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jeudi 28 avril 2011

Explosion place Jamma el Fna

C'était le café où j'avais emmené un de mes enfants pour une envie pressante, on avait abusé de leurs toilettes le temps de l'urgence sans consommer au café quoi que ce soit .... hormis du PQ !!! (cela dit leurs glaces étaient tentantes !)

Il y a 14 morts et ce serait un attentat. Mes pensées vont vers ces victimes et leurs familles.

Il ne reste que des miettes de cet endroit maintenant, et le premier étage a volé en éclat. Tout ce que je me dit pour garder mon calme, c'est que les toilettes étaient au sous sol.... et que cet attentat ne renforcera pas mon l'indifférence que j'ai ressenti vis à vis de coins hypers touristiques comme Marrakech et de sa soi-disant super place... Je n'ai pas du tout accroché avec Marrakech, je n'ai aimé ni son ambiance, ni son côté "Arnakech" qui m'a bien saoûlé. Les seules choses que j'en retiens, c'est l'eau à  31°C de la pistoche pr les gosses, et le quartier populaire et non touristique autour de notre riad.

Avec le temps, j'ai de plus en plus de mal avec les lieux dits "touristiques", et avec Mister Moush nous privilégions de plus en plus la campagne, les cailloux et la ruralité, loin des foules. Contrairement à Marrakech, on a flashé grave sur la campagne marocaine : les vallées d'Oulila et de Dadés sont par exemple des pures merveilles que nous avons hâte de revisiter... sans passer par Marrakesh la prochaine fois !

Alors si vous pensiez aller au Maroc pendant vos vacances, j'espère que malgré cet horrible attentat, vous ne changerez pas de pays, peut-être juste de région ? Le Maroc a besoin du tourisme, et ce pays a un potentiel fabuleux !

(suite dans un prochain billet)

samedi 20 novembre 2010

Le pompon ? Bin je l'ai bouffé !

Je me suis réveillé ce matin relativement en forme après avoir passer un quinzaine d'heures au pieu à pouvoir à peine se mettre en position verticale... Quasi plus aucun symptome, donc bon, ca devait etre une intox alimentaire, surement sur un vol. Petite pensée pour les sandwichs Indian Airlines.... Petit dej vite torché, qqs coups de fils pour arranger pas mal de trucs avec les orpheux, et hop, je décale mon rdv d'hier à ce matin. Non mais faut pas déc' quand même, chuis pas là pr me la couler douce, j'ai mes challenges persos, et j'y tiens !

 J'embarque Kathleen avec moi, car je sais que c'est le genre de rdv qui sera formateur pour elle, intéressant, et surtout ca ne fera pas de mal d'être à deux ! Le rdv s'éternise, car le contact est excellent avec cette directrice, et elle nous commande même une pizza chez domino's que nous partageons avec plaisir avec elle. Nous voyons de nombreux enfants, pour l'essentiel lourdement handicapées mentalement. A la sortie, je me rends compte que je suis blindée, mais que pour Kathleen par contre, c'est plus dur, normal, comme moi les premières fois. Avec le temps, je me durcis, je m'interdis de me taper la tête contre les murs, pour continuer à long terme de "bénévoler" dans des conditions saines, il faut bien ça. Un peu comme le personnel médical qui cotoie la mort et la souffrandce au quotidien, sans doute. Se forcaliser les réussites en se disant que c'est déjà ça. Mais il y a toujours le regard d'une fillette, une imploration verbale, une couette de minette, une implantation de cheveux qui me rappellent les miens, et toutes les grandes théories du blindage basculent, et le côté obscur de la frustration rejaillit d'un coup. Oui, certains me hantent, ici et surtout en France, la nuit dans me rêves, le jour dans mes prières et dans mes pensées qui s'évadent.

A qqs minutes du départ, dans cet aéroport international, je pense à tous ceux que j'ai quitté. Ceux qui trouveront familles, dont les dessins trainent dans mon cahier entre mes notes gribouillées, et surtout ceux pour qui on n'a pas encore trouvé. Le doute me taraude, au fur et à mesur que les semaines passent.

Mais pensons au futur proche. Toute à l'heure j'ai entendu les clochettes de l'eclat de rire soulagée de ma fille ravie de me savoir sur le retour. Quel bonheur ce petit son précieux, j'ai hate d'etre chez moi. Elle me fait oublier ces gens qui dorment sur le trottoir que je vois partout, cette vieille femme fourbue aux cheveux blancs fouillant les tas d'immondices puants (oui j'avais pris un taxi non AC donc fenêtres ouvertes...) à minuit, à quelques mètres de l'aéroport international...

Et pis vous croyez que je vais me la couler douce à mon retour à la casa ? Pensez donc, rentrer un dimanche, ma petite troupe sera là pour me tenir compagnie... J'atterris à 8h00, donc maison vers 10h30, vero ma copine rwando-bangladi-versaillaise passera le matin à la maison recuperer qqs trucs et nous faire un brin de causette autour d'un bon kawa maison, et 11h45 nous allons au marché gastronomique de monbledpaumé avec Patricia (marraine Nishal) qui elle aussi va se pointer à la maison !!!!! Car oui, je compte bien retrouver là bas balotine qui m'a fait promettre juré craché que j'irai voir son expo de scrap... Et honnêtement, c'est le genre de contraste horrifiant que j'adore, direct de l'Inde tu te fous dans le quotidien du bled, mon regard n'en est que plus caustique....

Planning de ministre jusqu'au bout, nonmého, vais pas me laisser abattre par un crétin de pompon....

mais je sens que le creneau douche decrassage va etre serré, je vais encore faire fuir les blondes de mon bled avec mon look allumé !!!

vendredi 19 novembre 2010

Le pompon

Ce matin au petit dej', j'ai bien senti que je ne pouvais rien avaler. Alors je me commande un coca lite, le seul truc que je sens qui pourrait encore passer. Peine perdue, 30 minutes plus tard il repart dans le cuvette de wc de ma chambre.

Qu'importe, pas le temps de réfléchir, il faut partir, car une crise doit être débloquée dans un orpheu. On arrive, crise déboquée, et ... et ... re-gerbe ! Je termine sur le lit de la guest house de l'orpheu (tiens y a une guest house, alors qu'on m'avait dit le contraire !!!), errintée, en sueur, prises de spasmes réguliers. La veille j'avais assez mal à la gorge, la maladie semble s'être déplacée vers mon estomac et mes intestins. Je m'endors rapidement, et arrive la directrice.... Zut, j'essaye de faire acte de présence, peine perdue, je suis pitoyable... Kathleen assure à coté, heureusement....

Je quitte l'orphelinat pour un autre, mais prise de spasmes violents dans le taxi, j'annule à contre coeur ce rdv. Tant pis, Kathleen ira à ma place plus tard, mais quelle déception... Je me réjouissais de revoir le responsable de l'orphelinat très sympa, et surtout cette petite fille qui sera bientôt une petite française !

J'arrive à l'hotel, je n'arrive même plus à porter mon sac a dos, évite de gerber dans l'ascenceur cachée derrière un mouchoir et retrouve avec alegresse la cuvette des wc pour me vider d'un mélange de bile et de glaire. Je m'écroule dans le lit, je suis vidée, c'est le cas de le dire, je n'ai meme pas le courage de me lever pour allummer le ventilo, et je m'endors lourdement, toute l'après-midi.

Réveil difficile à plusieurs reprise, qqs coups de fil pour anticiper la suite, j'arrive à peine à réfléchir ou parler.

Oui je le sais, j'ai trop tiré la corde du string pdt ce voyage. Mais tout allait si bien, et je n'avais pas l'impression d'être si fatiguée que ca ! La preuve que oui, et comme par hasard, les symptomes se sont développées vers la fin du voyage après le rdv à la CARA, lorsque la pression baisse....

Seule dans mon lit je déprime un peu, alors que mes trois familles et leur accompagnatrice doivent passer une bonne soirée à table en bas au resto... Leur bonding se fait doucement mais surement, et je ne peux même pas en etre témoin. J'aimerais bien aussi les faire parler de leur ressenti, mais non rien, je dois me contenter des infos que Kathleen leur donne, quelle frustration ! Mais rien que de me mettre en position verticale dans le lit me donne la gerbe. Au bout de 3 heures je reussis à me lever pr allumer le ventilo... Alors je m'évade avec mon imagination fertile d'ex petite fille unique qui n'avait que ça comme moyen pour combler la solitude... Je rêve, je refais ce voyage parfait sur bien des points, et je me projette dans mes projets futurs où tout est aussi merveilleux que dans le pays de Candy....
Ce soir je me sens un peu mieux, j'ai des envies de fresh lime soda sweet (eau gazeuse, jus de citron vert et sucre de canne). je vais peut etre meme tenter de boire une gorgée d'eau avec un cachet de motilium avant ca pour voir si ca reste dedans... Périmé depuis 2008 le motilium, zut, je n'avais pas vérifié sa date avant de partir... Faut dire que j'utilise rarement mes médocs en Inde car je ne suis jamais très malade, menfin là c'est le pompon.

Et si demain j'allais mieux ? SI ce n'était qu'une simple sale intox' alimentaire, genre bouffe d'avion dégueu ? Il me reste mon rdv à l'orpheu, des shoppings pour les enfants que je leur avais promis... Et j'ai pas intérêt à revenir en France malade, car les rentrées sont tout le temps rock&roll. Et pire de tout, je ne pourrai pas les embrasser à mon retour. Zut, quelle pouasse, quel dommage de finir ainsi...

jeudi 18 novembre 2010

Je suis dans le vol indian airlines direction Kolkota. On vient de me proposer un plateau snack, avec son sandwich-pain-gout-de-papier au fromage-gout-de-rien. Prochaine fois je prendrai Kingfisher, c'est une certitude (et pas que pourles sandwichs...) !!




Que ce fut dur de quitter le Mizoram. Secrètement, j'espérais que mon vol serait annulé pour profiter quelques heures de plus de beau pays. Mais non pas de bol, pour une fois mon vol est à l'heure. Alors là, c'est vraiment pas de chance... Bon, de l'autre côté j'ai un rdv stratégique à Delhi ce soir, je suis partagée entre le coeur et la raison.



Mizoram, mizoram.



OK, je vous l'avoue. I have the Mizoram Blues, grave de chez. Je vendrais un bras afin de pouvoir acheter des stickers "I love Mizoram" et en coller sur ma voiture afin afficher à tous ma Miso-attitde ! J'ai même failli même versé une larmichette à l'airport après le security check. Un trop plein d'émotions lié sans doute à une accumulation de fatigue (levé hier à 6h30, couchée ce matin à 3h00 du mat', levé ce matin à 6h30, qui dit mieux ???). Lié aussi au crash de la pression que je m'étais mise : mes rdvs se sont bien passés, mes objectifs atteints, quel soulagement en fin de journée de sentir l'euphorie remplacer le stress... Etonnament (ou pas !), hier en fin de journée, j'ai trouvé mes sacs bien plus légers à porter que le matin, comme si un poids s'était envolé de mes épaules au fil de la journée !



Mais si j'ai le Mizoram blues, c'est surtout à cause du Mizoram. J'ai eu un coup de foudre monstreux, comme on ne peut l'expliquer, quoique. Car il est vrai qu'il n'y a pas grand chose à y visiter là-bas (pas de temples, vieilles maison, sites etc.), La ville, plutot de construction récente, est assez moche quand on regarde l'achi de près. Mais les paysages sont magnifiques, l'environnement de Aizawl avec toutes ses collines et maison perchées dessus est fascinante, et les vues que l'on a à l'infini vers la Birmanie par exemple, sont epoustouflantes. Un mélange de Lisbonne (pr les collines), pays basque (pr les maisons moches) et de Coorg (pour la densité de végétation)



Hier matin, ma troupette est moi avons décidé de nous promener en ville avant nos rdv, pour visiter un peu l'bled. RDV pris donc à 7h00 du mat au lobby, et hop nous sommes parties pour 1h30 de promenade à pied. Aizawl est une ville verticale. Il y des escaliers pentus un peu partout débouchant sur des vues à l'infini à vous couper le souffle. Rares sont les gros jardins car il n'y a pas de terrains plats. Mais un peu partout il y a des jardinets avec leurs minis potagers et .... cochons ! On rentre dans bcp de maisons au rdc, et ensuite on descend pour accéder à aux habitations principales, c'est un concept de vivre au sous sol ! Les vues des maisons sont fabuleuses (et dire que notre hotel na pas de fenetre !!!!!), je ne m'en suis jamais lassée pdt tout mon séjour. Mais ce qui m'a sans doute le plus fait craquer dans ce pays (car oui pour moi je suis dans un pays autre que l'Inde ...°), ce sont les gens. Les Mizos. Leur gentillesse infinie, leur douceur, leur intelligence, leur simplicité. La plupart des gens que nous croisons un petit peu engagent facilement la conversation avec nous, et nous sentons rapidement leur éducation, leur culture. Je retiens aussi et surtout l'accueil que nous avons eu, leur efficacité, leur flexibilité et ouverture d'esprit sur les autres. On m'a écouté, on m'a fait confiance, la qualité des échanges était haute. Un sans précédent, je n'avais pas l'habitude d'avoir ce sens de l'écoute en Inde "métropole" (car oui pour moi, le Mizo est comme un DOM TOM indien !!!). Et un tel accueil, une telle gentillesse, du respect. J'en suis toute retournée...Notre séjour s'est terminé par une invitation à une cérémonie de mariage, la veille du D-DAY. Ca a commencé par un repas dehors dans le jardin : porc au bouillon, christophine vapeur, genre curry au poulet... On mange avec les doigts, c'est bien meilleur. Puis arrive le moment de la cérémonie. On monte tous les étages d'un immeuble moderne (6 ou 7), on arrive dans une grande salle où la famille de la mariée préside, et le reste de l'assistance dont nous faisons partie s'assoit et regarde. Il s'agit de la remise symbolique du "prix de la mariée". Car oui, au Mizoram, c'est au marié de payer pour avoir une mariée, et non le contraire comme le reste de l'Inde ! Voilà un concept qui me plait ! Il y aura une corbeille remplie de pièces. Quelqu'un sera charger de compter pour faire semblant de vérifier et fera la vanne habituelle : "aah il manque une pièce hahahahaha." Puis la mariée remettra donc symboliquement une enveloppe à tous les proches qui pourraient être solidaires de leur couple, en cas de pépin. En discutant avec la dame qui nous a amené à cette cérémonie, on apprend qu'il est commun que les couples divorcent, et que les femmes vivent par la suite seules et indépendantes. On est bien loin des règles de vie de l'inde "metropole"... Oui le Mizoram n'a pas de nombreux défauts de la société indienne "metropole".

Mais voilà, chaque chose a sa fin, et le Mizoram s'éloigne déjà derrière le hublot de mon avions...
Mizoram, when will I come back to you ?
 
 
Edit : arrivée à Delhi, temps de crachat breton. Mon driver, un seikh, fait la gueule, et me parle avec un ton arrogant, comme bcp des drivers seikhs à Delhi. L'impression de débarquer de province et d'arriver dans le métro avec les parisiens qui font tous la tronche, beuuurk !!!

dimanche 14 novembre 2010

Et si j'avais trouvé le paradis sur terre ?

J'ai atterri au Mizoram comme en plein rêve : d'abord on voyait de l'avion les chaînes de montagnettes les unes à côté des autres, avec de villages brillants sur leurs crêtes. La végétation est verte, le ciel est bleu... Nous avons atterri sur une piste au mileu de nul part, sur un haut plateau. Magique. IL parait que c'est un des aéroports les plus difficiles de l'Inde, moi je l'ai trouvé tout simplement merveilleux... Les bambous longent la piste, la végétation est belle, luxuriante...

Arrivée devant le carrousel, un jeune homme se présente à moi, souriant, et me tend la main. Oui, j'ai bien dit il me tend la main !! En Inde on ne touche pas les femmes des autres quand on est un mec, mais ici on est à Mizoland, et les poignées de main avec les femmes, ça le fait. Faut dire que les femmes ici ont un vrai rôle dans la société, elles sont indépendantes, elles s'assument, elles sont respectées par les hommes comme leur égal. D'ailleurs mon vol était rempli de femmes voyageant seule, de tous âges. Nick, mon accompagnateur, m'amène au guichet où il faut présenter son laisser-passer. On remplit un formulaire, le gradé regarde mon laisser-passer, mon passeport. C'est fait !

Je retrouve dans l'aéroport ma compagne de voyage. Il s'agit de... de... non je ne vous dis pas. A vous de deviner !!! Il nous embarque dans sa voiture, et vite, on démarre. Il y a une demi heure de route jusqu'au city center. Une demi heure d'extase, de bonheur pur sur ces routes dans les collines. La végétation est dense, un peu comme la région du Coorg. Les maisons sont construites sur des pilotis, certaines ont de murs en planches (ou bambou aplati ?) tressée. Et les gens sont beaux. Si beaux... Les femmes portent leurs petits dans le dos avec une écharpe... Nous passons un pont. Pas très droit. Son revêtement est fait de toles clouées ! On s'arrête pour prendre des photos. Je m'éloigne un peu pour faire une prise de vue, je prends un petit pont en bambou car le chemin a été un peu cassé par un ébouli. Pfouit, j'entends un bruit dans les feuillages à côté de moi, je le sais au bruit, il s'agit d'un rongeur.. L'essentiel c'est qu'il ait eu plus peur que moi ! nous reprenons la route, passons sur des éboulis monstrueux du à des affaisssement de terrains qui ont détruit une partie de la route. Les moussons doivent être terribles ici, et la route doit être refaite très régulièrement...

Nous approchons de la ville d'Aizwal, perché sur plusieurs collines. La vue est stupéfiante, nous ne nous lassons pas des paysages...

Hôtel. Petit hotel sympatoche, tout est propre, franchement bcp mieux que ce sue je pensais ! Vraiment un hotel de routard, mais sans les routards foireux qui se la petent !!! L'accueil est chaleureux et cordial, et ah oui détail qui compte, le traffic sur la route est archi normal (donc pas du tout indien !!!). Ce pays me parait bien civilisé, ma foi ! Quant à notre guide Nick, il nous surprend par son excellente maitrise de l'anglais, son intelligence et surtout sa culture, son ouverture sur le monde extérieur. C'est un plaisir d'échanger avec lui. Quant à l'environnement, la nature est omni présente partout, l'air est pur, la preuve, les papillons qui volent partout...

Une fois un repas vite avalé, nous voici repartis nous présenter dans une admin où les foreigners doivent s'enregistrer. Un gars dans un bureau s'ennuie sec, et il est ravi de notre visite. D'ailleurs il nous attendait avant de plier boutique. Nick lui a ramené un petit repas, je commence à comprendre qu'ici il est d'usage de donner des pourliches aux admins ! Ce n'est pas de la corruption, c'est juste de la gentillesse, une forme de merci. Le gars est d'ailleurs super souriant et gentil, ce qui contraste violemment avec les admins françaises ou indiennes ! Il  prend tout son temps pour recopier soigneusement nos infos dans un registre. Nous discutons sur le fameux laisser passer, si l'on devait le prolonger, et il nous explique qu'au Mizoram les choses sont flexibles, surtout lorsqu'il s'agit de gens qui veulent aider leur région ou leur peuple !!

Nous sortons des bureaux une fois ces formalités terminées, et des gosses jouent au foot. Ici le foot est roi, et personne ne s'intéresse au cricket !! Le soleil tombe sur la ville, Nick nous propose d'admirer la vue de chez lui sur le toit. Elle est magnifique effectivement, sa vue. La nuit est presque noire, les maisons brillent de leurs éclairages. Et il est ... à peine 17 heures !!!! Il y a une seule heure en Inde, qui ne correspond pas du tout à leur heure solaire...

Nous rentrons doucement à l'hotel. Que la vie est douce au Mizoram : les gens sont décontractés, souriants, calmes, paisibles, simples et éduqués. Ils aiment la nature, la musique, ils sont flexibles, ouverts d'esprit. Notre guide nous fait rentrer chez des gens (riches vu la taille de la maison) pour admirer la vue sur leur terrasse. Une femme, sûrement la maitresse de maison, fait à manger, et elle nous sourit tout simplement, à peine surprise par notr venue. Je rêve ! Ce qu'elle cuisine sent bon. Je l'admire du coin de l'oeil dans sa cuisine ouverte sur le salon.... J'aimerais bien rester prendre une leçon de cuisine ou goûter à ses mets...

Ce soir, nous rencontré une dame mizo ayant vécu en partie en Australie et qui a démarré une ferme de vers à soie dans les collines au loin. Elle me parle de son amour de la nature, des soirées autour d'une guitare, du calme, du ciel étoilé... Et lorsqu'elle vient en ville, à Aizawl, elle se fait belle pour aller faire le tour de la visite. Et 6 mois par an, elle se la coule douce dans sa ferme, en totale osmose avec la nature. Et en totale indépendance, car elle a chauffage solaire, générateurs, pompes hydroélectriques etc. "Et puis quand je suis chez moi, vu que personne ne passe, je peux rester toute la journée en pyj si ca me chante !" La cinquantaine bien éduquée, élégante, maquillée....J'adore cette façon de parler sans complexes et avec une pointe d'humour !

Je me sens bien, j'ai perdu tous mes repères indiens (je ne capte pas avec mes teleph, c vous dire !), mais je m'en fous, je plane, je tombe en amour pour cette magnifique région, ce peuple... Ce soir j'ai mangé chinois/mizo, quel délice...

L'Inde, Calcutta, c'est où ça déjà ? Moi je suis au paradis...


dans le diaporama, j'ai photographié un tableau sur lequel est marqué le nombre de passage des étrangers au Mizo....

Si vous n'arrivez pas à visionner le diaporama correctement sur le blog, cliquez ici.

Howrah bridge !

6 heures du mat, je suis dehors, j'ai bien fait de prendre ma polaire, il doit faire 20. Peu de taxis dans la rue, mais grâce au portier de l'hotel, je reussis à en arrêter un... Le driver me regarde hébété lorsqu'on lui explique mon étrange course....

6 heures du mat et 5 minutes, mon taxi file. Est ce que ça dort à Calcutta un dimanche matin à une pareille heure ? Non, au bus stand, il y a plein de villageois qui se préparent à rentrer chez eux, les chiffonniers sont déjà à l'oeuvre en tras de trier des tas d'immondices dans la rue, des hommes transportent des balots qui font dix fois le volume de leur corps. Zut. J'ai oublié de prendre la bouteille avec moi. Zut zut et zut.

J'arrive à côté du pont. Il est grand, majestueux, impressionant ! Le Taj Mahal ne m'aurait pas fait plus grand effet la première fois que je l'ai vu ! Mon driver me dépose, je lui baraguouine que je reviens, peine perdue, il ne capte pas un mot d'anglais... Bref, heureusement que le portier de l'hotel l'avait brieffé.
Pour arriver au pont, il faut prendre une passerelle... qui passe au dessus d'un magnfique marché aux fleurs ! Les couleurs explosent aux yeux, les scènes de rue sont hallucinantes, les gens se réveillent en pleine rue, encore engourdis d'une dure nuit à même le trottoir, d'autres dorment encore à même le sol... Enfants, femmes, maris. Des pauvres paysans qui ont quitté la terre de leurs ancêtres pour trouver un peu de travail en ville, histoire de moins crever la dalle... Je file au pont, l'ambiance est surréaliste. Je passe devant un temple, ca prie, les cloches sonnent. Et soudain, le pont, le Gange... Majesteux. Les gens qui se baignent en chantant des prières me prennent aux tripes. Il y a un monde fou qui dort là bas, ils se reveillent difficilement, doucement....

Rapidement, je me sens hapée par les couleurs flashy du marché aux fleurs, je quitte le pont. Ca marchande déjà assez sec, et bien sur je fais mon petit effet avec mon Nikon ! Partout j'entends autour de moi le mot photo, photo, photo, je ne traine pas trop dès que je shoote qq'un. Mais on ne me dit trop rien, j'ai même droit à qqs sourires complices de femmes, flattées de mon intérêt pour elles... L'ambiance et magique, les couleurs sont magnifiques, quel bonheur pour les yeux. Quant au reste, qu'on se le dise, le marché aux fleurs ...... pue, schlingue, daube la mort ! Mais qu'importe, je suis blindée, je m'attarde à prendre en photo une femme, tiens on a craché à 10 cm de mon pied... Je retourne au pont, copine avec deux femmes et leur bébé qui viennent poser...

Aller il est temps de rentrer, je n'ai aucune envie de tremper le moindre doigt de pied dans notre fleuve sacré... C'était un moment fabuleux, hors du temps.




Si vous ne visualisez pas le diaporama sur le blog, cliquez ici !

samedi 13 novembre 2010

Demain, je ferai mes ablutions dans le Gange

Ce n'est pas la première fois que je viens à Calcuta. Mais de la ville je ne connaissais que l'hotel, les bureaux de l'orphelinat et l'orphelinat et ses gosses, tant mes voyages étaient speed !

Une fois de plus je dors à Calcutta en mode stop. Mais sur la route entre l'aéroport et l'hotel, je me suis mise à rêver. A rêver du Howrah bridge, ce pont mythique traversant le Gange à Calcutta.... Depuis des années, je vois la photo de ce pont prise dans les années 60 par mon père dans le bureau de mes parents, et j'ai toujours rêvé de voir ce pont de mes yeux et de faire la même photo... Et puis mon arrière grand-père était un constructeur de ponts en structure metallique, alors disons que cette fascination doit être génétique !

J'ai envie de le voir, j'ai envie, j'ai envie ! Ne pourrais-je pas y aller tout de même en douce, avant d'aller à l'aérop' demain matin ? Une brève discussion avec le gars de la réception de l'hôtel me conforte dans mon projet fou : demain c'est dimanche, donc il n'y aura personne sur les routes, surtout si je démarre tôt. 150 roupies pour faire l'AR, 20 minutes de trajet, c'est faisable !


Alors mon projet se finalise... Je partirai à l'aube, vers 6 heures. J'espère pouvoir trouver un taxi à cette heure là !!!! J'espère que la luminosité sera suffisante pour les photos, mais j'ai pas le choix pour le planning....Un petit coup d'oeil sur google earth, et je vois que juste à côté, il y a des ghats où les gens se baignent. Oui, ca y est, j'ai mon spot pour faire mes photos. Depuis mon voyage en Inde en 1992, j'adore découvrir certains endroits sacrés de l'Inde à l'aube. Ce sont des moments magiques, mystiques, inoubliables et authentiques... Le calme fait ressortir le côté spirituel du pays, on se sent transporté, j'ai vécu tant de choses fortes à l'heure où le soleil se lève...Demain je ferai mes photos, je tremperai sûrement un bout de peton dans le Gange... Je prierai aussi sûrement... Mais ca risque d'être aussi un peu chaud, car le meilleur spot pr les photos est l'endroit où les hommes se baignent. Ils vont middle apprécier que je prenne des photos... Mais y aura ptete pas grand monde non plus, sait on jamais...

Et un projet fou peut en cacher un autre. C'est décidé. Je ramènerai un peu du Gange dans ma valise...

 (on en fait des miracles avec une bouteille vide de Thonon d'Air France et un peu de scotch !!!!).

vendredi 12 novembre 2010

Une bonne journée !

La journée avait poutant mal commencé. Pas dormi, en plus j'avais mis le reveil plus tot, et le petit dej de l'hotel n'etait pas génial... Ensuite je pensais faire une simple recharge de ma prepaid card (portable indien), mais au bout de qqs magasins j'étais obligée de constater que mon numero de telephone avait été supprimmé par le fournisseur ! Numéro que j'avais diffusé à la terre entière avant mon départ bien évidemment. Donc obligée d'acheter une nouvelle puce, et nouveauté théorique, il faut leur fournir un justif de domicile indien. Que je n'avais pas bien sur, puisque j'habite à l'hotel, et je ne voulais pas me taper une heure de route pour revenir à l'hotel leur faire faire une attestation foireuse. Du coup mon super sauveur vint me délivrer... Car oui, il y a des super héros en Inde ! Je parle bien sûr de Kapoor, notre driver fétiche depuis des années !!! Il a pris le portable en son nom, et a fourni son driver licence, ses photos d'id pour me dépatouiller du bourbier dans lequel j'étais... Que serais-je sans Kapoor, on se le demande !

Mis à part ces problèmes logistiques, j'ai réussi à enchainer deux rdv orpheux, et ma foi je suis assez contente de moi ! J'ai vu 3 anges pressés et hyper au courant que leur(s) parent(s) débarquent lundi, et ils m'ont l'air aussi au taquet que les parents !!!! C'est drole de les voir, alors que j'ai eu les parents au tél il y a à peine qqs jours...

Et puis, on m'a présentée cette petite, porteuse d'un handicap majeur. Elle était par terre à 4 pattes, pleurait et hurlait de terreur, je l'ai prise dans les bras, je l'ai bercé, je lui ai parlé en français, encore et encore... Son sourire, son corps qui se détendait et se donnait à moi, son expression de bonheur m'a fait tout oublier. Elle était bercée par mon discours en français et moi liquéfiée par sa douceur et ses expressions de grand bonheur.... Le dragon pouvaient nous karcheriser de feu, qu'on n'aurait pas bronché. Un petit moment de bliss, de pur bonheur, entre elle est moi. Puis, elle est redescendue heureuse de mes bras, sans une larme... Et moi je me sentais détendue, comme après une séance d'ostéopathe...

Ce soir j'ai vu Janet ma cousine, nous avons causé, mangé dans un resto sympa, et comme d'hab' on s'est battues pour payer l'addition ! Elle veut me faire rencontrer un grand ponte de la finance qui a adopté une petite puce, et ma tante va essayer de me faire visiter un orpheu parsi !!!

La vie est belle en Inde, le pays est en plein boom économique, pour ceux qui ont un peu de fric...

Mais je ferme les yeux, et je vois ce petit/grand garçon qui me demande : "et moi didi, et moi didi ?" Oui et lui, reussira-t-on à lui trouver des parents ? J'ai tenté de lui répondre, mais ma gorge s'est nouée, ravalant un sanglot. Comment rester indifférente ????? Comment ne pas se broyer pour ceux pour qui ça n'avance pas ?  Il me hante ce bonhomme, et son envie d'être adopté, et tant que qq'un ne lui aura pas trouvé de famille, moi je ne trouverai jamais une paix intégrale... La vie est injuste, et je n'arrive pas à voir le verre à moitié plein, je reste obsédée par le vide. Mais on y croit, on y croit...

5 heures du mat', j'ai des frissons...

5 heures du mat dans ma petite chambre d'hotel. J'ai dormi par ci par là, mais j'ai toujours pas fait une vraie nuit. Je crois que ça sera pour une autre fois, c'est la première fois que j'ai ce genre d'insomnie...

Ma journée de voyage, aller, je vous la fais en version résumé.
7h00 a la maison je descends prendre ma dose de caféine. Chpaf le luminaire grille lorsque j'allume l'interrupteur. Je m'en vais ouvrir le portail électrique avec la telecommande; Plus rien, le portail ne bronche pas. En fait les plombs ont sauté, mon taxi arrive dans 5 minutes, et je ne sais plus tres bien comment on fait pour remettre le portail en mode manuel... Je ne peux donc plus sortir de chez moi, à moins d'escalader....Alors je me transforme Mac Gyver pour changer les plombs à la lampe frontale dans le garage, pas le choix... qui connait mieux comme plan galère 5 minutes avant le départ pour un vol international ???

Enregistrement bagages. Un kilo est un kilo pour air france, ils refusent de mettre en soute mes 3 kg d'excedent de bagage. J'ai donc plus qu'à ravaler ma fiereté, ouvrir ma valise devant tout le monde, sortir 3 kg de livres de coloriage et les mettre dans mon sac à linge sale qui se transforme ni vu ni connu en 3eme bagage à main. J'enregistre ma valise, et le gars me dit : "mais on a le droit qu'à 2 bagages à main" ! Aller, on bourrine et on gave mon sac à dos de ces maudits bouquins, testons la résistance de ses coutures et de mon dos...

Boarding. Mon boarding pass fait beeper rouge la machine. L'hotesse se rue sur la machine d'à coté et vient me voir avec un nouveau boarding pass :"nous avons le plaisir de vous upgrader ! pasque vous voyagez bcp blablabla, vous aller voyager en first !". Le petit couple de retraités touristes juste derrière moi dégoulinent de bave de jalousie  et moi je saute de joie !!!! Petit passage régressif dans le bus, j'appelle, je SMS, je fais ma folle ! Lorsqu'on voyage seul le moindre truc devient disproportionné, et ca fait du bien de lacher la pression ! Je rentre dans l'avion. En fait je ne suis pas en first, mais en machin truc premium, une nouvelle classe entre eco et biz. sieges larges mais peu inclinables, casque bonne qualité sonore, tele un peu plus grande, plius de place pr les jambes. mais plateau repas comme les autres. mouaih pas mal, mais la first c quand meme autre chose !!! on s'en contentera malgré tout... visionnage du film "Mother & child" qui tourne bcp autour de l'adoption : histoires d"open adoptions" à l'américaine, le vécu de mères biologiques ayant confié leur enfant à l'adoption, adoptée adulte, retrouvailles, ruptures, le thème de la recherche des origines/enfant bio y est bien abordé... Les destins des personnages se mélangent, se retrouvent, se séparent... Un film pas si mal que ça et parfait pour un voyage solo en avion...

Quant à mes lectures pdt ce vol.... J'ai lu d'une traite ou presque un livre. Et comment dire... j'ai eu comme un choc. Mais ça, je vous raconterai une autre fois !




mercredi 10 novembre 2010

Moushette la maso, ira chez les Mizos !!!

Ok ! Il y a quelques temps, j'avais lancé une devinette : une photo des sportifs indiens lors de l'ouverture des jeux de commonwealth à Delhi.  Gwendo avait été la plus fortiche, elle avait trouvé la solution de la devinette : une femme du Mizoram, un état indien peu connu, portait le drapeau. Un sans précédent, car les minorités indiennes sont rarement autant mises en avant.

Les Mizos c'est quoi me demandez-vous ? Naaaaan, rien avoir avec les masos, dont je fais partie (tous mes potes vous le confirmeront !). Les Mizos sont les habitants d'un état de l'Inde qui s'appelle le Mizoram. Etat qui se trouve au sud de l'espèce d'excroissance de l'Inde vers l'Est... donc entre le Bangladesh et la Birmanie (Myanmar) !!!! Le bout du monde quoi ...

Aller, le Mizoram, je vous la fais en deux coups de cuillères à pot, à ma sauce (Mizo)(dsl c'était plus fort que moi !).... Région essentiellement chrétienne (en plus, protestants !), taux d'alphabet' de 89% (deuzio après le Kerala, soit le deuxième état le plus alphabét' de l'Inde), et les gens là bas ont un facièce staïle Birman, s'habillent à l'occidentale, bref rien avoir avec l'Inde et ses gros clichés. C'est joli, c'est vert, c'est en altitude, y a des lacs, de rivières, des cascades.... Et sûrement une grosse population de birmans immigrés clandestinement ?? Pour rentrer dans cette belle région (montagneuse, la capitale Aizawl est à 1000 mètres d'altittude, donc le soir ca caille et chteu parie qu'il y a pas de chauffage dans les chambres !), il faut montrer patte blanche, c'est à dire obtenir un laisser-passer spécial bourré de restrictions, qui ne s'obtient qu'en Inde dans un "Mizoram House" en Inde. Il faut compter 2 semaines de délais our l'obtenir une fois les pièces déposées, le truc simple quoi lorsqu'on vient de l'étranger ! En plus on n'a pas le droit de voyager seul, on a interdiction de quitter la capitale, et il faut se faire connaitre au bureau des étrangers (RFO regional foreign office) 24 heures grand max après notre arrivée.... Donc autant vous dire que le tourisme là bas est absolument inexistant, mais tant mieux, car cette région doit être particulièrement authentique...

Si je vous raconte tout ça, vous vous en doutez, c'est parce que je vais y aller lors de mon prochain voyage en Inde ! Le gros "hic logistique" était bien sûr le laisser passer, mais heureusement que j'ai une aide précieuse en Inde qui fait les démarches à ma place afin d'anticiper son obtention avant mon départ. Donc, si les Dieux Mizo (et si vous suivez bien il s'agit de JC et de son Père...) sont avec moi, j'aurai mon laisser passer à temps pour pouvoir flipper la race de sa mère dans le vol Air India pourave Kolkota-Aizawl  savourer une pincée de cette région, sa culture, son peuple... Bref , enfin  il y  aura un peu d'exotisme en Inde pour moi, et de l'aventure, car là ouaih, ça sent l'aventure et les challenges plein les narines ! (oui je me la pète).

Sinon, voici qqs liens, glanés par les soins de votre serviteuse Moushette, qui me serviront pour mon voyage et qui je l'espère serviront à d'autres...

Tripadvisor : pr avoir des témoignages de voyageurs sur la qualité des hotels en Inde, un must pr tout voyageur (asbeen les guides papier à la LP ou routard !!!).

David's Hotel Clover : le seul hotel de Aizawl qui parait respectable. Une chambre simple coute 900 INR peanuts ! Et y a la WIFI et des restos où on peut y bouffer correct, alors de quoi je vais me plaindre ! Mais d'après des témoignages de tripadvisor, faudra que je partage ma chambre avec les gros cafards que je déteste (oui les memes que dans MIB !), et il parait que c'est la saison des rats en ce moment (d'après ma copine habitant au Bangladesh...). Car les rats au Mizo, ca peut donner ça, le Mautam, une invasion monstrueuse de rats partout partout partout, et  qui bouffent toutes les récoltes et génèrent une famine chez les populations agricoles.... Bon ca n'arrive "que" tous les 49 ans, lorsqu'une certaine espèce de bambou fleurit et ensuite se met en graîne, et il parait que la prochaine ne sera pas en 2010 (menfin quoi qu'il en soit, autant vous dire que je fermerai bien ma valise tous les jours dans ma chambre d'hotel, car elle souvent bourrée de sucreries que j'offre au gré des étapes de mon voyage... et que mes converses fouleront allègrement le sol mizo au détriment de mes sandales...).

Hôtel coup de foudre à Calcutta. Une vieille maison typiquement victorienne, remplie de bibelots et d'histoire transformée en guesthouse. Restaurant extérieur dans jardin... A une histoire d'enfer dans cette maison, une entreprise familiale. L'hôtel semble prisé depuis toujours par les auteurs, powètes, et artistes en tous genre : la preuve, ils ont eu comme hôtes les Lapierre et .... Sting !!!!! En plus pas cher, et y a la wifi.. Aller jeter un oeil, ca vaut le détour, les photos sont sympa, ça fait rêver une ambiance pareille. Fairlawn hotel  . Bien sûr, je m'y suis prise trop tard... C'est complet !
A Delhi, un guest house moins cheros que celui que j'ai visité en juin (et qui depuis a bien augmenté ses prix, quel dommage, je l'adorais...) et qui a l'air sympa et bien situé (quartier ambassades) : Kapur Guest House

Maintenant je vais vous faire un aveu. Très solennel. Je vais pour la première fois de ma vie....
....
...
... être infidèle...
....
...
...
.... au west end hotel de mumbai !!! 20 ans que nos familles y vont presque toutes. Mais maintenant que le consulat de France est à Bhandra, j'ai pris la décision de tester un nouvel hotel dans ce quartier de Mumbai, plus chic, plus calme, plus fonctionnel, moins urbain, et  plus près de l'aéroport. Et j'espère y loger nos prochaines familles si cet hotel s'avère correct ! Je vais donc tester le Hotel New Castle où ma cousine tente une négo de tariffs via le demi-frère du concierge de l'amant du chien du neveu de l'archiduchesse aux chaussettes de chai plus qui, qui y a un contact.

Bon. Et puis après ce genre de billet, faudra pas que je m'étonne si je me retrouve avec la planète dans l'dos et la moustache qui pousse, comme sur ce fameux guide français !!!!!

edit : message tapé il y a 15 jours, les hotels sont depuis négociés et réservés, et mon laisser passer pour chez les Mizos est dans mon sac à dos.... Yapluka !

dimanche 30 mai 2010

Delhi !

C'est la première fois que je voyage avec 3 familles, c'est la première fois que je voyage avec un futur grand frère ado et c'est la première fois qu'on est deux accompagnatrices ! 9 à l'aller et 12 au retour, quelle expédition !! QUi a dit que mes voyages EdE se ressemblaient. Après plusieurs voyages difficiles en Inde (stress attentats, et surtout le dernier), cela fait du bien de retrouver un peu de légerté...

L'ambiance est au beau fixe, les accompagnatrices ne dansent pas la tektonik dans l'avion (private joke que seuls les EI peuvent comprendre...), mais il règne dans notre petit groupe une bonne ambiance, tout le monde discute, échange, ça rigole, ça sourit, ça chambre et ça vanne ! Certes, il y a le stress et l'appréhension naturelle qui nous accompagne à chacun de ces voyages si particuliers, mais malgré tout on sent les coeurs légers...

Le vol s'est bien déroulée, les accompagnatrices ont bu leur verre de champ' (et on fait une bonne sieste après, en toute paffitude !), et surtout nous avons eu une chef de cabine adorable, qiu dépose son dossier à l'AFA pour la Colombie pour un enfnat de 6/7 ans ! Bref, elle a bien causé avec nous (elle ne connaissait pas l'APAEC dont j'ai vanté les mérites), et était aux petits soins avec tout notre groupe...

Arrivée à Delhi, il ne fait que 28°C, même pas trop chaud en conv's ! Nous sommes accueillis par Ravi et nos trois voitures (Innova, good choice !). Il y a dans les voitures des bouteilles d'eau minérale qui nous attendent, quelle gentille attention !

Nous arrivons à notre guest house, tenu par des français, sommes accueillis par le patron français qui nous parle en français (petit détail qui fait toute la différence pour nous !), nous invite au salon, nous propose un repas : soupe et quiche. Ca a l'air délicieux les hommes se jettent dessus et les femmes continuent de causer dans le salon. Ambiance chaleureuse et familiale, in between India and France, ce guest house a tout bon pour mes familles françaises !

mercredi 21 avril 2010

Bloqués en Inde ??

Ouaih y en a qui se plaignent d'être bloqués en Inde à cause du méchant volcan Islandais.

Mouaih. Un des pays où y a le plus d'hôtels et où le niveau de vie est si bas. Que diraient ils s'ils étaient bloqués en Suède par exemple ??? Comme des couillons ils restent à Delhi où les hotels sont chers. Ils feraient mieux de vaquer à la campagne et se faire qqs jours de tourisme supplémentaires là où les prix sont plus raisonnables et au moins où y a des trucs à faire...

Les français râlent toujours, ha la la....

lundi 5 avril 2010

Taghit

Aller en vacances en Algérie ? Quelle drôle d'idée, diraient certains. Pourtant c'est ce qui vient d'être validé par notre famille !!!! Nous serons là-bas dans un an, pour un voyage familial très spécial... Et au détour d'un surf intensif pour préparer ce voyage, voici qu'hier  je tombe subitement amoureuse... d'une oasis.

Taghit, classée au patrimoine de l'Unesco, serait une des plus belles oasis du Sahara... Dunes ourlant l'horizon de l'ancienne ville, palmier verdoyants, vues sur dunes à l'infini, peintures rupestres, habitants accueillants, promènes couillons à dos de chameau dans les dunes pour le grand bonheur des enfants, luge sur les dunes, voire même ski !!!! Et des tonnes de paysages, archis et portraits d'autoctones de la mort qui tue pour le Nikon de Moushette....

Taghit se trouve dans la région du Saoura, non loin de la frontière marocaine. Un peu au milieu de nul part, il faut bien l'avouer... Mais fort heureusement, cette ville est reliée au domestic airport de Bechar par  80 bornes de bonne route. Il y a un vol tout les deux jours pour Oran.

Sur place, y a pas grand'chose, car il n'y a quasimment pas de touristes. Faut dire que voyager en Algérie ça craint, si on s'en tient aux consignes du MAE. Il y a un seul "vrai" hôtel à Taghit. Avec sa piscine d'eau fétide et des chambres crados d'après le Lonely.

Mais il y a aussi ça.... Un ancien fort de la légion étrangère converti en hotel qui a une vue à couper le souffle sur les dunes et  sur Ksar, la vieille ville (celle de la photo). Tout à l'heure j'ai craqué (vive la Freebox, coup de fil gratos !!!) et j'ai appelé. 5000 dinars la chambre double soit 50 euros, 1000 le lit supplémentaire.... Le mossieur était très accueillant et aimable au téléphone. Facile à comprendre (mieux que la hotline de freebox !!), et s'excusant de n'avoir pu répondre à mon email du matin car ils ont une coupure d'élec. En ce moment il fait dans le 30-35°C.... Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!

Bref, MA définition du luxe : destination de rêve, authentique et présevée, loin des sentiers battus, sans touristes et sans chichis superflus...

Vivement 2011. En attendant je rêve et vois de Laurences d'Arabie partout... 'Ch'allah !!!

mardi 15 décembre 2009

Trac avant la CARA

OK je vous l'avoue, j'ai le trac car d'ici qqs instant je serai sur le chemin de la CARA. RDV avec le pdt de la CARA, la resp. adoptions etc.
J'ai préparé une liste de questions percutentes, mais je sens que c'est moi qui vais me faire cuisiner une fois de plus pdt ce voyage. Menoufs, j'ai des trucs à leur filer, y compris la boite kitchissime-chic  de chocolats "Champs-Elysees" avec le beau noeud dessus qui fera son petit effet je l'espre au pres du pdt. Et une box de lindt avec intérieur mousse (brigitte ;-) ) pour une autre responsable... Pourvu qu'ils ne sachent pas que lindt est une marque suisse !!!!!!

Ici à Delhi, il fait un peu plus chaud qu'à Chandigarh, mais guère plus. La polaire n'est pas de trop dans les rickshaw. Ici la vie est chère, et les taxis arnaquent. Ici il y a tant de gens qui dorment dehors, et je m'efforce de ne pas m'habituer à celà. Les mendiants me brisent toujours le coeur, cela me rassure son mon état mental. Je ne veux pas oublier cela, non je ne dois pas trouver cela normal à force de les voir.

J'ai retrouvé récemment via FB, une copine américaine que j'avais rencontré il y a deux ans aux confs de delhi. Une homologue à moi mais salariée dans une petite agence américaine, assez spécialisée dans les special needs. Je me souviens l'avoir croisé dans un marché extérieur, et en voyant son badge j'en ai déduis qu'on était à la même conf. Très vite on s'est mises à déconner avec une autre de ses collègues, chose rare avec les 'ricains souvent premier degré, et très vite j'ai compris qu'on avait exactement la meme philosophie concernant les adopitons (et autant vous dire qu'au pays du $ c'est loin d'être gagné). Bref grace à nos récentes retrouvailles virtuelles, j'ai appris qu'elle était au chomage et cherchait un taf NGO en rapport avec l'Inde; Au moins quand on est bénévole comme moi, le chomage est le genre de truc que je risque de subir puisque j'y suis déjà !!!

Bref grace à ma copine, j'ai pu avoir un super driver pour la journée (Mister SIngh, birigtte tu connais ??!!), pas trop cher (le double de kapoor....) et surtout bon driveur et bonne connaisseur en matiere d'adoption à delhi. Vive les réseaux en Inde, y a ksa de vrai !

Bon aller, je retourner à ma flippe et mon coca lite qui va me donner la force de pulser. Je ne déjeune pas, car pas envie d'avoir des tord boyaux pdt mon meeting...

Penjab express

Ok je vous tape ce billet dans un bus "volvo" (cad deluxe, soit moins pire que les autres !) en écoutant des bons vieux U2 dans les oreilles, conditions hard dans ce bus mais fun malgré tout pour blogguer !

Aujourd'hui ca a été du délire pt de vue logistique. Départ à 9h00 de chandigarh direction le Pendjab. En principe 2 heures de route, qui se sont transformées en 3 bonnes heures. Qu'importe la route était superbe, enfin je me sens un peu dépaysée et aventurière un peu quand même... La route a longé des rizières (la plus part bien vertes mais terre à sec), des canaux artificiels bordés d'énormes eucalyptus formant un cathédrale de verdure au dessus de la route, des écluses, des temples seikhs blancs immaculés comme mon ordi, contrastant avec un ciel enfin bleu. J'ai vu des barbiers ambulants sur la street à la pelle, un arracheur de dents en plein boulot à 9h15, des paons dans les champs, des dhobis lavant le linge dans le canal fétide... Les seikhs en eux meme sont un paysage passionant. Ils sont si grands et barraqués par rapport à la moyenne des indiens, leurs regards sont plein de fierté et d'arrogance, Et puis ces turbans parlons en. Ils sont de toutes les couleurs, bordeaux, roses, bleus, jaunes, impeccables et lisses contrairement au fouilli artistique des rajasthanis ou gujuratis. Avec leur chignon sur le devant du crane et leur turban par dessus, ils gagnent 10 cm de taille, ce qui leur donne encore plus de prestance et de grandeur. Un peu comme les talons aiguilles hein, même principe (seikhs qui lisez ce blog, ne me tuez pas SVP, c'est de l'humour...). Et puis comme la moitié de leur visage est mangée par leur barbe, tout passe par les yeux, leurs sourcils.... J'adore la tête de certains vieux, la barbe blanche au vent lorsqu'ils se promènenent en scooter. Ici, ce sont les hommes qui m'inspirent pour les portraits, mais c'est très difficile de les approcher (n'ai pas eu le temps en fait), Ah lala, qqs heures de plus à mon planning, et je suis certaine que j'aurais pu faire des miracles.... Frustrant, mais that's life.

Où sont les femmes, comme dirait un chanteur foireux des années 80 ? On n'en voit pas trop, surement qu'elles restent plus souvent à la maison qu'ailleurs. Ici j'ai vraiment l'impression d'etre à macho-land. Et aussi à celib-land. Je suis surprise de voir partout des hommes faire le boulot des femmes : le trieur de draps à l'hotel, des hommes lavent leurs habits eux meme dans le canal. Sans doute des pauvres celibs qui ne peuvent se payer des femmes et qui sont réduits à tout faire eux meme. COmme quoi l'égalité des tâches ménagères, Olympe, ça existe ;-) !

Ici je suis dans l'Inde profonde, il n'y a pas l'ombre d'un touriste, et je me prends pas mal de regards quand je sors mon reflex pour shooter. Je vous rassure, ça ne m'a pas empêché de shooter lorsque je le pouvais, mais honnêtememt, mis à part la pause tchaï du driver, je n'ai que shooté que de la voiture en marche fenêtre ouverte, donc photos surement un chouilla flous. Tant pis pour l'art, ca fera des souvenirs quand même.

Pour résumer la journée, 3 heures de route pour y aller, 1 heure de rdv, 3 heures retour, et maintenant 5 heures de bus jusqu'à Delhi. I must be mad, mais j'avais pas le choix, tout les trains étaient bookés, mes changements de planning de dernière minute ne m'ont pas laissé le choix.

Revenons à mon présent, I am in zeu bus. Heureusement que je suis derrière car devant je serais morte de trouille en regardcant le traffic. Ma voisine de bus est une jeune étudiante, qui comme moi a un sac à dos et lit des MP3 sur son lecteur ! Et j'ai gagné la guerre des accoudoirs, pour une fois. QUand on est rentrés dans le bus, il faisait une grosse chaleur. Mais une fois démarré, clim à fond, je suis cachées sous plusieurs couches de fringues !!

Pour combler le temps de trajet, je tape ce billet, admire occasionnellement par la fenêtre tout les hotels enguirlandés sur la route à l'occasion de mariages, et surtout, vais prendre un malin plaisir à mater "Les Chtis" dans ce bus. Moi j'aime les contrastes !!!!

U2 chante à tue tête dans mes oreilles, ouaip j'ai la pêche. Subitement je revois ce visage angélique qui dormait sur une natte dehors dans la cour, malgré le bordel ambiant. Un beau petit bébé d'à peine 2 ans, j'vous jure, aux mains potelées, aux joues rebondies, de longs cils, des paupières brillantes. Il ne lui manque que des ailes. La décision de la justice concernant ses parents sera bientot prise par la Court. Car cette petite avait été violée. Mon pauvre petit ange, déchiré dans sa chair et qui dormait si paisiblement, à poings fermés.

lundi 14 décembre 2009

Le pilote nous fait l'annonce suivante : "Nous allons attérir dans 5 minutes. Le temps est nuageux.

Il fait 20°C."

20°C à 13h ???!!! Incroyable. J'ai bien fait de mettre mes converses, ma polaire QUechua et mon jean. Ca caille. Kapoor m'avait prévenu ce matin en allant vers l'aéroport. A Chandighar il fait very very cold. Je jette un oeil par mon hublot. Et là mes yeux sortent de mes orbites. Je vois des montagneuses neigeuses tout au loin à l'horizon. La premiere chaine montagneuse pré himalayenne. Elles s'étendent à perte de vue, leurs sommets sont blancs et fortement "reliéfées". I am seeing the Himalayas for the first time of my life. C'est un moment que l'on n'oublie pas, je me sens transportée dans un autre monde.

Atterrissage. Sur le tarmac il y a un militaire tout les 50 mètres pour nous accueillir, la plupart ont la mitraillette à la main. Aéroport minuscule, convoyeur à bagages microscopique, comparée à la taille de notre avion. L'aéroport est en travaux, ils vont le doubler voir le tripler pour le transformer en aéroport international d'ici qqs temps. Une famille de notre avion déboule et se fait accueillir par les siens. Ils sont tous en larmes en train de hurler leur douleur, ils s'embrassent, se prennent dans les bras, un décès sans doute. Le détail, c'est qu'ils sont à côté du bigophone de l'aéroport, encore ouvert, du coup leurs cris sont amplifiés et résonnent dans tout les hauts-parleurs du bâtiment. L'ensemble des passagers les regarde, l'air curieux et compatissant.

Driver trouvé, voiture, valise insérée avec difficulté dans le micro coffre, nous voilà partis vers le chandigarh center. On sort de l'aéroport, premier petit pouilleux. Ici ils portent des sweats et des baskets pour se protéger du froid ! Ici on klaxonne moins, il y a des ronds points partout, les hindous portent le casque en scooter et les seikhs... se content de leur turban car il n'y a pas de casques adaptés pour celà ! La ville est verte, des eucalyptus bordent la route. Beaucoup d'hommmes dans la rue, peu de femmes partout où j'irai.
 
Hotel OK, ouf, couloirs monstrueusement larges, belle moquette. Un peu comme aux USA, surement un NRI qui a ouvert ce bizness. Une femme de chambre trie les draps sales au milieu du couloir; Heu non pardon un homme de chambre, ici les femmes ne bossent pas, et cet homme de chambre arbore son beau turban et une belle cravate sur sa chemise blanche et pull marine. Steu classe pour faire tri du linge sale !

Ma chambre executive est large. J'ai acheté un pass wifi 24 heures, la belle vie quoi ! Je pourrai faire mes rdv dans ma chambre, elle est bien spacieuse pour cela. Et j'aurai tout à portée de mains, dossiers, ordi. Moushette is an executive benevoleuse, tiens, pffff !

Premier rdv, un ami d'amis indiens de mes parents. Il est docteur, sa femme aussi, et nous discutons de bon train, adoption, SOS villages (billet à venir) etc. Il va m'aider pour me trouver un taxi pour le lendemain. Et puis soudainement au détour d'une phrase anodine, il m'invite pour le soir même à une cérémonie de mariage !!! Et moi, malgré ma fatigue, ma gêne, la soirée pépère que j'avais prévu pour récupérer, je m'entends lui répondre un franc "oui avec plaisir" !!!

Une fois mon taf terminé, il ne me reste qu'une petite heure pour avoir l'air décente pour ce fameux mariage. Car OK mes autres rdv je les ai fait en jeans converse (une nouveauté pour moi !) au vu du froid ambiant... J'ouvre la pochette du pressing d'une tenue "chic" que je prends systématiquement just in case, mais zut il manque le "dupata" (echarpe) que j'ai du laisser dnas mon dressing. Je me contente d'une tenue plus modeste que j'avais gardé pour mes rdv de delhi. Ca ne m'arrange pas, mais commme son dupata est doré il fera l'affaire chic pour ce mariage de riche.

Avec un ponctualité étonnante (ils sont ponctuels et précis au pendjab, un truc de fou !!!), la femme du docteur vient me chercher en voiture. Nous allons d'abord chez eux car ils doivent se changer. J'en profite pour passer un coup de fil à une de nos familles qui est à Solur (bangalore) avec Francis, leur fiston de 8 ans, qui était aussi le compagnon de foot de Nishal lors de notre passage à Solur en Avril. Tout le monde va bien, cela se passe en douceur. Ouf je suis soulagée, car à la dernière minute notre interprète n'a pu venir car elle a eu un décès dans sa famille.

Mariage. Il fait nuit depuis longtemps, il est 20h30, un petit vent s'est levé, il doit faire 15 degrés, pas plus. Moi je suis en sandales car les converses ca ne le fait pas avec un salvar kamiz, le coton de ma tenue est bien léger, mais ma polaire me tient un peu chaud tout de même. Les bâtiments sont couverts de guirlandes d'ampoules lumineuses, c'est magnifique. Et toute la teuteuf a lieu.... dehors !!!! Glaglagla, mais ils sont fous ces haryanais !!!

En fait, il s'agit de la teuf de la veille de la cérémonie de mariage, donc semi casual, mon salvar est parfait. Ici en Inde, les habits ont une importance fondamentale. Se planter de tenue peut être interprété comme un manque de respect, surtout dans les mariages riches où les codes sont bien établis. Les femmes sont assises sur un tapis sous une tente, la future mariée danse, se prend pour une star de bollywood, et toutes les autres femmes chantent, dansent à tour de role avec elle.

Puis tout le monde passe à la mini piste de danse avec DJ, il y a plein de sieges disposés pour que les spectateurs regardent, et alors là les djeuns se mettent à danse, la musique à fond (vraiment à fond !!!). Et là, j'en reste médusée. Je le savais que les pendjabis aimaient la danse, la teuf, mais j'en reste sidérée. Ils dansent comme des dieux, avec une sensualité et de déhanchés qui seraient presque indécents chez nous. Mais ici c'est complètement naturelle. Il y a cette femme en saree, grande, menue, grâcieuse et sexy au possible. Elle porte un saree et surtout, un chemisier à bretelles très échancré dans le dos qui laisse apparaitre le tatouage de son épaule bien carrée. Et quand elle bouge, mon dieu, elle est si provocante mais sans vulgarité et avec grâce que j'ai du mal à croire ce que je vois.

Et puis y a ce mec. Résumons : jeune, beau, gaulé comme un dieu, et dansant comme un aussi !Oh la la. Il est vraiment tres bien foutu, son torse laisse deviner les pecs à la Obama sous un sous pull fin un poil moulant. Il connait les paroles par coeur de la plupart des chanson, s'éclate en improvisant des chorégraphies très pros avec ses potes. Non, Bollywood n'a rien inventé, tout est ici, et en live. Et puis y a ces petits bouts de 2-3 ans qui dansent déjà au rythme en se déhanchant avec la grâce des grands... Comme quoi ma fille (ou Roma la fille de Mimi) ne sont pas les seules à avoir ce don en Inde. Je suis assez anti "c'est dans la génétique", mais qqpart je m'interroge souvent quant à son don de danseuse, cela viendrait-il de ses origines indiennes ? J'en demeure convaincue au fond de moi...

Je repartirai congelée de ce mariage mais la tête remplie de rythmes pendjabis endiablés dont je raffole, et garderai en mémoire ces corps dansant à la perfection. Oui les pendjabis ont le sens de la teuf, et lorsque je compare la spontanéité de l'éclate d'ici et la réserve et le côté statique des occidentaux, je deviens songeuse... Ils ont ça dans la peau, dans le sang, ils ont un rapport avec le corps qu'on n'a pas en France, et cela me manque souvent en France, car moi aussi qqpart j'ai sûrement un petit côté pendjabi une fois sur une piste de danse, mais le regard des français (et leur nullité !!) me freine souvent...

dimanche 13 décembre 2009

Pas de grasse mat' pour Moushette

Pas de grasse mat pour Moushette.

Habituellement, les samedi, lorsque nous sommes à la maison c'est grasse mat'. Car moi, j'ai les enfants les plus cools de la terre, ceux qui font partie de l'élite de bambins, càd qu'ils acceptent de ne pas réveiller leurs parents et de jouer tranquillement dans une de leurs chambres (voire mieux dessiner, ça fait moins de bruit !!) en attendant que leur parents indignes emmergent...

Mais ce matin, que nenni pour moi. Je me suis reveillée vers 6h00, un peu avant mon reveil, fraiche comme une rose décongelée depuis 10 jours, car forcémment dans ces moments-là j'ai du mal à assumer les 5 courtes heures de ma nuit. Aller hop douche. Mince, le pommeau de ma douche se détache du tuyau, il ne tenait pas bien, et je l'ai achevé. Je finis donc ma douche au tuyau d'eau, les indiens sont vraiment inventifs pour trouver des trucs pour me faire sourire à 6 heures du mat!

Aller je hsjfqljfhqdskj boucle non sans mal ma valise, je soupèse, 'tin y a minimum 28 kilos, on est mal, j'ai droit à 20 sur air france. Franchement 20 c'est naze, pas assez pour moi en tout cas à chaque fois.

Je descends dans le lobby, désert. J'ai déjà payé la veille, donc je n'ai plus qu'à partir.

Kapoor prend son tchai me dit le portier de l'hotel, et effectivement 2 minutes après Kapoor apparait avec sa tasse. Prends ton temps lui dis-je, je sais qu'on a de la marge. Je jette un coup d'oeil aux trottoirs, certains emmergent, dans le paté un peu comme moi tout à l'heure.



Aller, hop en voiture. On cause un peu avec Kapoor, pr les prochaines familles à venir, pour les changements d'hotels éventuels. Dehors, encore bcp dorment dans la rue. Quand j'étais enfant et que je voyais des gens dormir dans les rues, je m'imaginais qu'il s'agissait de cadavres car mon père m'avait raconté que l'on pouvait trouver des cadavres dans les rues indiennes... Encore aujourd'hui j'ai souvent ce reflèxe macabre, tant certains corps sont maigres, immobiles et peu cachés par la crasse et les haillons.

J'observe une fillette de 3 ans se retourner dans son sommeil sur sa natte à côté d'un de ses parents. N'importe qui pourrait l'enlever, ses parents ne s'en rendraient pas compte, ils sont profondément assoupis. Il y a vraiment bcp de familles qui dorment dans la rue. Bcp plus que d'habitude, c'est étonnant car sur le chemin de l'aéroport, c'est rare d'en voir autant. Y aurait-il plus de misère en ce moment obligeant les fermiers à abandonner leur campagner pour chercher travail en ville ? Est ce les conséquences des sécheresse de cet été ? Le gouvernement n'aime pas donner cette image aux touristes fraichement débarqués de l'aéroport. Alors sur cette route-là, ils font souvent "le ménage". Lorsque j'aborde le sujet avec les indiens ils me répondent souvent : "oui mais ces gens préfèrent dormir là plutôt que d'être relogés loin où on leur propose un logement, car leur taf est en centre ville". Ouaih globalement, c'est de leur faute s'ils choisissent de dormir sur le bithume.

L'heure avance, la ville s'active. Un enfant somnole à l'arrière du scooter de son père. Il est assis à califoourchon, et fait face à l'arrière, au traffic. Il ne se tient à rien puisqu'il dort, un coup de frein de son père, et il volerait sur la chaussée sous les roues de Kapoor.

On s'arrête à un feu, apparement nous sommes à côté d'une école, le flot d'écoliers en chemise cravate à l'anglaise est incessant. Beaucoup d'enfants arrivent seuls à pied, je félicite intérieurement toutes ses mères qui laissent leurs enfants gérer sans adulte les "traversages" des rues bondées et dangereuses de Mumbai. Moi à leur place, je serais déjà morte pour de vrai d'inquiétude avant que Nishal n'atteigne le collège de les savoir seuls dans les rues indiennes ! Certains enfants sont tout de même accompagnés, et pas mal de mères sont voilées, d'autres garçons affichent leur religion seikh, on le voit au chignon naissant sur leur tête à l'avant de leur crane caché sous un micro turban. Car oui, les seikhs ne se coupent jamais les cheveux, pfffff je trouve cela dingue, je ne m'en remets toujours pas de ce concept. Les épilations au laser ne doivent pas faire fortune au Pendjab, ça c'est sur. QUel lien peut-il y avoir entre sa foi et les tifs/poils ??? Cela me laisse perplexe, menfin bon chacun son truc après tout.

On arrive à l'aéroport, y a de l'ambiance, je ne suis pas la première comme à ROissy ! Un grand sardardjee (seikh) nous accueille à l'entrée, il faut d'abord lui montrer le e-ticket et le passeport. Il feuillete mon passeport, ne trouve pas la page avec ma photo. Il se contentera de regarder celle de mon visa (avec photo aussi) ! Pour le sérieux, on repassera.

"Good mornig Missus". Ouaih comptoir Jet, y avait la queue. Je hisse ma lourde valise on zeu tapis. 27,5 kg, les bouuuuuuuuuules. Oh la la, ca craint. Ils vont me chauffer sévère à delhi, faudra que je prévoie de venir tot à l'aéroport pour les négos...

Bon, checkin fait, ouf le meilleur moment de la journée arrive : Mon capuccino comme d'hab au Coffee shop. VOnt-ils faire un beau coeur avec la mousse comme à chaque fois ? Pour une fois, pourrai-je me vautrer dans un de leurs canapés ? Je monte les quelques marches et croise 4 femmes voilées, et (leur ?) mari portant un enfant. Mmmm ptete qu'ils ont libéré un canapé ? J'arrive, oui plusieurs canapés sont libre, yeaaaaah ! Je me vautre, bonheur, mais ils sont moins moelleux qu'à roissy. J'ouvre fébrilement mon ordi, tente les reseaux non sécurisés, mais rien ne passe. Deg'. Le mythe de la wifi dans les aéroports s'éffondre, je vais peut être étudier les clés 3G (sont pas chères en Inde)... Pas grave, je taperai une chronique pourle blog à défaut de checker mes mails. Arrive mon capu, avec son coeur, je savoure...

Le temps passe à la vitesse d'un éclair avec un ordi. Il est l'heure de la security check. Il y a une énorme file d'attente, zut. Oui, mais moi chuis une meuf, alors on m'indique la file des femmes, bcp plus courte, youpi ! Les femmes en charge de la sécurité n'ont plus leur masque jaune canard comme la dernière fois, dommage. La passagère dans la cabine face à la mienne, porte comme moi des converses aux pieds, stupeur !!! Pour ceux que cela passionne (les conv'), il faut savoir qu'on n'en trouve quasi pas en Inde. C'est donc un véritable produit de luxe. Je reluque celles de la fille (dorées avec un dragon dessus, hyper originales) tandis que elle mate les miennes. Elle a bien fait remonter le bas de son slim pour qu'on les voit bien, la maligne...

(Lecteurs, ne vous moquez pas de mes récits de chiffon, car il faut bien s'occuper pdt la fouille...)

Le hall d'attente est bondé. Je vois aux nombres de regards que je croise que les gens s'emmerdent, je me doute qu'il doit y avoir comme d'hab' plein de retards sur les vols, l'aéroport est en permance saturé. Je m'installe devant un écran indiquant le statut de vols, il s'affiche en hindi, puis en anglais, puis apparait un symbole bien explicite : Un cercle rouge, une barre le traverse comme une interdiction routière et à l'intérieur du cercle... il y a un revolver dessiné ! Hé oui, les armes sont interdites, quel scoop !!! Voilà de quoi me rassurer et occuper mes esprits dans des délires, le temps que le vol soit annoncé en boarding. En attendant, j'observe les voisins : une fillette joue avec une DS, une femme arbore de magnifiques tatouages traditionnels au henné sur ses pieds et mains, les sarees brodés de brillants bling bling cotoient les costards sombres/blackberry, les slims et les t-shirts westerns. Quelle mutlitude de styles vestimentaires, de couleurs de peau, de religions. Cet aéroport est bien représentatif de ce pays : coloré, agité et surtout si contrasté.

Avion : déjà pas mal plein, vite je sors qqs revues, mon ordi et telephone pr lecture MP3. J'éteins mes 3 téléphones, purée que ça prend du temps tout ça ! Je m'installe, ouvre une revue. L'avantage de l'Inde, c'est que quand on lit un gala avec en couverture lagerfeld et de fontenay, ici personne ne vous prend pour une cruche qui lit du pipole, car ici ces pipole là, personne ne les connait !

(bon et sinon le steward vient de passer : il me VEND les sandwichs et boissons, non mais je reve !!!!)

samedi 12 décembre 2009

Déambulations à Mumbai (II)

Le plus dur des meetings de ce voyage a été fait. Le stress disparait et laisse la tristesse remplir le vide qu'il laisse en partant.


Je reprends la route qui m'amène vers le centre, en contemplant ce quartier populaire que j'aime tant. J'observe les devantures bondées des échopes. Des soutiens gorges sans pudeurs volent au vent dans ce quartier musulman, juste à côté de ces femmes toutes voilées en noir, quel contraste. Ce quartier est un peu fou, je l'adore pour cela. Quand y reviendrai-je ?

Je l'espère bientot. Mais heureusement que je ne suis pas seule, je suis avec Kavita notre logisticienne-traductrice et on va manger un morceau ensemble car c'est presque l'heure de déjeuner. Elle m'emmène dans un ptit bouiboui servant du south indian? c'est la cantine des avocats, on les reconnait à leurs habits noirs caractéristiques, on est juste à côté de la high court. On discute, on papote, en français, cela fait sensation sur nos voisins, et je règle la note, 80 roupies soit soit presque un euros !! Et pourtant je me suis régalée de mon masala dosa-pepsi...

Aller, hop aurevoir Kavita à la prochaine, et j'en profite pour lui filer le "Elle" que j'avais récupéré lors de ma soirée Geekette à Paris.

Aller, j'ai une petite heure de libre, faisons un peu de shopping vite fait, j'ai des missions qu'on m'a confié dans mon bledpaumé ! L'une d'elle est de trouver du miel de la région de Coorg, là où nous étions en vacances au mois d'avril. Je sais que c'est mission impossible, car ce miel ne trouve qu'à Bangalore. Je me contente donc d'un pot de miel au fleurs de lychee (!!!) et un autre pot dans un vieux magasin de silks et cotons connu (statue de gandhi à l'intérieur, c'est un magasin qui fait travailler des petits artisans, "khadi silks je crois ?", là où j'avais acheté la soie pr le balotins de dragées du bapteme de Scarlett). J'ai aussi envie d'acheter un agenda, mais c'est une denrée rare dans ce pays, tout ce que je trouve est moche. Un petit tour à Bombay Stores pour choisir des trucs pour le nouveau bureau que le père noel va ramener à Scarlett, une déco pour notre porte d'entrée, un truc pour Olympe la gagnante de ma dernière devinette (j'avais coooooomplètement oublié lundi !!!!)... Mon panier se remplit vite, et je commence à sentir que je vais être overweight sur mon vol de retour vers Paris... Et puis je trainasse, je revasse, je marche enfin lentement, sans stress. Mon luxe c'est de prendre mon temps, regarder autour de moi. Je rentre dans un vieil immeuble victorien pour admirer l'architecture, "for members only", je ne verrai que le hall, mais c'est magnifique. Je suis seule, j'ai qqs minutes pour moi, alors j'en profite pour faire ce que je ne fais pas d'habitude, lever le nez, observer, admirer. Mon luxe à moi.

Après l'achat d'un paquet de banana chips pour ma tante qui viendra fêter Nowel avec nous comme tout les ans, je sature de ces boutiques gorgés de touristes (bcp de français !) en cette saison touristique d'hiver. Je prends donc un taxi pour mon hotel, du taf m'attend, pas raisonnable de trainer plus. Il me coutera 20 roupies, that's all !

Hotel, je check mes mails, vive la wifi. Une connerie sur FB, un billet sur le blog, qqs coups de fil, le temps passe. Un flash passe par ma tete. Tiens, si je confirmais mon pickup du lendemain à l'aéroport ? J'appelle l'hotel, le gars ne parle pas bien l'anglais, et soudain il prononce un "no res.tion" et raccroche sans crier garde. Je rappelle et j'ai la confirmation de ce que je redoutais, ma résa n'a pas été décalée comme j'avais demandé par email et maintenant ils sont full. M...DE. Vite il me donne le numero d'un autre hotel, vite je l'appelle, ouf, j'ai une résa mais d'une chambre exécutive, plus chere que le premier hotel. Malgré mon état de désespoir, je négocie un -10% et comme les taxes sont incluses, ca devrait aller pt de vue budget. Bien sur j'organise mon pickup à l'airport, ouf tout est en ordre maintenant, rilax Moushette.

Je fais ma valise. Ouh la la, la déco de ma porte d'entrée (des mini muppets rajasthanis disposées sur un long bout de bois vertical, ça au moins mes chats ne pourront pas le broyer) est ultra longue, rentrera-t-elle dans ma valise ??? Oui en diagonale, en forçant un peu ca passe... Un centimètre de plus, et j'étais mal !! Je ferme la valise avec difficulté, ouh la la, stress, ils vont me tuer à Air France avec tout ce excess luggage (ou me bouffer tout mes miles). Bon j'ai encore pas mal de boites de chocolats à offrir d'ici mon départ. Et y a mon manteau dedans aussi.

Ma cousine m'appelle, déjà elle arrive, mais j'ai pas fini mon taf moi ! Je me rue sur mon téléphone et portable pour expédier les urgences. Elle me rappelle, elle est en bas, mais je suis en pleine conv téléph'. 10 minutes plus tard, je descends, elle dort dans sa voiture. Je fais signe à son chauffeur de ne pas la réveiller, file au lobby changer un peu d'argent, puis fonce dans un bouiboui refiller de 500 INR la chip de mon téléphone. Je reviens à la voiture de ma cousine, elle emmerge, on part à pied au restau Balwas juste à côté de mon hôtel. Sur les trottoirs, il y a quantités de familles installés pour la nuit. Deux petits boulets de 2 ans culs nus jouent comme des foufous avec un bout de papier. Voyons le côté positif des choses : lorsqu'un enfant est cul nu, au moins vous êtes sûr de ne pas faire une erreur de sexe lorsque vous dites au parent "Qu'il/elle est beau/belle votre fils/fille !". Bon, c'est sûr, ce n'est pas tout les jours qu'on s'adresse à un parent SDF pour lui sortir de tels propos. N'empêche que la tentation est grande, tant je trouve ces enfants craquants...

Sur le trottoir d'en face, une longue file d'attente s'est organisée. Comme tout les soirs, la mini mosqué qui juxte mon hotel fait la distribution de repas gratuits pour tout les musulmans du coin. Et moi je m'achemine dans toute cette pagaille vers mon resto chic où parait-il les tandooris sont divins... Avec un peu de honte, reconnaissons-le.

Divins, ils le sont, ainsi que son lassi (boisson au lait sucré), son kulfi (glace indienne...). Comme à notre habitude, on se bat au resto avec Janet, et tout nos voisins nous regardent interloqués. D'abord on se bat pendant le repas, car Janet veut toujours me faire TOUT manger et elle rien ! A chaque fois que j'ai le dos tourné, ou l'oreille collée au téléphone, elle me remplit mon assiette en douce !! Un jour on finira par se lancer du palak (épinards) à la tronche si ça continue !!! Puis arrive la bataille finale, égale au bouquet des feux d'artifices du 14 juillet. Aujourd'hui, je sais d'avance que je vais gagner, car je m'étais positionnée stratégiquement à table face aux serveurs, de façon à anticiper ma riposte : j'attrape l'addition avant que le serveuse ne la pose sur la table, ma cousine se met à hurler et péter le scandale, tente de mettre sa carte de paiement dans la main de serveur, moi je saute sur un billet de banque, la fout dans la poche à addition, arrache la carte des mains de ma cousine et file l'addition au serveur interloqué devant tant de violence !!! Qui a dit que les asiats' étaient pacifistes déjà ? Quant à nos voisins, ils ont arrêté de manger et nous regardent bouche bées.

On sort du resto, j'ai le ventre bien rempli, deux repas le meme jour, waow. Mais mes tripes se tordent en voyant les gens dormir sur le trottoir, enfants aussi bien sûr. Il fait noir, on cause à fond avec ma cousine, nos derniers instants ensemble, le niveau des ragots s'intensifie.

Et soudain, j'évite la pire des horreurs. Je manque de qqs centimètre de marcher sur un pauvre malheureux dormant sur le trottoir. Quelle horreur. Il n'y a pas de mots pour décrire ce que je ressens. Je me dégoute presque. Ma cousine n'a rien vu, et cause de plus belle.

Retour à la chambre 109, je pense à ce gars, les culs nus, je regarde l'espace dans ma chambre, mon double bed, et eux dorment dehors à quelques mètres de moi...

vendredi 11 décembre 2009

Déambulations à Mumbai (I)


Jeudi soir, j'ai enfin pu prendre un peu de temps pour me promener tranquillement dans le centre touristique de Mumbai. J'avais la vessie pleine, mais n'avais aucune envie de poser mes fesses chez Leopold pour profiter de leurs toilettes, du coup j'ai décidé de me retenir et profiter de la ville plutot que de la salle blindée de touristes et de leurs toilettes douteuses.


J'ai d'abord acheté un téléphone et une nouvelle chip (puce) pour l'assoce. Rien de plus simple pour la puce, il suffit de donner une photocop de son passeport, une photo d'id et le gars vous donne une puce qu'il charge de la somme de roupies que vous souhaitez. Ensuite l'on peut la recharger dans n'importe quel  bouiboui de la ville vendant ce genre de service. Le tout dans un magasin de 5 m2 ! Puis ce fut le nouveau téléphone. J'ai opté pour un Nokia basique, fin,costaud et fonctionnel (et qui peut lire une mini carte donc je peux aussi l'utiliser en lecteur MP3 !!!) . J'ai réussie à gratter 400 INR en négos serrés dans le magasin tres tres tres chic chez nokia climatisé à outrances aux moultes vendeurs oisifs limite depresifs, où habituellement rien ne se negocie ! Mais je suis de tellement de mauvaise humeur que plus rien ne me fait peur. Et ca doit se sentir dans la partie adverse.

Puis je vais chez mon favorite silver shop. Juste à coté de la synagogue où les pauvre juifs ont été massacrés l'année dernière. J'achète qqs trucs reproduisant des bijoux anciens, dont les prix sont fixés au poids et donc en principe fixes. Mais foi de Moushette, je ne vais aps acheter au prix normal non mais, j'entame les négos. Mon argument clé dans ce magasin est de dire que je viens de la part de ma cousine Djanet qui bosse à la Merryl Lynch et  qui leur achetait auparavant bcp de cadeaux clients Merryl Lynch. ENfin qui bossAIT la bas, car ca fait 2 ans qu'elle a changé de taf. Mais sa réputation et le discount que j'obtiens restent les memes (-15% et des grapillades par la suite !) c'est ce qui compte...

Puis je m'enfonce dans la rue à magasins de conneries la plus touristique de la ville, Colaba. Ai envie de rien, je broie du noir, et c'est toujours aussi relou de se faire harceler tout les 3 mètres par les vendeurs. Bcp me prennent pr une indienne et me cause en hindi, bonne excuse pou ne pas répondre, comprends pas !!! Mais un petit éléphant kitch attire mon attention. Le souvenir de la voix d'uen des bénévoles de EDE rententit dans mon cerveau "Ce serait bien d'avoir plus d'éléphants pour la vente de EDE". J'observe que l'éléphant est placé parmi d'autres dans une boite sympa et pratique. Je demande le prix au vendeur, fais un rapide calcul dans ma tête et propose un prix à -70% si j'en prends 12 !! Le mec rechigne, moi je ralasse, et j'obtiens ce que je veux après qqs échanges secs. Et le tout est dans mon sac en moins de 3 minutes !!

Je marche dans cette ruelle, observe les indiennes grasses en train de négocier, je les compare à la beauté absolue de cette jeune fille pouilleuse, maigre et majestueuse, vetues de haillons multicolores, mendiant dans la rue. Et elle le sait qu'elle est belle, elle en joue avec ses clients, ses regards aguicheurs arrogants sont là pour me le prouver.

Mes pieds m'emmenent au central cottage emporium, magasin d'état pour le handicraft. Hop qqs cadeaux de nowel, hop un cadeau de naissance. La tristesse ne m'a toujours pas quitté. Mon envie de pisser non plus !

Je sors du magasin, que faire ? Allons voir le Taj tiens. Le soleil est couché, il est 18h00. A ma grand surprise il y a des lumières dans la tour moderne. Le bizness a repris. On peut enfin marcher devant l'ancien batiment. Les restos et les bars battent leur plein on voit l'activité de l'extérieur, tandis que le taj résonne des bruits de marteaux, fers à souder et perceuses. J'observe des magnifiques chandeliers, les murs peints d'un rouge écarlate. Rouge comme le sang qui y a coulé il y a un an.

Devant, il y a des vendeurs de cochonneries sur le trottoir, un sur 4 est un enfant. Quoi de plus normal en Inde ? On s'y habituerait presque. Mais non, n'oublions pas, c'est du child labour. Peut etre que cet enfant va quand meme à l'ecole le matin ? Pfff j'en doute, vendre des tongs est un investissement avec retour immédiat pour ces parents pauvres. Que faire, doit on jeter la pierre à ces parents, dénoncer, engueuler ? Je me sens un peu triste et impuissante devant ce child labour que je vois partout.

Coup de fil sur mon nouveau portable. Ma cousine vient me chercher. Elle me retrouvera devant Leopold sur colaba. Enfin sa voiture et là. Je rentre dans la gnolba toute neuve de ma cousine. Position assise, mince c pas bon pour ma vessie ça. En plus la clim est à fond, ca ne va pas etre simple pour se retenir!!!

Mais la bonne humeur de ma cousine m'envahit, j'arrive enfin à raccrocher mon lourd fardeau et penser à autre chose, vive la famille ! On s'arrete devant notre resto préféré (fruits de mers, gambas, poisson), elle file un pourboire à son driver pour qu'il se paye un diner, et je me rue aux toilettes. A l'occidentale, ouf, par contre pas de PQ mais à l'indienne càd  un brot d'eau. Pas de PQ normal car aucun touriste vient dans ce resto. Pas grave, pas grave. La vie est belle car enfin ma vessie est vide. Retour à table, on cause on cause. Je dévore mon pomfret (poisson spécialité de mumbai) tandoori avec un tchiz naan. Faut dire que l'idli tchaï de mon petit dej est bien loin, j'ai une fois de plus zappé mon déjeuner ! Ma cousine me fait découvrir un beuvrage excellent comme un lassi salé coupé à l'eau avec des épices douces, parait que ca fait digérer. On discute à batons rompus, j'ai un peu le tournis car ma nuit  insomniaque de 3 heures de sommeil commence à se faire sentir. On rentre dans la voiture, tout en causant de son voyage aux USA, du mariage à venir de ma cousine en Allemagne. Pendant qu'elle répond à un appel sur son bberry, mes yeux s'attardent devant ces familles de chiffonniers, pouilleux parmi les pouilleux, assis sur la chaussee entre deux voitures garees, en train de trier papiers sales et plastiques usés. Un petit enfant de l'age de mon fils transporte un gros balot sur son dos, on est en plein cliché, et ici tout ceci parait si naturel, en plein quartier chicos à 50 mètres de notre resto.... Mon pomfret représentait sans doute 3 ou 6 mois des revenus de cette famille ? Je ne suis bonne en calcul mental que lorsqu'il s'agit de négocier, cette fois ci cette regle de trois est trop pénible à calculer. Car le résultat fait trop peur.

Rentrée à ma chambre, qqs emails urgents, un petit DH sur mon ordi pour décompresser de tout, et hop extinction des lumières. Je dormirai 7 heures, enfin, cela faisait qqs semaines que je n'avais pas autant dormi d'affilé. Juste avant de fermer les yeux, je vois l'orphelinat, ces enfants rencontrés le matin, les chiffoniers, les enfants salesmen, un mendiant au corps déformé comme un caoutchouc par une maladies bizarre. La digestion de mon pomfret me berce, je pense à ma famille si loin, ça y est enfin je dors dans ce grand lit dur.

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