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mercredi 28 mars 2012

Là-haut sur la montagne...


Ca fait 'hachtement longtemps que j'avais envie d'en parler dans ce blog. Mais bon, ce n'était jamais le bon moment, et rien ne m'y avait poussé. Mais le commentaire d'une de mes lectrices a appuyé sur le bouton "enter" de la rédaction de ce billet.....

De quoi vais-je vous causer ? Mais de cette fameuse période de ma vie. Celle où je me promenais dans monbledpaumé, un mouchoir brodé de mes initiales à la main, la morve pendouillante à la narine (comme maintenant, mais là c pasque j'ai la crève...), le mascara dégoulinant, une mantille noire sur la tête assortie à ma longue robe en velours, un chapelet à la main, rasant les murs du cimetière de peur de me faire trop remarquer...

Bin oui quoi, vous l'aurez tous deviné. Je parle du Grand Deuil. Vous savez ce fameux grand DEUUUUUUUUUUUUUUUIIIILL...

Celui de l'enfant biologique.

Je me souviens comme si c'était hier de nos préparatifs pour  les entretiens de notre premier agrément d'adoption. J'avais potassé les bouquins sur l'adoption, usé mes yeux sur les forums d'adoptants, discuté avec d'autres couples dans la même situation que nous... Et j'avais bien compris qu'une des questions pièges que risquait de nous poser les pros de l'adoption serait sur le fameux et terrrribleu "deuil de l'enfant biologique". "Méfiez vous !" nous avertissaient bouquins et postulants, ne dites surtout pas que votre deuil est "in process" ou que vous tentez encore d'avoir un enfant "fait sous la couette" (ou " fait ailleurs" non mais de quoi je me mêle !!) en parallèle à votre procédure d'adoption, car sinon vous pourriez avoir des difficultés pour obtenir cet agrément  car on pourrait vous juger pas encore assez "prêts" pour vous lancer dans l'adoption ! Alors face à ces menaces, avec mon ptit mari, on a potassé notre entretien, révisé nos réponses à ce genre de question piège, un peu comme pour un entretien d'embauche, faut bien le reconnaître...

Et ça n'a pas raté, le "thème du deuil de l'enfant biologique" fut évoqué par notre AS de l'ASE (puis par le psy), mais grâce à ma stérilité liée au distilbène et  à nos capacités à briller en entretien le sujet fut vite clos et nous sommes passés à des sujets bien plus constructifs. Quelques années plus tard, le sujet fut ré-abordé pour notre deuxième agrément en vue de l'adoption de notre deuxième enfant, et je me souviens avoir répondu bêtement à la question par un "bin oui, il est fait !". En y réfléchissant bien, j'avais répondu avec la même phrase et le même ton qu'utilisait ma fille après avoir fait ses besoins sur le pot lorsqu'elle en phase de démarrage de la propreté.....

Pourtant ,est-ce rationnel, honnête, cartésien et crédible de prétendre qu'un tel deuil peut être fait juste après ses 30 balais ??? D'ailleurs, cette question a-t-elle un sens, quelque soit l'âge du couple et la situation d'infertilité ? Y a-t-il un jour où l'on peut enfin se le dire honnêtement, un matin au réveil :

"Ca y est je l'ai fait chéri, fais péter le champ" !!!!!!!

Pour moi, bien au contraire, ce renoncement fut doux, lent et surtout invisible, puisque je ne l'ai pas vu passer ! (enfin je crois ??). De l'obsession de la courbe de température (ah le thermomètre glamour sur la table de chevet...) je suis passée à l'obsession de l'adoption, en passant par les étapes agrément, acceptation du dossier par une assoce, apparentement, jugement indien d'adoption pour enfin pouvoir nous envoler vers nos enfants à Bangalore ou à Pune. Oui, j'ai renoncé à une forme de parentalité pour aller vers une autre, mais en douceur, sans porter le deuil, sans pleurs (ou presque mais c'était plutôt la frustration de ne pas pouvoir être immédiatement parent !) ou tristesse. Et pendant que je devenais "infactuated" par l'adoption, j'en ai oublié tout désir de grossesse. L'envie du clearblue positif s'est éclipsé à petits pas, sans que je le vois ou l'entende partir, et sans que j'ai pu le saluer une dernière fois... Oublié, véritablement oublié, à un tel point que je trouvais étranges ces enfants dodus et blancs aux yeux étonnement bleus que je pouvais croiser ici (et pas là-bas en Inde !).

Alors franchement, où est la robe en velours, le voile sur la tête et tous les signes de deuil là dedans ? Certes, beaucoup de parents ne l'ont pas vécu comme moi, et ont eu besoin d'une période de transition nécessaire pour "passer à l'adoption", alors je ne veux surtout pas généraliser cette période à mon expérience perso. Mais fait-on vraiment un "deuil" que l'on peut considérer un jour comme clôturé, finalisé avec un point final ? Cette expression, évoquant la tristesse, la séparation et le renoncement à tout jamais est-elle adaptée à la majorité des postulants à l'adoption dans cette phase de transition entre ceux deux types de filiation ?

Et mon deuil à moi dans tout ça, hein ? Moushette, dis-moi, as tu fait ton deuil de l'enfant bio ?? Aller, sois franche et fais ton coming-out !!!!

Rien de moins sûr.

Car j'ai encore des regrets de ne pas avoir connu l'allaitement (je sais, et les gerçures non plus !), j'en déduirais donc que mon deuil n'est pas fait ! Mais aussi je me souviens bien de ce jour où j'ai prié de toutes mes forces pour que cette FIV foire afin qu'elle ne m'empêche pas d'adopter l'enfant tant désiré.

Alors fait ou pas steu deuil Moushette ? Aller, je vais vous l'dire...  en toute confidentialité (pour parodier Sarko qui parle de confidentialité lorsqu'il cause dans une émission sur tf1...)....

Un jour de cet hiver vers 15 heures, pendant nos vacances ensoleillées sur des pistes de ski débordantes de neige fraîche, alors que les mamans de bébés de 8 mois devaient se morfondre à garder leur bébé à la sieste au bas des pistes dans le chalet, moi j'étais en haut des pistes avec  mon "bébé" de 6 ans adopté il y a 8 mois en Inde, et je kiffais grave ses virages en ski parallèle et sa joie de la glisse à fond les manettes.

"Pfiou, heureusement que j'avais échappée à la corvée de la sieste hein, steu galère d'avoir un enfant bio, c'est quand même hachtement et plus cool d'adopter un gosse qu'on peut directement mettre sur des spatules sans passer par l'étape sieste-qui-te-sucre-l'aprem-de-ski et luge-en-attendant-le-ski !!"

Et tout là haut, sur mon pic des Pyrénées, j'ai su avec certitude, que j'avais du faire ce fameux "deuil" il y a bien longtemps sans que je le sache, et que ce "deuil" avait sûrement du être une des étapes d'une nouvelle aventure me conduisant vers un de mes enfants. Mon deuil, s'il y en a eu un, avait du être un grand bonheur plutôt qu'un malheur, tout simplement... 

... un peu comme le deuil et le sourire rayonnant de Scarlett'o'Hara au bras de son Rhett lors du fameux Confederate bal ! Je trouve que cette photo illustre ce billet à la perfection !!!!

lundi 26 septembre 2011

Le service adoption des Yvelines encore montré du doigt, cette fois-ci sur Inter...

Hier matin sur Inter, l'émission Interception traitait des difficultés à obtenir un agrément dans les Yvelines. L'émission s'appelle "Bons coeurs contre mauvaises fortunes".

L'article est ici. Et vous pouvez l'écouter ici (mettre le reader sur 9h15).
J'aime bien ce reportage, assez complet, plus modéré que le précédent reportagesur le même sujet de France Info, même si ne suis pas d'accord sur tout (le collier de perles et le maquillage m'ont fait hurler de rire par exemple, la question sur "marcher dans la rue avec un black" ne m'a pas choquée non plus". En tant que triple agréée dans les Yvelines, ce reportage a forcément attiré mon attention et il fait un peu échos à ne expérience perso dans les Yvelines pour notre troisième agrément, celui de l'adoption de Gabriel

L'agrément que nous avons obtenu lors de la procédure d'adoption de Gabriel en 2010, ne correspond pas au projet que nous avons toujours défendu dès notre première lettre de motivation. Il était beaucoup moins large que notre demande d'origine qui n'a jamais moufté tout au long de notre demande d'agrément.  Cette agrément, nous le souhaitions volontairement large. C'était un projet mûri depuis de longues années et dont nous discutions souvent en famille, que ce soit en couple ou avec les enfants. C'était un choix évident pour nous et vécu de façon heureuse, motivé par de nombreux points : nos âges respectifs (parents et enfants déjà présents dans notre foyer), notre capacité et motivations d'adopter un enfant grand, nos connaissances de la réalité des adoptions d'enfants grands et fratries, le fait que nous n'étions plus du tout dans le "trip" d'un petit qui aurait un écart d'âge trop grands avec les deux aînés etc. etc.

Le premier critère sur lequel il fut sabré fut celui de l'âge maxi de l'enfant à adopter. On nous a imposé une limite d'âge (moins de X ans) dont ne voulait pas, car notre projet était d'avoir un agrément ouvert et d'adoption un enfant "né après l'année 200x" sans limite d'âge (l'âge de l'enfant adopté évolue en fonction des années qui passent en même temps que l'âge de nos enfants déjà présents dans notre foyer). En plus, la limite d'âge stipulée dans notre agrément ne correspond même pas à ce qui est détaillé dans nos enquêtes.

On nous a aussi refusé la possibilité d'adopter une fratrie de deux enfants. Sans la moindre justification.

Aussi, nous souhaitions que notre troisième enfant à venir ait deux ans d'écart avec Scarlett. Mais cela nous fut aussi refusé puisqu'il était simplement mentionné que l'enfant à venir devrait être moins jeune qu'elle.

Je me souviendrai toujours du moment lorsque j'ai lu nos enquêtes sociales et psy dans les bureaux de la DASDY. Je suis tombée des nues, je me sentais trahie, j'étais remplie de colère de voir des critères d'âge mentionnés qui n'étaient pas les nôtres. A la lecture des surprenantes enquêtes AS et psy avant le passage en commission de notre dossier, nous avons pris la décision de demander à nous exprimer devant la commission d'agrément, pour expliquer et défendre  notre projet. Peine perdue. Quel fut notre désappointement lorsque nous vîmes les limites restrictives de notre agrément (différentes de celles présentées dans les enquêtes).

Mais j'imagine que tous ces spécialistes Yvelinois de l'adoption des enfants grands et fratries en savaient bien plus sur le sujet que nous... Car je ne suis "qu'un" humble membre très actif depuis de nombreuses années dans un OAA, dont la grande majorité des adoptions sont des enfants grands, des fratries... La réalité "terrain" en Inde dans les orphelinats et dans nos familles françaises des adoptions d'enfants grands et fratries, c'est le quotidien de mon travail. Mais ça ne l'a pas été pour notre agrément réduit à une peau de chagrin par rapport à notre demande de projet, à notre plus grand regret...

Notre histoire est sans doute banale, pas de quoi faire un flan, puisqu'elle a eu un dénouement heureux malgré tout. L'attribution de Gabriel fut rapide grâce à ma double nationalité indienne et le fait que peu d'OCI (détenteurs de la double nationalité indienne) souhaitent adopter des enfants de plus de 3 ans. Mais qu'en est il des autres couples postulants qui se font refuser leurs projets d'agréments larges ?

Ce soir (billet rédigé très très très tard dans la nuit de dimanche...), mes pensées vont vers tous ces enfants en fratries et/ou grands, ainsi que leurs parents qui ont fait confiance à notre OAA pour faire aboutir leur projet d'adoption, et qui doivent dormir paisiblement qqpart en France, alors que moi je m'acharne seule sur ce clavier... Je suis heureuse pour eux, et heureuse que des conseils généraux aient eu le courage de délivrer à ces familles l'agrément qui ait pu les conduire vers leurs adoptions heureuses. La parentalité, l'amour, ça ne se résout pas avec une simple équation fonction de l'âge de l'enfant. C'est tellement plus complexe, subtil et passionnant...

vendredi 26 juin 2009

Journée P'tit Pimousse !!!


Je plane.... Je suis un petit ange en train de planer sur mon petit nuage.... cuicuicui...

J'ai passé une formidable journée, avec des gens formidables.

Voilà, j'vous raconte, pasque j'en peux plus d'exploser d'émotions, faut que ça sorte. Les indiens en question dans mon billet précédent, sont deux responsables travaillant pour un de nos nouveaux orphelinats. Ils avaient prévu un voyage en Europe,et à la dernière minute nous avons pu changer leurs billets et les faire venir passer qqs jours en France !

Afins de leur faire honneur, nous leur avons concocté un petit planning de visites. Bien sûr il y a eu une visite des monuments de Paris, du shopping, des restos. Mais ce n'est pas tout !

Ce matin nous avions rdv à la MAE. Avec des responsables de la SGAI et avec aussi notre Ambassador, Mister Monchau en personne !

Vous imaginez Moushette devant Mika ? Bin là j'étais presque dans le même état... Mais en bcp plus discret !!!

Quant à nos messieurs indiens, ils étaient totalement impressionés par ce rdv au ministère, et par la qualité des échanges lors de notre meeting. Certes, ils avaient eu des rdv avec d'autres autorités centrales lors de leur séjour en Europe, mais la nôtre a semblé avoir bcp plus d'effet que le reste ! French do it better, c'est bien connu !

Why ? D'abord, grâce à M. Monchau qui nous a accordé bcp de son temps et qui a assisté à l'intégralité de notre meeting. Et ensuite et surtout, grâce à la qualité des échanges que nous avons eu ! Et le tout en anglais, s'il vous plait, que M. Monchau maîtrise parfaitement (tout comme l'actualité indienne). Et le tout dans une ambiance très conviviale et vivante.

Ce fut un honneur pour nous, 'tiote OAA d'avoir été si bien accueillis au MAE, je fus ravie de la qualité de nos échanges, de la confiance qu'ont nos autorités en nous... Je ne m'en suis toujours pas remise, et depuis je plane sur mon petit nuage rose, totalement euphorique... Et ouaih, on peut le dire, je ne suis pas peu fière de notre ambassador de l'adoption !

Mais ce n'est pas tout. S'taprem' nous avions rdv (après avoir avalé des lasagnes chèvre épinards traduits en "palak paneer" pour nos amis indiens !!!) à la DASDY (ma DDASS de chez moi, les Yvelines !). Quelle fut mon émotion de retourner dans les locaux où nous avions passé nos premiers entretiens avec Mister Moush... Beaucoup de souvenirs me sont remontées, comme celle de notre toute toute première réunion d'information en 2001 (où nous sommes arrivés avec 30 minute de retard : "ca commence bien s'histoire !!!" je m'étais dit à l'époque).

Après une chaleureux entretien avec le staff de la DASDY (et vazy qu'on a tous remis une couche sur les agréments des older children !), nous nous sommes rendus..... à une pouponnière des pupilles de l'état !!!! Oui, un orphelinat français, pour parler vulgairement !!! Et j'avoue avoir été très, très émue. Autant pour les orpheux indiens je sais me blinder, mais voir une pouponnière française, je vous assure, j'ai éprouvé (et je n'étais pas la seule !) une intense émotion, ché pas pourquoi ! Bref, ce fut passionnant de découvrir cet environnement en France, de comparer avec ce que l'on connait de l'Inde... Je ne suis pas prête d'oublier cette visite (et nos amis indiens non plus d'ailleurs, ils n'avaient jamais visité d'orpheux ailleurs qu'en Inde !), les images flottent encore dans mes yeux, et les paroles plein d'amour et de consécration de la femme responsable de la pouponnière bourdonnent dans mes oreilles..

Voilà pour nos rdvs officielles (après cela, nos amis indiens ont visité émerveillés au pas de charge le chateau de Versailles pour ne pas en perdre une goutte !!!), je voulais juste partager avec mon p'tit public cette journée intense, et merveilleuse.

Les autorités françaises n'auraient pas pu faire mieux pour accueillir nos hôtes indiens, qui ont été ravis de la qualité de tout nos rdv. Franchement bravo la France, ouaich trop fière la Moushette....

Comme je le dis souvent ici et ailleurs, critiquer c'est une chose, mais valoriser les actions positives, c'est tout aussi important. Alors Merci M. Monchau, la SGAI, la DASDY pour votre accueil, votre disponibilité et pour la qualité des échanges. Merci pour votre confiance...

Aujourd'hui je suis très fière de ce qu'on fait nos autorité pour nous, c'est aussi qqpart une reconnaissance de nos longues heures de travail et souvent de souffrances pour faire aboutir nos dossiers et concrétiser nos projets... Cela fait du bien, et franchement je me sens bien fière des résultants de notre petit OAA, petit mais costaud, comme dans la pub du bonbek, avec les caries en moins...

(oui la chute de ce billet est naz, mais il est à l'image de mon était général après une journée si intense !!!)

jeudi 5 février 2009

Miaow

Aujourd'hui je vais à la DASDY faire ma présent' avec un de mes "collègues" d'OAA.

Ces locaux me rappelleront peut-être le bon vieux temps des premières interrogations dans notre couple concernant notre premier projet d'adoption ??? Bon en tout cas, pour nous ça ne s'est pas passé comme ça (voir la suite), mais qu'est ce que j'adooooooore ....

(âmes sensibles n'aimant pas braire sur le sujet de l'adoption s'abstenir de lire... :-) ).








Le blog de Soph' reste pour moi un des meilleurs blogs humoristiques, je n'en rate pas une miette.

Comme quoi l'humour dans les écoles (car elle est prof), ça existe.

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