait juste après ses 30 balais ??? D'ailleurs, cette question a-t-elle un sens, quelque soit l'âge du couple et la situation d'infertilité ? Y a-t-il un jour où l'on peut enfin se le dire honnêtement, un matin au réveil :

"Ca y est je l'ai fait chéri, fais péter le champ" !!!!!!!

Pour moi, bien au contraire, ce renoncement fut doux, lent et surtout invisible, puisque je ne l'ai pas vu passer ! (enfin je crois ??). De l'obsession de la courbe de température (ah le thermomètre glamour sur la table de chevet...) je suis passée à l'obsession de l'adoption, en passant par les étapes agrément, acceptation du dossier par une assoce, apparentement, jugement indien d'adoption pour enfin pouvoir nous envoler vers nos enfants à Bangalore ou à Pune. Oui, j'ai renoncé à une forme de parentalité pour aller vers une autre, mais en douceur, sans porter le deuil, sans pleurs (ou presque mais c'était plutôt la frustration de ne pas pouvoir être immédiatement parent !) ou tristesse. Et pendant que je devenais "infactuated" par l'adoption, j'en ai oublié tout désir de grossesse. L'envie du clearblue positif s'est éclipsé à petits pas, sans que je le vois ou l'entende partir, et sans que j'ai pu le saluer une dernière fois... Oublié, véritablement oublié, à un tel point que je trouvais étranges ces enfants dodus et blancs aux yeux étonnement bleus que je pouvais croiser ici (et pas là-bas en Inde !).

Alors franchement, où est la robe en velours, le voile sur la tête et tous les signes de deuil là dedans ? Certes, beaucoup de parents ne l'ont pas vécu comme moi, et ont eu besoin d'une période de transition nécessaire pour "passer à l'adoption", alors je ne veux surtout pas généraliser cette période à mon expérience perso. Mais fait-on vraiment un "deuil" que l'on peut considérer un jour comme clôturé, finalisé avec un point final ? Cette expression, évoquant la tristesse, la séparation et le renoncement à tout jamais est-elle adaptée à la majorité des postulants à l'adoption dans cette phase de transition entre ceux deux types de filiation ?

Et mon deuil à moi dans tout ça, hein ? Moushette, dis-moi, as tu fait ton deuil de l'enfant bio ?? Aller, sois franche et fais ton coming-out !!!!

Rien de moins sûr.

Car j'ai encore des regrets de ne pas avoir connu l'allaitement (je sais, et les gerçures non plus !), j'en déduirais donc que mon deuil n'est pas fait ! Mais aussi je me souviens bien de ce jour où j'ai prié de toutes mes forces pour que cette FIV foire afin qu'elle ne m'empêche pas d'adopter l'enfant tant désiré.

Alors fait ou pas steu deuil Moushette ? Aller, je vais vous l'dire...  en toute confidentialité (pour parodier Sarko qui parle de confidentialité lorsqu'il cause dans une émission sur tf1...)....

Un jour de cet hiver vers 15 heures, pendant nos vacances ensoleillées sur des pistes de ski débordantes de neige fraîche, alors que les mamans de bébés de 8 mois devaient se morfondre à garder leur bébé à la sieste au bas des pistes dans le chalet, moi j'étais en haut des pistes avec  mon "bébé" de 6 ans adopté il y a 8 mois en Inde, et je kiffais grave ses virages en ski parallèle et sa joie de la glisse à fond les manettes.

"Pfiou, heureusement que j'avais échappée à la corvée de la sieste hein, steu galère d'avoir un enfant bio, c'est quand même hachtement et plus cool d'adopter un gosse qu'on peut directement mettre sur des spatules sans passer par l'étape sieste-qui-te-sucre-l'aprem-de-ski et luge-en-attendant-le-ski !!"

Et tout là haut, sur mon pic des Pyrénées, j'ai su avec certitude, que j'avais du faire ce fameux "deuil" il y a bien longtemps sans que je le sache, et que ce "deuil" avait sûrement du être une des étapes d'une nouvelle aventure me conduisant vers un de mes enfants. Mon deuil, s'il y en a eu un, avait du être un grand bonheur plutôt qu'un malheur, tout simplement... 

... un peu comme le deuil et le sourire rayonnant de Scarlett'o'Hara au bras de son Rhett lors du fameux Confederate bal ! Je trouve que cette photo illustre ce billet à la perfection !!!!

20 commentaires:

Kakaille a dit…

Le deuil de l'enfant Biologique ... une question que nous avons bien potassé aussi avec mon mari, pour être "au top" lors de nos entretiens ... ;)) .... Aujourd'hui, je regarde encore avec tendresse une femme enceinte ou un nourisson, mais je peux dire avec beaucoup de certitude, que j'ai aussi du faire ce "fameux deuil" durant ces années, sans m'en rendre compte non plus, sans souffrance... ou alors, cette souffrance étant camouflé par le bonheur de l'attente de nos loulous !!! Par contre, le deuil qui n'est pas fait, c'est celui de ce 3ème bibou (adopté, of course) .... et là, c'est plus difficile, mais bon, c'est une autre histoire ......
Bises à toi et à ta belle famille

z e n c h a dit…

Faire le deuil de ne pas être mère peut être particulièrement douloureux et complexe.

Isabelle Tilmant : Effectivement, le deuil d'enfant est tout à fait spécifique car il consiste à renoncer à quelque chose qu'on n'a pas eu et n'aura jamais. On pourrait dire qu'il s'agit d'un deuil impossible, mais il est en réalité un deuil créateur car il oblige à se créer autrement. Lorsque la femme est amenée à renoncer à son désir de maternité, le manque dont elle parle évoque souvent une difficulté de trouver du sens à sa propre vie. Les mères ne sont pas exemptées de ces questionnements mais les femmes sans enfant y sont confrontées plus fréquemment. Se mettre à l'écoute de ses propres besoins, se faire du bien, prendre le temps de penser aux valeurs qui sont les siennes et réfléchir à comment mettre en place des projets de vie qui ont du sens : voilà les défis de la femme qui n'a pas d'enfant.

Ces femmes qui n'ont pas d'enfants

les Alsaciens a dit…

Hello,
très intéressant de lire ton cheminement!! Je lis entre les lignes quand même que ces femmes avec le bb sur les pistes, tu les regardaient vraiment...
Ce qui m'intrigue toujours ce ne sont pas les nourrissons car j'ai eu droit aux couches et autres joies des bb mais les gros ventres qui gonflent!!!!!!!!!!!!
La vue d'une femme enceinte m'empêchera toujours de faire à 100% mon "deuil", par contre la vue de MES enfants qui grandissent me permet de le faire à 250%!!!!!! (au moins...)
Contradictoire mais réalité pour moi!!
A bientôt!!!!

Véronique, a dit…

Ah Ah Ah ... les mots sont dits...et je suis d'accord avec toi ! l'enfant biologique qui ne viendra pas , oui on l'accepte mais il y a toujours un mais ... longtemps j'ai pensé qu'il viendrait meme apres l'arrivée de notre premier qui avait 6 ans et meme avec le diagnostic de DES ! oui la tete fait ce qu'elle veut , et on dit aussi ce que les AS veulent entendre car on sait que c'est utopique de croire à cette infime possibilité .... Les femmes enceintes pendant quelques temps , et je travaille dans le médical, je les avais en "horreur" ... maintenant meme si je suis tres heureuse pour mes "jeunes collegues" qui entrent dans la maternité, je dois me "forcer" un peu pour m'exprimer la dessus avec elles .... mes maternités sont différentes par l'adoption et les enfants étaient grands : je n'avais pas envie de biberons , de couches, et de levers au milieu de la nuit ... difficile a faire comprendre aux AS , ça aussi !! l'enfant biologique, il est là, faut pas se leurrer, entre nous 2, souvent j'y ai pensé bcq moins maintenant ...... et nous aussi 3 mois après son arrivée nous étions sur les pistes de ski avec la miss qui dévalait les pentes à toute vitesse sans aucune appréhension .....
Ton billet est juste, Moushette, tu n'es pas la seule ... jamais je pense qu'on se fera à l'idée , malgré nos enfants adoptés, de l'absence de maternité .... et que ce n'est qu'illusion d'affirmer le contraire .....

contente de te relire à nouveau ....
Veronique de Bretagne

zeu a dit…

Je n'avais pas imaginé écrire sur ce sujet ce matin... mais après avoir votre article, j'ai tenté de me "souvenir" de la façon dont cela s'est passé pour moi...

Je ne sais pas si ce deuil est jamais totalement accompli, mais ce qui me semble important c'est la manière dont il se fait, même partiellement.

De mon côté, je crois que ce deuil s'est fait au fil du temps, par étapes.

Mais je réalise chaque jour, dans le cadre de notre projet d'adoption, que mon désir d'enfant, mon désir de famille, lui, n'a jamais cessé d'exister. Et c'est pour moi l'essentiel...

En fait, je vais dire un truc qui pourrait me faire passer pour une "illuminée" mais je crois que je sais, que je sens depuis longtemps (toujours ?) que mon enfant n'aurait pas la même couleur de peau que la mienne, qu'il viendrait de loin... C'est peut-être lié à mon histoire, c'est peut-être une intuition, mais j'ai cette conviction en moi depuis des années... Je crois que j'attendais "juste" que la vie mette sur mon chemin un homme qui aurait le même désir.


Cela ne signifie pas que je n'aurais pas aimé porter un enfant, l'allaiter, le voir grandir... un enfant qui aurait eu certaines choses de Lui, et d'autres de moi. Mais l'idée de renoncer à ce type de parentalité n'a jamais été une désolation, un effondrement, comme il peut l'être pour certaines femmes, dont je respecte tout à fait la souffrance.

C'est comme si je savais que j'avais un autre type d'amour parental à vivre.


Lors de notre voyage en Inde, la même question nous a été posée quasiment à chaque rencontre : "Do you have children ?". Et chaque fois, le regard de notre interlocuteur affichait une pointe de déception et d'étonnement à notre réponse négative. Ce voyage nous a fait prendre conscience de la force de notre désir de fonder une famille... et nous avons croisé bien des têtes chevelus aux regards sombres et magnifiques que nous aurions volontiers adoptés !

Mon thé est froid. ;)

zeu
http://adoption-bacapana.blogspot.fr/

Claude-Anne a dit…

J'ai eu la réponse évidente à cette question, le jour où l'amour inconditionnel pour mes 2 nains "made in Colombia" m'est arrivé en plein poire. Et de me dire : merci mon Dieu de m'avoir permis de ne pas faire de bébé "sous la couette" (ou ailleurs...!!!), nos adoptions ont été mes 2 plus beaux accouchements.

Chouette blog. Promis je reviendrai par là .

Claude-Anne, maman d'Hugo 11 ans et Léo 5ans et demi, adoptés en Colombie

Lalie37 a dit…

Bonjour,

Je viens tres souvent lire votre blog sans jamais laisser de message, mais la je ne peux pas me taire:
Je n'ai pas fait le deuil de l'enfant bio malgres l'adoption d'un bebe né sous x il y a 7 ans1/2 et l'attente depuis plus de 4 ans d'une fraterie de 2 de Lettonie, la douleur est toujours presente à la vue d'une femme enceinte, l'accouchement, l'allaitement me manquent terriblement meme si je sais depuis plus de 12 ans que c'est irremediable... Ce n'est pas le nouveau né qui me manque car j'ai eu le bonheur d'en adopter un de 2 mois 1/2 mais vraiment les 9 mois precedents...

Nous sommes toutes differentes face à la sterilité de part notre histoire perso, et chacune s'adapte comme elle peux...

Merci pour votre blog et vos posts qui m'interpelles souvent

Lalie37

Sylvie a dit…

Bonsoir,
Je suis une fidèle lectrice du blog et heureuse de le voir reprendre vie. J'ai lu cet article ce matin et toute la journée, j'ai pensé à cette question de deuil de l'enfant bio. Finalement, je me retrouve assez bien dans les commentaires précédents : si le deuil de l'enfant bio est fait depuis longtemps surtout depuis que nos deux loulous de Colombie sont arrivés dans nos vies, il est clair que je ne ferai jamais le deuil de la grossesse, de n'avoir pas réussi à donner la vie. Je regarde les femmes enceintes en me disant que jamais, jamais, je ne connaîtrai ce bonheur (hormis les vergetures, les nausées, les hémorroïdes, l'épisiotomie... faut pas pousser quand même) et c'est un véritable manque, une douleur qui sans doute, ne me quittera jamais. Quant au bébé qu'on n'aura pas, il ne me manque pas : mes deux loupiots sont bien présents et ils prennent toute la place.
Amicalement
Sylvie

Moushette a dit…

@kakaille : oui le "deuil" du troisième peut être douloureux, que ce soit en adoption o bio. Bcp de gens ne le comprennent pas et se contentent d'hausser les épaules et de répondre "mais tu en as bien 2 non ?" Pffffff....

@zench : comme je disais brièvement sur TL, le deuil de l'enfant bio est bien différent de celui de la maternité ! Mais le lien est intéressant quand même, on prend !

@Les Alsaciens : bin si j'avais vu des femmes sur les pistes avec un nourrisson j'aurais directement fait un signalement, tiens, c hyper dangereux ! Non moi sur les pistes je suis assez nombriliste : mon kif, mes gosses, mes potes/familles, et le reste du monde peut crever ! J'ai bien aimé les % contradictoires, c très parlant !

@veronique : je vous que nous ne sommes pas les seuls parents indignes à mettre nos enfants fraichement débarqués sur des spatules !!!! oui la tete fait ce qu'elle veut, je connaissais une femme qui apres un hysterotectomie voulait encore y croire...

@zeu : oui le deuil fait son cheminement, mais je suis convaincue qu'il ne se finalise pas à l'arrivée des enfants, bien au contraire, cela peut raviver les plaies et prendre un autre virage à chaque arrivée d'enfant. bon et dsl pr le thé froid, lol ! (et les photos sur votre blog sont top tiens en passant !!!)

@claude-anne : welcome, merci et revenez quand vous voulez !!!

@lalie37 : je n'ai pas la même approche de la grossesse, car je sais que le miennes auraient étaient à grands risques, ultra médicalisées, cerclées, ptete hospitalisées, bref de m...de avec risque de grand préma et décès du bb. Cela m'a bcp aidé à franchir le pas de l'adoption et à regarder autrement la grossesse. j'ai aussi suivi en live des grossesses DES de copinautes, une approche comme une autre de la réalité qui aurait pu m'attendre.

@Sylvie : ca me touche de savoir que vs avez pensé à ce billet tte la journée ! idem pour lalie37, pr la grosesse, la mienne n'aurait surement pas été idyllique...

@tous : l'adoption m'a donné mes enfants, mais aussi tellement plus. pour moi ca ne remplace pas la grossesse idéale ou l'allaitement parfait, mais c'est plein d'autres choses d'absolument exceptionnelles que l'adoption m'a fait découvrir. Ma vie, ma perception des autre, ma propre personnalité ont été transformées à tout jamais...

Donc globally, je me trouve assez winner dans mon infortune de fille stérile !!!

les pols a dit…

coucou ma belle
là tu m'a ramené quelques années en arrière, effectivement lors des entretiens ASE...
Que dire ? moi j'ai le même syndrome que toi, le DES, que j'ai effectivement connu cette grossesse ultra médicalisée où on te fais y croire jusqu'au bout... et qu'au bout du compte, tu te retrouves avec un ventre vide et un nom sur ton livret de famille et une étoile qui brille au dessus de toi ; je me suis toujours dit que le deuil de l'enfant bio s'est fait en même temps que le deuil d'Enzo (il n’empêche que je pense tous les jours à lui au point de l'avoir tatoué dans ma peau ; d'en parler à Tim qui connait l'hidstoire de son grand frère qui a rejoint les anges); mais aucun regrets quand je vois mon grand bonhomme ;-) Au point qu'une prof dans le lycée où je bosse me dit souvent que mon fils me ressemble, alors what else ?? Et puis quand je vois les grossesse de ma sœurette non fille DES, ben là non plus pas de regret !!! entre le diabète gestatoire, la prise de poids et tout le toutim, je suis bien mieux avec mon baby vietnam dont je suis absolument gaga !!!
gros bisous ma belle

Mamaucy a dit…

J'allais le dire, Moushette, que la photo était merveilleusement choisie. Vive (toutes les) Scarlett !
May

ganesh46 a dit…

de mon côté je voulais terriblement des enfants malgré de gros problèmes de ce côté mais nous ne sommes pas allés jusqu'à la PMA...en fait je ne voulais pas vraiment un enfant biologique. le deuil a donc été assez rapide, dès que nous nous sommes lancés dans l'adoption.
et notre fille est arrivée en 2001!
j'ai eu par la suite un bébé bio en 2004 (par surprise!!!)
bien sur j'étais très heureuse mais là j'ai du faire le deuil de notre deuxième enfant adopté...
maintenant nous allons en rester là mais si troisième il y avait eu il est sur que ce serait un enfant adopté.
je ne garde pas un très bon souvenir de tout ce qui a touché à la grossesse (stressante) et à l'accouchement (douloureux : j'ai pas pu m'asseoir pendant deux mois et demi.... ).
le seul plus par rapport à l'adoption a été le long allaitement de mon fils.
en plus ce petit doudou mangeait toutes les 1h30 nuit incluse. franchement surtout à la quarantaine je crois pas que je tiendrais le choc à ce régime!!!

là je dévie....bises
Anne qui a fait un tour à La Chapelle mercredi (hummm les mangues!!!)

z e n c h a dit…

Deuil de la grossesse

Sur le Forum auFéminin

Jean-Vital de Monléon a dit…

Beaucoup d'hommes, de mâles, de papas quoi m'ont dit qu'ils ont compris ce que c'était lorsqu'il est parti ce fameux deuil.... au moment de la première rencontre avec le p'tit bout.

Je sais que c'est un truc qui énerve bcp les gens en fin d'agrément... je le dis au personnel des CG lorsque je leur fait des formations.


Pour l'expliquer moi j'aime biene
la parabole de la cicatrice et de la balafre.

Atchao.... les grands blogs ne meurent jamais ... le mien se réveille, deux billets qui décapent ce soir !

Moushette a dit…

@pols : je me suis souvent demandé si le fait d'avoir déjà vécu une grossesse peut rendre les choses moins ou plus faciles. Mais ce qui est certain c'est que les pathos distilbène ou les grossesses à risque, cela relativise l'image idéale qu'on peut avoir de la grossesse...

@Mamaucy : enfin une qui a dit qqchose pr la photo, bravo, ouaih vivent les Scarletts !!!

@ganesh : oui merci pour ce témoignage, comme quoi une fois de plus la réalité peut donner un sale coup aux fantasmes de la grossesse. Alors ces mangues ? moi aussi j'ai fait le plein !!!

@zench : merci pr le lien

@jvm : je pense que l'expression "faire le deuil" est en fait absurde de manière générale, que ce soit dans le cas d'un décès ou d'un renoncement. et comme vous, je trouve que la balafre/plaie/cicatrice est bcp plus parlante et proche de ce que l'on peut ressentir. Ce que je reproche aux AS c'est de dire aux couples qu'ils ne peuvent démarrer un processus d'adoption en même temps que d'espérer encore une grossesse. Je trouve cela absurde de généraliser ainsi et je trouve que c'est bien naturel que des couples veuillent tenter les deux en parallèle ou qu'ils y croient encore... L'adoption n'est plus la solution de repli, c'est plutot une deuxième route pour arriver à bon port !

celnico and co a dit…

Merci pour ces mots Moushette...j'aurais pu les écrire et en tout cas je les pense et je les partage !
Pour moi la douleur et la tristesse était pendant l'attente de cet enfant "de nous". Du coup tirer un trait sur l'enfant "bio" pour prendre le chemin de l'adoption est venue comme un soulagement à nos souffrances. Et j'ai mis toute mon énergie dans l'adoption, les entretiens, les lectures, les rencontres, les courriers, les démarches...C'est peut-être à ce moment là que le renoncement s'est fait, doucement, tout à la joie d'attendre 2 enfants d'ailleurs. Quant à la parentalité je l'ai vécu très différement entre mes 2 enfants (d'age bien différent, une petite de 13 mois et un "petit-grand" de 5 ans), mais c'est un autre sujet....Adopter c'était un bouleversement c'est sûr, mais un bouleversement qui me fait dire encore 3 ans après que j'ai eu une chance folle d'avoir pu adopter et d'avoir pu adopter mes trésors...Après un début de parcours qui me semblait triste, je me sens vraiment une gagnante sur ce coup là !!

céline
maman de 2 trésors d'Ethiopie arrivés en 2009

Virginie, maman d'Anaïs a dit…

Moushette, je suis parfaitement d'accord avec toi et en particulier avec ta dernière réponse à JVM.
Je n'ai jamais fantasmé sur la grossesse, avec le DES et les grossesses de ma soeur, je n'enjolivais pas du tout MAIS je n'étais pas passée par la case PMA lors de mon premier agrément en France et cela dérangeait l'AS et surtout la psy. Oui je n'aurais pas évité d'être enceinte et je pensais que j'aimerai autant un enfant bio que adopté (cela me semblait naturel mais cela m'a clairement été défavorable). Ce premier agrément m'avait même du coup fait douter de cette idée qui m'était pourtant naturelle au départ.
Mais le "deuil" si tant est que ce mot là soit adapté s'est quand même fait en 2 temps très nets : quand ma soeur a perdu son 3ème bébé à 25 semaines de grossesse (j'ai su alors que je ne supporterais pas un seul jour de grossesse avec une telle épée de Damoclès sur la tête avec les années d'attente en plus et la PMA à laquelle j'avais quand même finalement eu recours) mais le moment le plus décisif a été la rencontre avec ma fille. De ce jour là j'ai su que la page était tournée et qu'il était écrit qu'elle serait mon enfant et que je serai sa maman.
Depuis je pense que c'est une grande chance dans ma vie d'avoir adopté, d'avoir rencontré des personnes merveilleuses par ce biais, d'avoir donné une autre dimension à notre parentalité... mais que cela a été difficile d'en arriver là !
Bises
Virginie, maman d'Anaïs

ganesh46 a dit…

comme tu le dis Moushette, les filles ne fantasmez pas trop sur la grossesse (et ses suites) même si parfois ça se passe comme sur des roulettes!
il n'en demeure pas mois que je n'échangerais pas mon fils contre un autre même adopté!;-)
parfois avoir un bio ça va plus vite (9 mois) et parfois pas (10 ans après il est arrivé et notre Constance "seulement" après deux ans de démarches!)

ah et aussi : les mangues extras, on s'en ai mis jusqu'aux oreilles! (et aussi les chips de banane spicy!- j'ai même trouvé des mèches pour coiffer ma fille!)

Moushette a dit…

@virginie, oui le DES et les grossesses difficiles aident à avancer dans ce deuil. Je trouve ca incroyable que les AS croient que nous serions de plus "mauvais parents adoptifs" à cause de fait que nous doublions nos chances de parentalité en faisant en parallèle bio et adoption en simultanée ! Je trouve qu'au contraire cela permet de mettre les projets de parentalité sur le même pied d'estal, plutot que d'aborder l'adoption comme une solution de repli. Maintenant j'ai aussi rencontré bcp de parents qui ne voyaient pas les choses ainsi, mais ce qui me navre c que certaines AS souhaitent nous mettre tous dans le même moule...

@ganesha : nous on a testé les tapioca chips au chili, very spicy mais excellentes !!!

séverine a dit…

encore un post qui me parle Moushette! même si nos histoires sont différentes, ton vécu fait parfois très écho en moi.
Carrément d'acc que les vieux préjugés de travailleurs sociaux y en a marre des clichés!! (concernant cette fois double démarche PMA adoption).Je trouve ca dommage de devoir faire des réponses toutes faite au risque d'être jugé si on donne pas la réponse qu'ils attendent. On recommence nos enquête la semaine prochaine à bientot 18 mois après la date de l 'enregistrement de notre demande! en effet c est plutot la frustration de ne pouvoir être parent rapidement qui est à l'origine des pleurs!Imagine la tête de l AS (has been ;)) quand je lui ai dis que j ai pas eu cette sensation de deuil...(que le deuil du petit bio c 'était plus ma mère qui avait du le faire!...)que j avais ce projet d'adoption dans mon coeur, bien avant que la vie me confirme notre chemin serait l'adoption. J 'ai bien vu qu'elle était septique mais on ne pensait pas se retrouver face à autant de jugements...

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