lundi 28 novembre 2022

50 ans c'est avoir 25 ans, mais avec une carte bleue ?

50 ans c'est avoir 25 ans avec une carte bleue disait à chose près Florence Foresti. 

Effectivement, les enfants grandissant et quittant le foyer, une certaine liberté d'antan de l'adolescence peut revenir dans les planning et le mood. Elle a raison la Florence, à un détail près, le quotidien des quinquas est souvent bien pris par l'accompagnement et la gestion de nos aïeux dans l'affaiblissement de leur santé, leur agonie et départ vers l'au-delà.

Cela a été le cas il y a 2 ans pour moi avec mon père : Alzheimer, hostos, gériatrie, EHPAD, déni de la maladie et à quelques jours des premiers vaccins, son départ très brutal à cause du covid pendant la période des fêtes.

2 ans après, la santé de ma mère décline, et me revoici en train de batailler avec hostos, médecins et EHPAD pour tenter de lui assurer la meilleure vie possible compte tenu de sa santé déclinante. Quoi de plus classique chez les quinquas, finalement, il m'arrive fréquemment de causer de ces sujets avec mes congénères : avant mes sujets machine à café étaient école-collège-lycée-études sup'. Maintenant on se refile les plans EHPAD, ambulanciers et hostos ! La vie quoi, son cycle, inéluctable, un grand classique prévisible pour nos âges.

Mais voilà, force d'en parler, de trainer dans les couloirs des hostos et côtoyer toubibs, psys, AS et infirmières, je ne peux que constater la situation pathétique de notre système hospitalier et médical. Manque de staff partout, et manque de staff compétent. J'en arrive à me demande si je ne devrais pas planter un tente sur le trottoir d'en face de l'hosto de ma mère ou dormir dans sa chambre comme cela se fait en Inde pour gérer au mieux les affaires de ma mère et faire mon followup de façon encore plus serrée. 

Et je ne peux pas en vouloir à ce staff sous-payée d'avoir fait capoter mon rdv crucial d'EHPAD de ce matin car ils ont totalement merdé dans la résa de son ambulance et n'ont pas géré le suivi. Ces pauvres femmes payées moins de 2000 balles et qui habitent en région parisienne, comment font-elles pour s'en sortir surtout si elles sont des mamans solos ? Et les sages-femmes, payées également avec un lance pierre on en parle? Et les profs, aussi hein ? Un prof d'anglais est payé en moyenne 1700 balles (moi qui y réfléchissais comme une possibilité de reconversion...). Aujourd'hui je me retrouve au chômage pour avoir été virée en période d'essai au bout de 5 mois, car ma vie perso (et pas que ma mère !) m'empêchait de pouvoir tout donner dans un boulot stressant et prenant. Je ne peux en vouloir à mon employeur, et franchement je ne vais pas pleurer sur mon sort, je trouverai bien un autre taf sur Paris. 

Mais je pense à tous ces fonctionnaires qui jouent des rôles cruciaux dans nos vies comme la santé des nos proches, l'éducation de nos enfants, et je me demande honnêtement comment ils bouclent leurs fins de mois surtout en région parisienne. Pourquoi des métiers aussi vitaux que profs, sages-femmes, infirmiers etc. manquent ils autant de moyens et sont si peu payés par rapport à tant d'autres tafs dans le privé finalement pas aussi vitaux pour notre société? Si ces métiers n'étaient pas si mal rémunérés, ils ne seraient pas understaffés partout... Qu'est-ce qui va si mal dans notre société pour qu'une telle injustice existe et perdure au détriment de services vitaux que sont la santé et l'éducation ?

En attendant que notre monde soit plus juste et qu'un(e) superhéros(ïne) rétablisse une meilleure rémunération à tous ces métiers vitaux en crise, je me concentre sur le positif, la nouvelle date de visite d'EHPAD pour ma mère, mes enfants qui sont au top et vont bien, mes amis éternels qui me comblent de leur amitié et leur soutien, mon engagement dans l'adoption que j'essaye de garder malgré tout, et tous ceux qui m'entourent de leur amour, leur prévenance et leur bienveillance. 

Mon chemin depuis 2 ans est parsemé de galères ; ruptures violentes persos et pros, épisodes fâcheux de toutes sortes. Mais il y a aussi beaucoup d'amour, d'espoir et des rencontres qui me font grandir et garder confiance en la beauté de la vie et qu'un jour... ça va se stabiliser !! 





dimanche 21 août 2022

Dis merci à tes enfants !

Ce sont bien les parents adoptifs qui remercient leurs enfants et non le contraire comme beaucoup d’ignorants ont tendance à le croire  !

Ce matin nous quittons Scarlett à Lille où elle démarre sa nouvelle vie d’étudiante dans des conditions optimales (dreamschool IESEG, dreamcollocation dans un dreamappart, dreamweather @ Lille !!) pour aller chercher Nishal à CDG qui revient d’un mois de stage dans le monde de la finance de Mumbai ! Dans qqs semaines Nishal attaquera ses trois ans à l’ESCP Paris (puis campus de Turin, London ?) et logera chez ma mère à Paris 15 lorsque ses cours seront à Paris.

Ah ces instants sucrés-salés des enfants qui quittent le nid. Mélanges d’émotions, bonheur-fierté-blues. Je suis si fière de leurs parcours. 

Qui aurait deviné il y a 18 ans que cette petite puce d’un orphelinat de brousse du Karnataka finirait ch’timi student dans l’école de ses rêves ? Ou que ce p’tit gringalet d’à peine 3 kg à 3 mois, lui aussi du Karnataka paumé, ferait un tel parcours de prestige pour aller vers la carrière de ses rêves dans la finance ? Quant à Gab, il continue à ecrire sa vie, et je suis certaine qu’il nous bluffera tous par le chemin qu’il prendra.

En tant que parents (un peu poule admettons-le), il est douloureux de voir ses enfants  quitter le nid malgré tout. Tourner la page d’une forme de parentalité et commencer à écrire la nouvelle n’est pas une mince affaire. Mais le faire dans de telles conditions est une chance extraordinaire. Nos enfants seront de beaux adultes et je sais qu’ils contribueront à rendre notre planète encore plus belle, par leurs actions et par tous les messages positifs qu’ils envoient. 

MERCI à tous les 3, Nishal, Scarlett et Gabriel, de nous avoir fait être les parents les plus heureux du monde. Et de continuer à le faire. Merci d’avoir dépassé toutes nos espérances de bonheur et de fierté. J’étais programmée, avec mon utérus détraqué, pour ne pas être maman, pourtant j’en suis bien une fois 3 et une maman comblée. Ma vie n’aurait jamais été complète si je n’avais pas pu être votre mère. Et cela c’est grâce à vous 3, ma chance est infinie et ma gratitude est éternelle.

Je vous aimerai pour toujours et bien au-delà.💕💕💕



samedi 16 janvier 2021

सफेद

 White. सफेद (saphed in Hindi)

I wanted to dress in white for my father’s burial as it is the custom in India when you mourn a loved one, but of course in wintery France this was not possible. Instead, I wore a white Kashmiri shawl for the symbol.
Today as our snowed Yvelines countryside takes me back to the memory of those funeral days, I suddenly realize that Mother Nature was the one bearing the white coat for my father’s demise.
How thoughtful.



jeudi 31 décembre 2020

J'étais bien en bas.

 "En 13 ans de métier je n'avais jamais vu un membre de famille descendre dans un caveau et encore moins une femme !" s'exclama l'employé des PF ! Je lui répondis un truc taquin sur le "une femme" du fond de notre grand caveau familial que j'eclairais avec mon portable...

Pour la première fois de ma vie, je pu enfin approcher ce grand-père que je n'ai jamais pu rencontrer de son vivant. Je me suis retenue pour ne pas ouvrir son cercueil pour avoir un contact physique avec lui : une caresse sur son crâne, un check ?!
Vu que j'étais la mieux placée, c'est moi qui ai pu déposer l'urne de mon père dans le caveau, auprès de son père qu'il aimait et qu'il avait perdu lorsqu'il avait 13 ans.
J'étais bien en bas avec eux, j'aurais pu y rester des heures, prendre le kf avec eux et toper le monologue, trinquer à leur santé de morts... La mort. Subtilement elle y est devenue presque bienveillante, moins terrifiante, plus sympathique en bas. Une ambiance presque cozy et conviviale. Indescriptible.
Je suis ressortie presque à regret pour rejoindre les mortels, crottée de la tête au pied de la terre imprégnée de l'ADN de mes aïeux, mon second baptême ! Lorsque j'étais en bas, une goutte d'eau avait perlé du plafond et s'était infiltrée entre mes lèvres, je m'y suis fait une plaie sur un doigt, comme s'ils me rentraient tous dans mon corps par tous les moyens pour vivre en moi !
Ressortie de là, je me suis sentie sereine, libérée et encore plus vivante que jamais, pour veiller sur mes proches, ma mère en particulier, et continuer à vivre avec fougue et passion.



Les contes de nos funérailles





 Après avoir appris la panne du four du crématorium lors des obsèques de mon père, mort brutalement du covid, nous nous sommes mis en chasse d'un logement pour nous 6 pour cette nuit de plus à passer dans la région de Pleaux. Malgré de nombreux coups de fils aux gîtes, hôtels et mairies soit les établissements étaient fermés, soit ils étaient complets... La panique.

C'est alors que nous avons eu en ligne Martina de l'hôtel restaurant Les Contes de Bruyeres à Serbieres le Château . Elle a accepté d'ouvrir son hôtel rien que pour nous, et 2 heures après nous étions à sa table avec une soupe maison et des spaghettis aux cèpes du coin !
Martina et Mathias est un couple d'allemands installés dans la région depuis qqs années. Elle est chef, a travaillé au Ritz, cela vous donnera une idée de la qualité de sa cuisine... Ils nous ont accueilli avec une douceur infinie et une hospitalité sans égale. Nous avons parlé de nos vies et vite trouvé un sujet de passion commun : les épices et la cuisine indienne vej !
Le soir Martina nous a régalé de sa fameuse oie grillée, sans parler de son foie g, pâté et saumon fumé tous maisons ! Cela fut un vrai moment de détente et de soulagement pour nos âmes en peine et nos corps épuisés. Ma mère a enfin mangé de bon appétit, les enfants ont ri aux éclats, nous avons tous enfin bien dormi !
Nous partons ce matin reposés, requinqués, prêts à affronter l'inhumation finale de mon père et à accueillir l'année 2021 d'ici quelques heures, qu'on espère être moins épouvantable que 2020.
Prenez soin de vous, protégez vous du covid et profitez de la vie tant que c'est possible.

mardi 29 décembre 2020

View from crematorium

La vue en arrivant au crématorium. Reposante et qui m'a permis d'encaisser la nouvelle en arrivant au crématorium : four en panne !!! Bon, on a fait la cérémonie, simple, digne et belle. Là on cherche de quoi se loger sur des routes praticables car on avait prévu de rentrer ce soir.. Crémation ce soir car la réparation serait faite entre temps, inhumation demain on ne sait pas quand. Vis ma VDM...




The day he became Grand-Père in Bangalore.

When we adopted Nishal, I fostered him 3 months in B'lore before the court order. After Olivier's departure, those weeks alone were rough, and my father quickly came to pay us a visit and meet his first grandson. They loved each other immediately, my father had this magical touch with kids.

These are the kind of moments that I will be holding hard to, during tomorrow's cremation and funeral at Pleaux, Auvergne, land of my ancestors.
PS : right now the baby of this photo is my chauffeur, driving his grandad's car !



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