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mercredi 30 janvier 2013

Peurs...

The Scream - Edvard Munch


La peur.

La peur est un sentiment que nous côtoyons tous au quotidien dans nos petites vies : peur de perdre un proche lorsqu'il est malade ou lorsqu'il se met volontairement en situation de risque, peur de perdre son enfant lorsqu'il grandit et s'envole vers son autonomie, peur de perdre son travail et de ne plus pouvoir payer toutes les factures à la fin du mois, peur d'être encore trahi, peur de mourir lorsqu'on sent son corps et son esprit vieillir, peur de ... , peur de... Peurs. Il y a aussi la peur des inconnus, la peur des gens différents de nous qui peut se transformer en racisme chez les adultes ou en moqueries dans les cours de collèges, d'écoles. Nos vie sont peuplées de peurs, petites et grandes, il y en a tant et nous devons cohabiter avec.

Comme tout le monde, j'ai les miennes, que j'essaye d'analyser, décortiquer afin de pouvoir mieux les dominer ou tout du moins les accepter et vivre en harmonie avec, sans qu'elles ne prennent le contrôle. J'essaye de lutter contre la paralysie qu'elles génèrent : je les écoute, les comprends et les digère mais je continue d'avancer bien qu'elles soient toujours là.

La peur, les peurs,  je les ai côtoyées dans l'adoption, bien évidemment. Une parentalité atypique par rapport à la sacro-sainte biologie, quoi de plus logique ? Peur bien sûr avant de devenir le parent de chacun de mes enfants comme tout "parent-to-be". Oui, j'étais taraudée de peurs, de doutes et de questions avant la rencontre. Et à chaque fois, mes peurs étaient infondées, puisque les problèmes rencontrées étaient bien ailleurs que là où je les redoutais ! Ah, les surprises de la parentalité, nos vies seraient si linéaires sans elles, adoption on pas...

Et puis bien sûr des peurs j'en ai eu pas mal, oui même beaucoup pendant ces 8 ans de bénévolat en OAA. Des peurs, des doutes, des prises de tête à n'en plus finir. Mais comme pour mes propres peurs familiales, elles étaient pour la plupart totalement infondées, et les tristes surprises sont arrivées là où je m'y attendais le moins. Dans les périodes de grandes difficultés, ces épreuves pour tous ont eu un lourd impact sur mon moral et mes motivations : doutes, peurs et incertitudes ont fait leur grand retour, j'ai cherché, cherché et encore cherché à comprendre, sans juger, sans accuser, juste comprendre. Mais j'avais peur d'avancer, de recommencer. Et puis avec le temps, les peurs et leurs copines sont retournées dans leur terrier, et j'ai pu continuer d'avancer. Avec certes moins d'illusions, mais en regardant en avant plutôt qu'en arrière.

Aujourd'hui je me pose encore et souvent la question, sur ce qu'est "une adoption à risque". On a tant entendu parler des ces enfants appelés "à risque" souffrant de troubles de l'attachement. Et que dire de tous enfants que beaucoup de spécialistes regardent d'un mauvais oeil : les enfants grands, les fratries, les dossiers aux vécus lourds.... Pour eux, je ne me pose pas trop de questions, je les regarde simplement s'épanouir ou faire face à leurs épreuves avec leur étonnante résilience. Leur capacités de reconstruction ou de construction me laissent encore et encore sans voix. Je les kifs tous, un par un, je les trouve tous admirables.

Mais revenons à nos moutons de "l'adoption à risque" et abordons le sujet essentiel de ce billet : les "familles dites à risque". Les célibataires sont souvent les premiers pointés du doigt par les professionnels, les couples âgés aussi, d'autres jettent la pierre aux familles divorcés. Des professionnels lancent des avertissements, appellent à la vigilance ou brandissent la menace de "l'échec". A peur... A trètrèpeur.... Pourtant, pour chacune des ces familles "atypiques", je vois tant d'adoptions belles et épanouies, j'ai terriblement du mal à généraliser ou leur coller l'étiquette du risque d'échec ! Et je souris souvent aux raccourcis trop réducteurs...

Les seuls risques que je connaisse chez les familles et que j'ai réussi d'identifier dans les postulants avec un vrai projet parental, c'est celui des familles mal préparées aux réalités souvent difficiles de l'adoption, et/ou trop dans un imaginaire rigide de leur enfant, et/ou très peu disponibles matériellement pour consacrer tout le temps qu'il faut pour leur enfant.

Pour ce dernier point, vous pourriez me répondre que les célibataires sont seul(e)s pour élever leurs enfants, et donc qu'ils sont moins disponibles que les couples. Il est vrai qu'élever seul(e) son ou ses enfants demande une énorme disponibilité matérielle et affectivité. Point de vue perso, dès que je me retrouve seule avec mes enfants, je rame, et j'envoie des palmes virtuelles à tous les parents solos que je connais (divorcés, veufs, ou solos par l'adoption) qui élèvent leurs enfants avec brio !!!  Les familles monoparentales que je connais, que je côtoie ou que j'observe me donnent  pour la plupart une telle impression positive que je n'ai qu'un mot qui me vienne à la bouche : RESPECT. Respect de leur façon d'élever leur enfant malgré toutes les contraintes et frustrations. Dans le cas de certaines adoptions j'ai aussi un énorme respect pour ceux/celles qui ont accepté l'apparentement d'enfants qui seraient sans doute encore à l'orphelinat s'ils n'avaient pas dit oui malgré des dossiers lourds qui ont fait peur aux autres familles.

Du fait de leur différence, de leur statut parental, je les vois se préparer, se rendre disponibles et écouter leurs enfants d'une façon souvent bien plus complète que les parents "de base". Et pareil pour les "vieux", les "recomposés/divorcés", il y a tant de familles que j'observe de loin avec un profond respect et une infinie reconnaissance pour le bonheur et l'épanouissement qu'ils apportent à ces enfants nés en Inde ou ailleurs. Leurs différences, décriées par certains semblent au contraire à mes yeux être leur force, et ils les transforment en atouts ! J'ai si souvent entendu cette phrase "La différence, je sais ce que je sais puisque je l'ai vécu et je la vis encore. Cela me permettra d'aider mon enfant à surmonter les difficultés liées aux siennes."

De la même façon que pour les adoptions à risque, j'ai envie de me poser la même question dans le sens inverse : qu'est-ce-que l'adoption parfaite ? Bin oui tiens, c quoi l'adoption parfaite et idéale ? Côté enfant c'est archi fastoche : les enfants parfaits, je les ai vite identifiés....

Bin ce sont les miens !!!! (bon sauf quand ils font pipi à côté de la cuvette, qu'ils m'arrachent les tympans au milieu d'un doux rêve ou qu'ils dégomment mes scores sur notre console familiale..). Plus sérieusement, l'enfant parfait pour moi, c'est celui qui veut être adopté et qui a de l'amour à donner à une famille qui lui rendra bien. Voilà en quoi se résume pour moi un enfant parfait. D'ailleurs je le répète souvent aux miens : ils n'ont pas à être parfaits ou à s'en rapprocher puisqu'ils sont des enfants ! Etre un enfant me suffit à être comblée par leur présence et leur amour.

Et côté parents hein ? Quel est le parent idéal, donc sans ou alors avec très peu de risques pour aboutir à l'adoption parfaite ? Rapidement, on imagine les parents  hétéros, beaux, intelligents, tolérants, sveltes et aussi parfait que ceux qui vont adopter Penny dans le dessin animé Bernard et Bianca de W. Disney. Et puis viennent à l'esprit à la ramasse les contre-exemples, ternissant cette image parfaite de l'apparente famille idéale... Existe-t-il donc un profil de parent idéal pour l'épanouissement des enfants qui évite tous les risque menaçants ? Un arbre magnifique et parfait d'aspect ne cache-t-il pas souvent la forêt remplie d'ogres affamés ?

Il y a 8 ans lorsque j'ai démarré mon travail de bénévole en OAA, j'étais une "bleue", remplie d'étiquettes, de peurs et d'aprioris. J'ai vécu ces 8 ans les yeux écarquillés, émerveillés, et toutes mes étiquettes sont tombées les unes après les autres. Et j'ai en tête beaucoup de mercis pour le courage des parents, leurs disponibilités, malgré les épreuves et sûrement leurs peurs qu'ils ont du affronter. Lorsque certaines familles viennent me saluer et me remercier une fois l'enfant arrivé en France, mon coeur a souvent envie de leur dire merci, merci de nous avoir fait confiance, merci pour cet enfant, merci d'être là pour eux et de leur offrir votre famille.

Aujourd'hui, des peurs, j'en ai encore et j'en aurai toujours, mais j'ai appris à les mettre à leur place au fond de leur terrier : leurs fréquents hurlements me servent d'alerte pour rester vigilante, mais elles ne m'empêchent plus d'avancer ou de faire confiance en l'avenir et dans les hommes, petits ou grands. La peur est indissociable de la parentalité ou de l'attente avant de (re)devenir parent, faut bien que je me fasse une raison, elle sera là pour chacune des adoptions que j'ai la chance d'aider ! Il y a des risques partout, quelque soit le profil du parent, et ces risques sont rarement là où on s'attend à les voir. Alors mes "étiquettes à familles risquées", cela fait longtemps que je les ai mangées, et je préfère aider, préparer et discuter avec chaque individu au cas par cas, loin des généralités menaçantes qui ne leur sont d'aucune utilité !

Certains doivent sans doute penser que je suis une tête brûlée inconsciente et utopiste. Que mon côté Laura Ingalls est risible, et que je généralise trop moi aussi, dans un monde rose bonbon sans étiquettes sur les familles. Ils ont peut être raison après tout. Difficile de faire passer toutes les nuances de mes pensées dans un billet déjà trop long.

Moi j'ai envie de croire en l'homme, aux hommes quels qu'ils soient. Et d'avancer avec eux, au cas par cas, selon leur rythme et leurs capacités. J'aspire encore et encore à un monde où les différences sont acceptées par tous et deviennent nos richesses. S'embourber dans la peur et les aprioris et ne pas avancer est contraire à ma philosophie pourtant naturellement prudente. J'ai choisi d'avancer et d'y croire...




Et vous, lecteurs chéris, vos peurs sont-elles aussi comme les miennes ?...

jeudi 16 février 2012

Je ne pensais pas...

Je ne pensais pas, non, je ne pensais pas que pourrais abandonner aussi lâchement et aussi facilement ce blog qui m'était si cher, sans regrets ou culpabilité. 

Je ne pensais pas qu'aussi tôt je pourrais en parler au passé dans ma vie réelle : "Avant, j'avais un blog...". Mais depuis l'arrivée de Gabriel dans notre famille, ma vie réelle a pris le dessus sur le temps que je consacrais à la vie virtuelle de Moushette, et petit à petit, j'ai perdu le goût au blogging, et mon inspiration et le temps s'étaient volatilisés vers d'autres projets bien réels, vers ma vie de famille heureuse que je savoure (heureuse mais nombreuse, j'ai beau changer d'organisation, chuis toujours tout le temps à la bourre et en mode bordel !!!!) et EdE qui redémarre comme une flèche avec la CARA qui sort de son inertie pré-centralisation...

Alors, le blog, la vie virtuelle, tant pis, à la trappe. Les seuls choses qui avaient réussi à survivre du virtuel étaient les twits de certaines  de mes lectures, et qqs délires occasionnels sur FB pasqu'il faut pas déconner non plus !

Hier soir, je bossais pour EdE, jusqu'à une heure indécente de la nuit, aller 1h45 du mat, je l'avoue. Je termine mon dernier dossier, ferme le site de la CARA et me mets à réfléchir à mon taf de bénévole. Nul doute, la nouvelle centralisation de nos dossiers indiens me fait travailler autrement qu'avant, et a changé ma perception des choses : avant je me démenais avec le reste de mon équipe pour trouver une famille pour "nos" gosses indiens et faire avancer leurs dossiers à coup de harcèlement, relances permanentes jusqu'à leur aboutissement. Je bossais pour ces gamins qui m'avaient fait craquer grave lorsque je les avais croisé en Inde ou bien dont je connaissais l'environnement indien, puisqu'ils vivaient dans des orpheux dont je connais bien le personnel et avec qui je cause souvent. Tout en étant totalement raccord avec leurs parents puisque moi même j'étais parent grâce aux travail des bénévoles de notre OAA et que la niack que je reçois d'eux via nos délégués, nos rencontres aux rassemblement EdE et leurs dossiers que je gère, me boostent aussi.

Non, maintenant avec la centralisation, je bosserai pendant de longues heures uniquement pour que nos postulants puissent embarquer sur le grand navire centralisé de CARINGS pour naviguer de longues semaines vers leur enfant qui sera sans doute pour moi un parfait inconnu vivant sur des terres inconnues... (à la relecture, je tiens à préciser que cette métaphore, n'a rien avoir avec le postulant à la présidentielle qui se la joue Capitaine igloo du bateau  qu'il va nous promettre de faire naviguer jusqu'à Paradise Island.....). A la question "pourquoi donc tu fais ta bénévole?" je répondais souvent avant par un "bin pour les gosses que j'avais croisé en Inde et qui m'empêchent de dormir tant qu'ils n'ont pas une famille". Maintenant, avec la centralisation je remplacerai peut-être de temps en temps cette réponse par un  "pour des gosses que je ne connais pas encore"... Ouaih, je bosse pour des gosses virtuels point de vue imaginaire, mais bien réels qq part en Inde. La centralisation rend une partie de mon travail un peu plus abstrait et plus "postulant-oriented" car il y a une nouvelle grosse charge de travail en pré-attrib'. Mais finalement il reste tout aussi passionnant, car toute l'Inde sera à la portée de nos familles et donc de moi... J'ai confiance, je suis remplie d'espoirs pour nos familles en attente de la bonne nouvelle, et j'y crois.

Mais ce n'est pas de tout ça dont je veux vous parler dans ce billet, non non. Cette nuit-limite-matin donc, je finis mon taf, et comme à chaque fois que je termine à des heures pas possible, plutôt que d'être une jeune femme raisonnable et m'éclipser vers ma couette, je m'accorde une petite pause récréative virtuelle débile. 1h-3h est souvent le créneau horaire des recherches les plus improbables sur Google. Je tape un prénom et le mot adoption que j'avais bien souvent tapé depuis de longs mois sans succès. Et là, surprise, apparaît un nouveau lien que je n'avais jamais exploré et qui me parait bien prometteur...

Je clique dessus, le blog apparait, un sourire aussi lumineux que celui que j'avais laissé là-bas en juin 2011 illumine mon écran ! C'est celui du super-pote-binôme-d'orpheu-inséparable de Gabriel, qui a un an de moins que lui, et dont les parents devaient venir le chercher peu de temps après notre voyage ! Il n'a pas changé le petit bou, il va bien. J'en pleure de chaudes larmes... Des larmes d'émotion bien sûr, mais surtout de soulagement, car depuis ces longues semaines je pensais souvent à lui, me demandant avec inquiétude s'il allait bien, s'il était heureux, comment était sa famille, si peut être un jour on aurait de ses nouvelles etc. Ouaih, en tant que mère poule de tous les gosses de la terre, je me faisais du mauvais sang pour lui...

Le lien sur lequel j'avais cliqué était un billet du blog de son papa, et mon Dieu, quel blog ! Moushette est une mite à côté du sien, le père est une star dans son genre, et son blog est méga fourni, fleuri, illustré et commenté (dc à très forte audience) ! Il déborde d'énergie, d'amour, d'émotions, d'humour. Leur projet d'adoption est abordée avec pudeur, subtilité, tendresse, et amour, dans un style qui me convient à la perfection... Ce blog évoque l'adoption de S bien sûr, mais surtout bien d'autres choses, notamment au niveau professionnel du mossieur au profil très atypique, leur état d'esprit, leur philosophie de vie. Je découvre par bribes la vie de S de l'autre côté de l'Atlantique, les similitudes avec le parcours et les progrès de Gabriel, et en plus j'y trouve de nombreux points communs surprenants qu'ont nos deux familles (bin tiens juste ça : le père est un sacré blogueur, bon ça vous l'aviez deviné, avec un humour caustique assez trempé, et il est bénévole pour une assoce qui fait des parrainages autour de la planète !!!!!)...

A l'heure à laquelle je vous écrit ce billet, je ne sais pas s'il y aura une prise de contact et si tout ça ira plus loin qu'un simple looking de nos blogs respectifs. Les USA dorment encore, et mon MP n'a sans doute pas été lu. Mais je me prends à rêver, et me sens légère d'un poids qui me taraudait depuis ces longues semaines : S va bien, S est  heureux, youhouuu ! Oui, ce petit S a tenu un rôle essentiel dans la vie de mon Gabriel, alors il a une place dans mon coeur aussi. Mon travail au sein d'EdE m'a fait voir à maintes reprises à quel point ces amitiés d'orphelinats sont incroyablement fortes et structurantes pour nos enfants adoptés "grands" (enfin pas si  grands que ça pasque Gab' n'était pas ce que je considère comme "vrai" grand lorsque nous l'avons adopté !). Je reste toujours aussi émue de voir les "retrouvailles de gosses" à nos rassemblement EdE, et de revoir les enfants jouer ensemble, comme avant, comme si un fil invisible en or les reliait à tous jamais...

Ah, cette adoption d'un "plus-grand-que-les-deux-ainés", m'amène vers tant de richesses, d'émotions que je ne connaissais que de loin, pour l'avoir vu souvent chez les autres... Quelle merveilleuse aventure, quelles surprises pemanentes avec cette adoption différente, quelle chance j'ai de pouvoir vivre tout cela avec mon coeur et avec mes tripes au sein de ma famille... C'est aussi cela qui me tient éloignée de ce blog, je savoure, ce digère, je vis cette adoption de "grand" et la transformation de notre famille à fond..

Gabriel nous a pendant longtemps parlé de ce pote S, on sentait qu'il y tenait et il confirmait les dires du personnel de l'orpheu. Qqs jours avant Noël, Gabriel avait éclaté en sanglots un soir dans son lit à l'heure du coucher, snas doute rongé par un flashback blues et la culpabilité, en me demandant si tous ses potes en Inde avaient une famille comme lui et avaient quitté l'orpheu (et donc allaient avoir un Noël aussi génial que le sien). Régulièrement il me fait reconfirmer l'information comme quoi tous les enfants qu'il a laissé derrière ont bien été adoptés comme lui... Je sais que S tenait une grande place dans son coeur, Gabriel a d'ailleurs pleuré  le jour où il m'a dit "S, ce n'est plus mon copain, maintenant mes copains sont "machin" "truc" "bidule"....", comme s'il en avait fait à regret son deuil malgré lui. Ces larmes là, ces tristesses là, je le sais, elles viennent du fond du coeur de Gabriel, là où sont les souvenirs de sa vie heureuse en Inde à BSSK.

Ce matin, entre le brossage des dents et le petit dej', Gabriel a pu revoir la photo de son pote sur mon écran. Il a fait un grand sourire en le reconnaissant, encore plus grand que d'habitude, aussi lumineux que celui que j'avais affiché sur l'écran. Il me fait qqs commentaires sur ce qu'il voit, le sourire aux lèvres. Gabriel avait enfin eu la preuve que ce que je lui disais était vrai et que son pote avait bien quitté l'orpheu, et que lui aussi avait comme lui une vie familiale heureuse. Rien que de pouvoir donner ça à mon Gabriel, c'était génial, magnifique et magique, et ça me comble. It just makes my day... Tout ça grâce à un blog. C'est chouette les blogs quand même... Comme quoi, comme quoi.

Alors voilà, c'est à cause de tout ça que je vous déclare officiellement que....








Moushette renaît des ses cendres, et est de retour sur le blog !!!!


Et ça vraiment, jusqu'à hier soir, je ne pensais pas que ce serait possible de nouveau...

(par contre en termes de fréquences de billets, là on verra, hein...)

vendredi 14 janvier 2011

Stats 2010


Désolé mes ptits clous, mais moi j'ai pas envie de faire une analyse poussée ici (pas l'temps !), d'autant plus qu'Anne le fait très bien sur son blog  pour l'Inde et EdE (intéressant de voir les tranches d'age des parents).

Et gwendo y va de son analyse aussi !

En résumé pasque quand même, pour ce qui concerne mon nombril :
 
- l'Inde est 21eme au top 50 des pays.
 
- EdE est 27eme sur 39 OAA en nbre d'arrivées avec 20 adoptions inde et 1 Lituanie. 27/39. Small is beautiful, c'est ça le dicton ? Pourvu que nos politiciens continuent à le croire...
 
- Sur les 21 arrivées indiennes, y en a 20 de EdE (oui EdE reste le seul OAA barge à vouloir encore bosser avec l'Inde).

lundi 6 décembre 2010

Mini album mais il peut en faire le maximum !

Ok ! J'ai envie de vous parler d'un de mes petits trucs que j'aime bien dans l'adoption. Ce sont ces petits albums photos qu'on demande aux familles de constituer, et qu'on transmet par la suite à l'enfant une fois l'adoption avancée.

Il n'est pas rare que je sois le facteur de ces albums : je les remets souvent en mains propres aux petits intéressés, et c'est toujours un moment intense de voir la réaction des bambins découvrir les photos de la vie qui les attend. Car oui, j'ai souvent  la gorge serrée et les yeux humides dans ces moments là.

D'abord dans les albums, on voit souvent l'amour des parents, au vu des efforts de présentation et de choix des photos. Je les imagine en train de le préparer avec soin, et je sens tout l'amour qu'ils contiennent et qu'ils tentent de transmettre à l'enfant entre les pages... En les feuilletant avec les enfants, je rentre un petit peu plus dans leur intimité, leur amour est palpable, et j'adore broder des commentaires sur chaque photo. Je me sens habitée par eux, par leur amour, et aussi par l'angoisse des longues attentes aléatoires de nos adoptions indiennes. Et je sais qu'ils sont frustrés de ne pouvoir être à ma place...

Et puis bien sûr, il y a la réaction de l'enfant qui découvre les yeux écarquillés les bouilles souriantes de sa famille, son prochain environnement et un peu de son futur pays si différent du son environnement actuel. J'adore, oui, j'adore ces petits instants. La plupart des enfants sont immédiatement ravis, et re-feuillètent à l'infini les pages de l'album avec moultes commentaires. D'autres sont silencieux, concentrés, avec un grand sourire aux lèvres, ils peuvent être pensifs voire stressés, et attendent quelques instants avant d'exprimer leur satisfaction. Certains enfants, au contraire, fuient ce moment en le feuilletant rapidement et en partant à la direction opposée, car la réalité est si subite qu'elle leur fait peur. Mais la majorité des enfants sont heureux dans ces moments là, et je n'ai même pas le temps de finir les commentaires de toutes les photos qu'il sont déjà en train de circuler dans tout l'orphelinat en mode frime à max, vasy que je vais faire verdir tous mes potes de jalousie. Une fois, mais ça reste une exception, un gosse a voulu troquer le précieux album contre des bonbeks avec un de ces potes, là j'étais verte !!!! Aaaaah les gossses.... Menfin globalement cela reste un moment intense entre les enfants, moi et les parents par procuration.

Outre le plaisir que celà apporte aux enfants de savoir qu'ils ont été "choisis" (car c'est souvent avec l'album qu'on leur annonce la bonne nouvelle), ces albums avant tout des outils très importants pour les enfants à se préparer à leur future vie, et  à se forger une image imaginaire et positive dans leur tête de leur famille et de leur future vie. Ils sont souvent le support au personnel des orphelinats qui les aide à se préparer au grand saut dans le vide que représente leur adoption. Plus l'enfant est grand, et plus cet outil lui sera utile, donc il est important de le constituer avec soin... Malheureusement, certains parents semblent se faire plaisir plus qu'autre chose lorsqu'ils constituent l'album, et oublient de se mettre au niveau d'un enfant, en orphelinat, indien et sûrement issu de milieu modeste..

Voici quelques trucs ou conseils à la Moushette :

- simple et costaud ! Certains parents font de magnifiques oeuvres de type scrapbooking. Perso j'adore, car ils expriment tant d'amour... Pas sûr que les gosses le comprennent, mais le personnel féminin des orpheu est souvent sensible à cela.  Mais il ne faut pas oublier que ces albums risquent d'être manipulés des centaines de fois par des mains sales et maladroites, et ils doivent être costauds et simples à manipuler...

- pas trop ! certaines familles y mettent trois tonnes de photos. Les enfants vont rarement jusqu'au bout lorsqu'il y en a trop. Et comme par hasard dans ces cas là, les photos les mieux sont à la fin...

- l'album ne doit pas être un arbre généalogique !  Certaines familles tiennent particulièrement à mettre les photos de TOUTE leur famille. Du coup les figures principales sont noyées dans le flot des photos de tous ces portraits de blancs bizarres, et les gosses ne comprennent plus qui est qui. Privilégiez donc les photos de la famille proche : les parents (portraits et de pied), freres-soeurs, gparents (s'ils les verront souvent), autres enfants qu'ils côtoieront régulièrement style petits cousins ou petits voisins. Mettez aussi les animaux de compagnie (car beaucoup d'indiens par ex. détestent les chats, ont peur des chiens, il faut donc les préparer à cette cohabitation...).  Il est préférable d'avoir plusieurs  photos des parents et frères/soeurs dans des situations diverses afin que les enfants puissent mieux se les représenter.

- L'album ne doit pas ressembler à facebook ! Plus que des portraits, les enfants aiment découvrir leur environnement, si possible avec des membres de la famille proche dessus pour se donner une idée. Donc évitez la liste de portraits figés, privilégiez plutôt les photos "naturelles" dans l'environnement habituel. Voici une liste non exhaustive de mon top 50 de photos  qui font leur petit effet sur tous ces ptits loulous lorsqu'ils sont encore toulabalaba  : la maison (l'ensemble), sa chambre, son lit, le bureau pour travailler si possible un peu garni, les jouets, le vélo, la télé dans le salon avec si possible un dessin animé qui tourne (sisisisi, ça les rassure de savoir qu'ils vont aller dans un monde où la télé existe !), les frères et soeurs travaillant sur l'ordi, la cuisine avec repas familial avec beaucoup de bonnes choses à manger (le gateau d'anniversaire a toujours un succés fou !), la voiture de papa (avec papa dedans qui fait coucou c'est encore mieux !), le jardin, la balançoire, l'école, la photo des camarades de classe, les activités sportives (si possible des frères et soeurs), les vacances à la mer, au ski etc. Privilégier les photos du quotidien récentes plutôt que les photos de mariage ou évènements formels.

- Eviter les sujets qui fâchent les autochtones. Les albums passent souvent entre moultes mains, dont celles des adultes. Pour l'Inde voici une liste d'exemples : évitons donc les photos à la "je trinque avec le rouge qui tâche en chantant une paillarde" qui fait passer les français pour des éternels alcoolos (plus sérieusement, évitons les photos à table où trainent moultes bouteilles d'alcool...), les photos en maillot de bain surtout pour les femmes et les jeunes filles (qui peuvent même faire peur à votre fille qu'elle ait "à se deshabiller" pour aller à la plage ou à la piscine puisque sa culture d'origine a une autre notion de la nudité que chez nous),  le gros sanglier rôti en premier plan (qui donnerait des vapeurs au veggies...), les connotations religieuses (genre communion) sauf bien sûr si l'enfant est élevé dans un orphelinat "chrétien" et que vous l'êtes, les fringues trop moulantes ou décolletés pour les femmes....

- commentaire : pour chaque photo, mettre un commentaire court et simple, EN ANGLAIS (si le pays n'est pas francophone) !!! Et mettez sur la couverture le nom d'origine de l'enfant, pasque quand faut trouver le bon parmi les 50 albums dans le tiroir, ça peut aider...

- Et un truc bête, non mais franchement tout bête. Parents, mettez des photos de vous souriants et où on vous voit bien !!!! Pasque bon, je ne vous dis pas lorsque j'ouvre l'album et que je découvre en même temps que les enfants des parents au regard de serials killers ou aux yeux à peine ouverts à cause d'un clignement d'oeil au mauvais moment (on sent les photos "qui n'ont pas servi, ça fera l'affaire..."). Idem pour la photo prise sur le cap horn avec vent de force 9 et grimace qui va avec, pas la pein hein... Il ne faut jamais oublier que l'enfant aussi se forge l'image d'un parent imaginaire le temps de l'attente, tout comme les parents se forgent leur enfant imaginaire de l'autre côté du globe. Faudrait pas que cela vire en cauchemar à cause d'une photo ratée...

Autre petit truc que je diffuse assez régulièrement aux familles : je leur conseille de refaire un petit album juste avant le départ pour s'en servir comme outil de préparation à l'enfant le temps du séjour en Inde. Là on customise à fond. On remet des photos mises à jour de la chambre (qui nul doute a du bien se garnir depuis le premier album), on peut mettre aussi des photos d'intérieur d'avion (la ceinture, la tablette, la ptite télé...), l'environnement encore et encore,  et bien sur la photo de la famille proche pour réviser les prénoms et le who's who.

Pourquoi un deuxième album ? Pasqu'il n'est pas rare que le premier ait été broyé ou perdu à l'orphelinat. Et que ce deuxième album peut vous permettre, à vous parents, de présenter l'environnement de votre enfant au personnel de l'orpheu (toujours triste et inquiet de voir partir leur enfant dans un monde inconnu), à votre accompagnateur indien, ou à n'importe quel autochtone un peu curieux que vos croiserez sur votre route. Personnellement, je voyage toujours avec un petit album des miens (et d'enfants et membres de notre OAA). Je trouve que c'est un excellent moyen de briser la glace avec les indiens, car ils sont friands de voir comment on vit dans notre pays mystérieux qu'est la France...

Aller, à vos objectifs, y a plus qu'à shooter maintenant !!!

lundi 8 novembre 2010

Hier, c'était notre rassemblement....

Hier c'etait notre grand rassemblement et AG "Les enfants de l'espérance". Plus de 200 personnes, imaginez vous ! Le manoir explosait de monde, mais la bonne humeur était au rendez vous comme à son habitude.

Pour moi la journée a démarré tôt, trop tôt. Le premier son que j'entendis au matin alors que je rêvais profondément d'un bon café avec George Clooney fut un "maman je veux vomir". et hop me voila en train de faire la méga glissade sur le parquet du gîte avec une petite fille entre les mains, direction la cuvette des WC. Et ceci plusieurs fois de suite... Ma fille avait un début de gastro. Peu de temps après, j'ai commencé moi même à avoir mes premiers symptomes : nausées, tords boyaux et extrême fatigue, qui ne m'ont pas lâché de la journée et qui ont du sans doute être accentués par le stress particulierement vif pour moi à ce rassemblement, quelle pouasse... Je me suis donc traînée toute la journée, à mon grand regret, ai accumulé maladresses et boulettes en tour genre (remarque meme sans la gastro, je suis capable de les faire !!!), bref, pas le pied... Mais les sourires des enfants étaient là, des parents et des "parent-to-be" aussi ! Malgré tout, ce fut difficile d'annoncer et d'expliquer à l'assemblée notre baisse de régime de ces temps ci, des délais qui se rallongent, les situations de dossiers bloqués, bref les galères que nous cotoyons de plus en plus...

Aujourd'hui lundi, j'ai une journée d'enfer. Pensez donc, je pars jeudi en Inde, un autre groupe de trois familles part samedi, y a encore une tonne à faire, et ma gastro est toujours bien là. C'est le stress absolu, je n'ai qu'une hate, être dans l'avion avec mon lecteur mp3 sur les oreilles, pour enfin décompresser !!!! (et plutot que de bosser  là tout de suite, je blogue !!!).

Merci à toutes les familles d'être venues hier, merci aux enfants pour leurs sourires, leurs petites attentions.... Des sourires, des dessins, des petits petits coucous, des regards sans un mot qui en disent long m'ont réchauffé le coeur. Notre plus belle récompense est bien celle là, et je ne m'en lasserai jamais. Peu de sages femmes ont la chance de voir grandir les bébés qu'elle ont fait accoucher. Et moi je savoure cette chance à chaque fois que je revois tous ces enfants...

PS : je vais faire un album picasa sur le net, ceux qui veulent y avoir acces (parents dont j'ai pris les photos des enfants) sont priés de m'envoyer un mail à charabia2moushette@gmail. Merci de vous présenter en tant que parent de... dans vortre mail !

mercredi 29 septembre 2010

23h00

22h00 et vannée, je reviens du club photo où je me suis fait traiter de "son objet" par un homme qui me dit avoir un humour bien spécial (à qui j'ai promptement répondu que le mien d'humour devait sans doute être pire que le sien nonmaioh !).

Je rentre à la maison, de mauvais poil et convaincue de cuver une angine. "Va te coucher tot ma fille, tas que ça à faire pour aller mieux"...

Arrivée à la maison, une causette avec Mister Moush, un repas lance-pierre, et je check mes mails une derniere fois avant de me pieuter. Zut. Avant d'être partie à la séance de shooting, j'avais convenu d'un rdv téléphonique pr l'assoce, faut que je tienne d'ici là...

Coup de fil avec ma présidente à 23h00, et je me reprends violemment dans la face une sale nouvelle avec toutes les colères qui vont avec. Je lève mon bouclier et son armoirie, et je ne fléchis pas. Ce billet écrit il y a quelques jours reprend une fois plus de son sens, même si on n'en peut plus de découragement, de stress ou de rage, j'hésite. (et postulants, stressez pas, ceux concernés sont DEJA au courant)

Mais un email traine sur ma BAL... Je clique machinalement. Le dossier de mes amis J & T est passé en régionale en Colombie, ce qui veut dire peut être une attrib' imminente !!!!!!!!!!!!!! 4 ans que j'attends ça avec eux... Mon coeur explose de joie, et mon optimisme me les imagine avec leur enfant pour Noël...

Envie de pleurer de joie ou envie d'hurler de rage et de stress ?
L'adoption ne me laissera jamais en paix.

Pourquoi bonheur ne peut il jamais venir seul ?

Bientot une heure du mat', je n'ai trouvé que ce blog pour vider ma frustration... Je me coucherai la tête en Colombie, malgré tout, mais avec un ventre noué et un coeur qui bat la chamade...

dimanche 11 juillet 2010

Kavita, steu star.

Certaines de nos familles ont eu la chance de ne pas voyager avec moi en Inde et de passer plutôt par les douces mains d'une de nos accompagnatrices indiennes de choc ...

Kavita en fait partie, et quelle fut ma surprise lorsqu'une de mes familles, revenue du consulat de Mumbai, me montra cet article dans le journal de l'Alliance Française !


Bin cha alors ! :-)

Excellente semaine à tous !

vendredi 11 juin 2010

Avis spécial EdEusiens !


Avis aux EdEusiens déjà parents de trésors indiens présents à notre dernier rassemblement !

Les photos que j'ai prise LORS DE CE RASSEMBLEMENT sont dispos online sur picasa (cela ne concerne pas les photos de mon voyage).

Envoyez moi un email à charabia2moushette@gmail.com  en me précisant de qui vous êtes le parent (ainsi que vos noms complets) et je vous donnerai le lien !

jeudi 10 juin 2010

Jamais 2 sans trois...

Le téléphone sonne, une voix que je connais bien me dit qu'il me passe S.

Je commence par un "Bonjour ! Comment ça va ?"

Elle me répond "Je vais bien".

Jusqu'à là c'est facile, c'est une de ses premières leçons de français qu'elle avait eu à Bhuba.

Puis les choses se compliquent, j'essaye de lui poser des questions simples, sur son nouveau quotidien français. Elle me comprend difficilement, et je sais bien qu'elle ne m'appelle pas pour me raconter sa vie...

Son papa m'explique. Elle a le blues de ses 3 copines. Elle aimerait les revoir, au plus vite. Qu'elles soient dans l'avion juste après le sien qui l'avait mené dans sa ville de provice, comme c'était le cas dans nos trois taxis en Inde. Qu'elles habitent dans la maison d'en face. Mais non, des centaines de kilomètres les séparent.  Et il a eu des niouz des deux autres familles, c'est pareil chez eux aussi, les trois filles sont tristes des unes et des autres...

Voyager avec trois familles, c'est génial et j'ai adoré, même si point de vue GO ca peut être un peu plus lourd (inertie de groupe, communications à répéter, plus d'aléas etc). Pour les familles c'est chouette aussi lorsqu'il y a bonne entente. C'est rassurant de voir qu'on est tous dans la même galère, c'est plus léger lorsqu'on peut rigoler un peu malgré le stress. Pour les minettes, c'est aussi très cool, ça permet de partir ensemble, bcp moins stressant que de partir seule. Et ca permet de jouer et de rester ensemble pendant tous ces temps plutot que de s'ennuyer avec des gentils parents qui ne te comprennent même pas.

Nos trois gamilles de Bhuba, en minettes malignes qu'elles sont, ont compris qu'elles pouvaient elles aussi profiter de cette effet de "masse", en formant leur bande à elles, schintant la couleuvre pas toujours facile à avaler, celle de l'attachement avec ces nouveaux parents, très sympas certes, mais quand même bizarres car débarqués d'une toute autre planète. Les petites sont devenues siamoises (lorsqu'une a envie d'aller aux toilettes, les autres la suivent ...), et les parents ont eu bien du mal à faire leur place malgré nos efforts communs (accompagnatrices inclues !) pour les séparer "à coup de hachette" tant leur fusion était forte. Et puis on le sait tous, les filles morphlent de leur séparation avec l'orpheu, les conditions de vie ne sont pas toujours évidentes lors des ces périodes de transition indiennes, alors doit on leur rajouter une couche "vasy fais tes devoirs et bosse sur la construction du lien avec tes parents" ?

Voyager à plusieurs familles peut aussi être un handicap pour la construction du lien entre parents et enfants, et ce n'est pas la première fois que j'ai eu échos de ce phénomène de "bande" (sachant qu'une bande peut être peuplée uniquement deux filles "contre" la bande des deux mères venues les chercher !!!).

Mes gamines étaient cigales en Inde, malgré tous nos efforts. Et voilà, en cette période de bise française, la réalité est dure à accepter, les larmes fusent, la tristesse coule de l'autre côté du téléphone... Et nous, parents, accompagnatrices, nous sentons bien impuissants et tristes face à leur profond désespoir.

On le sait, c'est pour leur bien, mais pourtant nos coeurs saignent aussi. Mais sans doute qu'à cette triste occasion, les parents diront pour la première fois à leur enfant qu'ils sont là et seront toujours là pour l'aider au mieux dans les périodes noires de sa vie.

Et heureusement que d'ici 15 jours, ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir...

dimanche 6 juin 2010

Dépressurisation

Samedi, journée enfin tranquille. Pas de rdv, pas de contraintes, enfin la possibilité de faire la grasse mat ! Que je ne fais pas, bien évidemment, étant maintenant abonnée des nuits de 5 heures depuis trop de semaines. Mais j'en profite pour trainer, ranger, trier la paperasse dans mes moultes sacs. Et puis j'ai un peu le blues. C'est le weekend chez nous, et je n'y suis pas. Ce soir ma pote a organisé une teuf, et tous mes potes d'mon bled paumé (ou presque !) y seront... Et pas moi. Los boulos.

Ce matin, nous partons avec deux de nos familles vers le musée Gandhi, puisque c'est l'idée du jour soumise au groupe. Après tout why not, je n'y suis jamais allée, n'étant pas une grande Gandhi-phile, mais ça peut être sympa à voir !

En pénétrant le campus, je suis prise d'une soudaine intensité. Les atomes de mon corps se mettent à vibrer, comme dans certains lieux saints indiens. Mais c'est bien sûr, c'est ici qu'il a été assassiné. Je sens le désespoir de toutes l'Inde ayant appris la tragique nouvelle me traverser le corps. Etrange sensation que j'ai déjà vécu à de nombreuses reprises, en Inde, en France ou ailleurs, cet endroit me parle...

Dans le jardin, il y a une pierre là où il est tombé. Et partout des citations de Gandhiji. Machinalement je cherche celle de mon blog mais elle n'y est pas. Une attirera particulièrement mon attention (ainsi que celle d'Isabelle, on s'en rendra compte qqs heures après, en échangeant nos impressions sur cette visite !) :

"For my material needs village is my world,

For my spiritual needs the world is my village."

Le lieu est calme, paisible. Les deux fillettes m'ont pris la main dès les premiers instants de la visite, et on se promène calmement ensemble. Je leur montre Gandhi sur une photo, et je les entends parler entre elles de Gandhiji. Elles connaissent ce personnage, elles ont du l'étudier à l'école, il n'y a pas de doutes. Nous échangeons sourires, et gestes tendres, ce sont nos derniers instants ensemble en Inde car demain je serai dans l'avion. D'ailleurs, je commence doucement à introduire le concept de cette séparation. Elles semblent comprendre, alors sans doute cela rend ces derniers instants indiens ensemble encore plus précieux.

Leurs geste m'évoquent tant Scarlett. Ce touché si caractéristiques des indiennes en Inde, ma fille ne l'a jamais perdu, ou les a même appris à travers moi. Beaucoup d'indiens et d'indiennes les perdent au contact de notre mode de vie occidental qui a tout oublié sur le touché. Mais pas ma Scarlett. Elle aime son côté indien, l'assume et en plus l'est au travers de son corps et de sa manière d'être, sans chichis, sans bollywood blingbling...

Le reste du musée est à l'intérieur du bâtiment. Et oh surprise, ce musée est absolument fabuleux et innovant ! Très interactif (génial pour les gosses), rempli de plein de petites salles aux thèmes différents. On a tous le coup de foudre, on prend notre temps pour visiter, admirer, se ressourcer. Cherry on zeu cake, en en sortant, je réalise qu'il est gratuit ! Incredibeul India...

Aprèm' un peu de shopping. J'achète mon jean chez Levis (car oui je n'achète plus un seul jean en France), des trucs pour les enfants, je chasse la chemise pr Mister Moush (coup de fil en urgence dans le shop : manches courtes ou longues ?????). Mais je me sens mal. Très mal, faible. J'ai de la fièvre, mal à la gorge, ganglions gonflés, exténuée... Aurai-je enfin dévéloppé l'angine qui avait terrassé Mister Moush avant mon départ ? Je me connais comme une lettre à poste : je tombe souvent malade lorsque la pression baisse. La semaine avant mon départ étant hyper active, j'avais dit à mon entourage et sûrement à mon corps que NON, je ne peux pas être malade MAINTENANT ! Oust l'angine de Mister Moush !! Et comme par hasard je n'ai pas eu l'angine qui avait entre temps contaminé (à moindre mal heureusement) les enfants. Mais la dans ce coffee shop devant mon café frappé, j'alterne suées et frissons. J'ai chaud. Et bien sûr mon Nurofen est dans l'autre sac... Je m'endors un peu, me reveille, ca va un peu mieux. De quoi aller à Khan Market acheter un ptit kekchose que j'avais repéré auparavant pour une copine , de quoi mater "Good Earth", zeu magasin de déco maison...

Exténuée, je rentre à l'hotel, avale mon Nurofen, rentre à ma chambre sans dîner. 40 minutes plus tard, je pète la forme ! Merci Nuroflash ! Hors de question de me coucher, je fais ma valise en mode répétition générale Air France pour mardi soir. Car chez AIr France, outre le fait que je n'ai le droit qu'à 20 kg en soute, maintenant ils nous imposent de ne prendre plus que UN SEUL bagage en soute !!!! Alors on n'a pas le droit à l'erreur car le staff AF en Inde adooore facturer en miles le surpoids.....

Je me couche enfin, moins inquiète pour ma santé que cet après-midi. J'ai hâte d'être à lundi pour mes nouveaux challenges. Je n'ai pas le droit à l'erreur, ni à la maladie. NON, je ne serai pas malade maintenant... Plus tard dans une autre vie, lorsque j'aurai le temps de m'ennuyer...

samedi 5 juin 2010

Moushette au pays non merveilleux de l'apostille

Jeudi, nous avions donc comme mission de faire apostiller certains documents du dossier, car cette apostille est réclammée par l'ambassade de France pourla demande de visa.

L'apostille en Inde, ce n'est pas simple, évidemment.

Il faut d'abord faire une pré-légalisation locale, dans la ville où se trouve l'orphelinat, et c'est donc le "state department" régional qui s'en charge. A Bhubanewhar, cette pré-légalisation a duré 3 mois.

Oui, 3 mois pour un simple coup de tampon rouge.

3 mois pendant lesquels l'orphelinat a du envoyer en permanence un de ses salariés au state department pour suivre le dossier, harceler le personnel afin d'être certain que nos dossiers ne soient pas oubliés sous un tas.
Et surtout 3 mois en moins pour les gamines. 3 mois de moins qui les empêchera de faire une rentrée scolaire avant les vacances d'été. Trois mois de moins pour apprendre le français en famille avant septembre. 3 mois de moins d'amour et de vie dans leurs familles en France.

Ce n'est rien 3 mois ? Elles ont déjà 8 ans bientot 9 ans, 3 mois c'est énorme, il y a tant de retard à rattraper.

Bref, revenons à l'apostille. Nos dossier comportent tous le tampon du "state department", la mission du jour sera donc de les faire apostiller. Grâce aux précieux conseils du responsable d'un autre orphelinat, nous savons que pour gagner du temps, il faudra faire le taf entre meufs, car le bureau des apostilles a une file d'attente pour le meuf, permettant de gruger les mecs....

Bref nous voilà parties à 5 femmes, les 3 mères et les 2 accompagnatrices.  Notre taxi nous dépose au Patiala Office, centre où,de nombreux avocats et notaires ont leurs bureaux. Nous rentrons dans la ville dans la ville : un dédale de ruelles piétonnes remplies de minis bureaux d'avocats, de scriptes où s'affairent  des flots d'avocats pressés, que l'on reconnait aux veste noires et cravates blanches en V inversés.... On se croirait dans un autre monde, l'ambiance est totalement dépaysante, fascinante et surréaliste. Si le lapin d'Alice au PDM surgissait d'une des ruelles j'en serais à peine étonnée !

Nous finissons par trouver la poste, et je demande au premier guichet le document nécessaire pour notre demande d'apostille. On me répond immédiatement, et on me demande de passer au guichet suivant à droite. On me répond immédiatement, et on me demande de passer au guichet suivant à droite une fois de plus ! Là on me fait patienter un temps certain, et ouf enfin qq'un me tend les docs modulo qqs roupies.

Fières d'avoir obtenues la réponse à la première énigme de notre chasse au trésor, nous nous lançons avec entrain vers le document où l'on apostille les documents. Nous voici dans la salle fétide des apostilles...

Comme me l'avait dit un responsable d'orphelinat, il y a bien deux files d'attente : l'une pour les hommes (longue) et une autre pour les femmes, plus courte. Chouette ! Sauf que les deux files se rejoignent, il y a un guichet pour les deux, pouasse.... C'est donc la foire d'empoigne entre les hommes et les femmes pour savoir qui va passer devant qui... Sachant que tous les quart d'heure il y a une femme ou un homme qui se pointe et qui tente de doubler tout le monde !!! On est obligé de beugler, de faire des coudes, de jeter des regards implorants au garde armé pour qu'il fasse son taf de discipline. Il n'y a pas de clim', et plus on avance, plus on est écrasés les une contre les autres. Témpérature d'envion 40°C comme dehors, une maman commence à se sentir mal, les gens commencent à s'énerver car l'heure passe et l'heure de fermeture approche à grands pas. Mon coucher à 4 heures du mat commence à se faire sentir, j'ai la tête qui tourne et les jambes qui vacillent. Mais non, je dois me concentrer à réussir à placer ma main avec les 3 dossiers dans la microscopique fenêtre du guichet pour avoir une chance de faire apostiller les documents aujourd'hui... Celui ou celle qui a le plus grand bras a un avantage évident, et on se bat pour 2 cm de guichet. Les gens deviennent peu à peu bestiaux, et le temps d'un instant je me demande ce que je fous là ....

Enfin notre dossier est pris. Ouf ! Je suis pliée en deux accroché au guichet pour guetter ce qui se passe dedans. Le guichetier appelle son chef qui vient vérifier notre dossier . Il prend son temps et me dit la chose suivante :

"Vous devez aller à la CARA et me fournir une attestation de leur part".

Hein une attestation de la CARA ? Ca va pas bien mon gars ?

Et une idée traverse mon esprit : "Les filles, sortez vos NOC !". Clac clac clac on entend les élastiques des 3 chemises, et illico presto je lui dégaine les 3 NOC. Il est déçu, il espérait nous virer avec ça.

Mais là il nous répond : "mais il me faut deux copies de tout le dossier !"

Merdasse, ça on n'a pas. On file dehors, il y a un magasin/photocopieuse sur le trottoir qui fera l'affaire. On organise un travail à la chaine pour les photocops et une de nous retourne au front pour anticiper la place dans la file d'attente...

De retour au front, je constate que l'ambiance est devenue très nerveuse. Bien sûr il est impossible de doubler tout le monde comme l'avait suggéré le chef. Les indiens commencent à protester, pousser, alors moi j'insulte tout ce petit monde en francais.... Une femme m'écrase exprès le bras, j'ai mal, j'ai chaud, je suis trempée de sueur et je n'en peux plus. Nous sommes chez les sauvages, l'homme redevient bête... Les autres m'encouragent derrière, mon équipe de rugby féminine française fait le maul pour m'approcher vers la ligne de touche.... Finalement les dossiers sont repris par le guichetier, tout est OK car le gars a à peine le temps de regarder tant les gens hurlent autour de moi !!!!!

Le reçu en main je pousse un grand cri de victoire repris en coeur par toute la bande de françaises !!! Enfin le trésor, le saint graal ! Ce soir elles pourront revenir récupérer les docs apostillés. Oui mais à quelle heure ? Les horaires affichés disent 16h-17h00, mais le garde nous suggère de venir à 17h00... Nous opterons pour le 16H, et effectivement les guichets n'ouvriront qu'à 16h30...

Voilà donc à quoi nous avons passé notre journée de jeudi, plutôt que de se concentrer sur l'attachement entre les enfants et leurs parents...

jeudi 3 juin 2010

Nouvelle secrétaire à la CARA, et nouveaux guidelines...

Ici un article qui promet l'adoption plénière directement en Inde pr les AI d'ici novembre 2010 !!!!

Mais ca ne dit pas ce qu'il y aura d'autre dans ces nouveaux guidelines....

mercredi 2 juin 2010

Daniela lala...


Devinette naze pondue dans l'avion entre Bhuba et Delhi...


J'écoute "Daniela" d'EFB dans mes oreilles. Et soudainement, ca me fait penser à un truc : notre psy préférée a voulu acheter tout à l'heure des magnifiques gravures de Dieux hindous sur feuilles de palme dans une échope. C'est un truc typique de l'Orissa, et le prix peut varier du simple au double en fonction de la finesse du travail. Le gros avantage qu'ont ces gravures hormis leur beauté, c'est de pouvoir se plier comme un éventail, donc c'est cilfa à ranger dans la valise. En plus elles sont légère comme des plumes. Certaines de ces petites images peuvent être retournées comme dans les livres pour jeunes enfants. Et devinez ce qu'il y avait en dessous ? Hein, devinez !!!

(ma tribu indienne n'a bien-sur par le droit de répondre car ils sont au courant !)

Le premier qui répond correctement aura le droit à un cadeau nindien ..........

ONYVA !!!

On y va !


Ambiance de teuf ce soir ... Les filles vont bien, alors les parents s'éclatent aussi de leur côté ! D'ailleurs pour ne pas les citer, MQ et BD nous ont dansé la macaréna dans le lobby de l'hôtel... Fallait voir le regard médusé des minettes se disant : "oh trop la teuhon toi !!!".

Bref, bonne ambiance, on est contents de quitter la paisible et poisseuse ville de Bhuba... Les filles lancent des "On y va" à tour de main, elles aussi semblent contentes de partir. Faut dire qu'elles ont fait de grosses siestes, et ça aide à retrouver la pêche !

Arrivés à l'aéroport, une surprise nous attend : encore une heure supplémentaire de retard à notre vol qui a déjà 4 heures de retard... Puis je vois sur la balance de l'enregistrement qu'au lieu des 23 kilos autorisés de Air France, j'ai 37 kg de bagages soute. Mais ils disent rien à la Kingfisher, faut dire qu'avec les heures de retard, ils ne la ramènent pas... OK je vais larguer 3-4 kg de paperasse à Delhi et 2-3 kg de magazines à Mumbai...Et surement négocier un dispatch de mes kilos en trop (non je ne parle pas de ma cellulite !!!) avec le reste de la tribu...

Malgré les 5 heures de retard de notre vol, l'ambiance bat son plein. A l'heure où je tape ce mail, nous sommes dans le resto de l'aéroport (car repas gratos offert par la king'). Les filles sont aussi discrètes que les adultes (elles crient!), rigolent et charient (voire draguent pr certaines ???!!!) Matthieu le grand frère de Shreleekha, et les adultes partent dans des délires bien français à coup de private jokes récurrentes peu discrètes... Bref on se marre, on n'est pas discrets mais on s'en fiche, pour une fois les Indiens auront une bonne excuse pour nous dévisager !!!

Sinon, parenthèse, mon flanclub sera heureux d'apprendre que j'ai acheté mon collier tribal (et en plus j'ai réussi à grapiller à l'arrache 200 INR de moins en négo, je l'ai eu à 1000, j'ai amorti mon trajet de rickshaw pour le récupérer !).

Bref en guise de conclusion, je envie de vous dire que vous aurez compris à la lecture de ce post que notre voyage se passe à merveille, les filles sont heureuses et c'est contagieux !

PS : à l'instant, je viens de me faire draguer à l'aeroport par le serveur, qui me dit que j'ai un visage indien (et je lui répond "bin normal chuis indienne", la trooooonche qu'il a fait). et après il revient sur de lui et me demande mon age !!! Hyper indiscret le type, jamais il oserait demander cela à une indienne... Je fais ma Mister M, et lui dis "tu me donnes quel age ?". Il dit 33 !!!!!! Et je lui donne le bon chiffre : Forty !!! KC le gars, KC..... Finalement la quarantaine, c hyper pratique !!!

PPS : Aller on va passer à la security check, je dois fermer l'ordi. "On y va !" Bye bye bhuba'.... Reviendrai-je bientot ? Rien de moins sûr, petit pincement au coeur...

P2S : je tape dans l'avion, les filles n'ont pas bronché pour le décollage malgré la fatigue. Elle sont top ces 3 minettes !! Quant aux deux accompagnatrices, elles passent leur temps à se pisser dessus de rire pour des bêtises, non on n'a rien bu, sauf du nimbu (citron) soda sweet, promis !!!!

Moushette se déguise en Super Nanny !

Ce matin, celle qui hier avait des larmes était de bon poil, une autre avait plutot le blues et la troisème répétait tout ce qu'on disait !

Chacune à leur tour passent par la phase des blues, c'est nécessaire malheureusement, mais c'est aussi grâce à ça qu'elles avancent dans leur nouvelle vie...

Avant de partir pour nos excursions, j'ai fait ma super nanny. J'ai mis les filles en rang d'oignon et leur ai expliqué des bases, tandis que M. Panda leur prof de français (payé par EdE, puuuuuuuuuuub !) leur traduisait : dans la rue, on tient la main de Momi et Dadi, on ne part pas en courant sans prévenir. le tout en leur explicant que ce n'etait pas pour les embeter, mais pasqu'on avait peur de les perdre. Fallait voir leurs trois têtes... Et miracle, ça a marché, elles ont été sages comme des image s!!!!

Je profite de mon statut mi copine, mi relais orpheu, pour leur faire l'autorité (oiu je sais, c pas trop dur pr moi ce genre de role ;-) ) et eviter aux parents de se friter avec les gosses... D'un coté je joue, je fais l'andouille (et je suggère au grand frere de leur faire acheter les portable barbie aux sonneries infernales, grand must des enfants en Inde !!!), de l'autre je lève un peu la voix lorsqu'un petite teste (ou tente de se barrer, genre tiens si j'essayais, oh zut, elle me regarde style genre pas contente).

Nous avons visité des temples, accompagnés par M. Panda, avons fait du shopping et mangé dans un bouiboui en partageant notre repas avec un nuage de mouches... Dans les shops j'ai craqué grave sa race pour un collier tribal en bronze, mais un peu cheros (1400 après négo !). Tant pis... Isabelle a acheté de magnifiques gravures sur feuilles de palme qui se plient comme un eventail (pratique pour la valise).

Dans le jardin de centre d'artisanat, nous nous sommes tous assis dans l'herbe, et j'ai refait ma super nannie, cette fois ci sur le thème de l'avion : assis, ceinture, pas debout etc. Elles m'ont écouté bouche bée, personne ne leur avait dit à l'orpheu qu'elles allaient prendre l'avion......

Retour à l'hotel, je check mes mails et ô surprise, le vol prévu pour 19h30 est décalé à 22h40 !
Mauvaise nouvelle ? Pour les parents oui, mais moi..... je pourrai peut etre retourner chercher mon collier !!!!! :-)

mardi 1 juin 2010

Le vrai début !


Ca y est, les adieux ont été faits, nous avons quitté l'orpheu définitivement avec les filles...

Ce soir les petites dorment chacune dans leur chambre avec leur famille, la journée a été éprouvante, et nous sommes tous exténués.

La journée ? Non je ne peux vous la raconter, leur histoire leur appartiennent. Mais je retiendrai nos larmes avec les ayas, inconsolables. La tristesse sur leur visage m'était insupportable, malgré les cadeaux, attentions, embrassades.

J'ètais dans la voiture de la famille de Snighda lorsque nous sommes partis. Les parents lui ont demandé si elle allait bien, et ils ont posé leurs mains sur elle en guise de caresse pour lui montrer leur soutien. Et elle, a posé sa main au dessus des leurs, avec un grand sourire rempli de confiance....

Momment de bliss... Mai comment fait-elle pour vivre ça de façon si zen ? A sa place, j'aurais été en larmes...

Ce soir je pense très forts à nos trois familles. Elles sont enfin dans le concret bien loin de la carte postale idyllique des adoptions en papier glacé... Et il y  a du pain sur la planche, car il y aura des hauts et des bas de moral, de la séduction encore, des rejets, des tests, mais surtout un rythme et une harmonie à trouver entre eux..

Et plutôt que de se concentrer sur l'attachement avec leur enfant, à partir de jeudi, les familles devront courir les administrations pour faire apostiller les documents, faire leur demande de visa auprès de l'ambassade de France etc. ... Pourvu que tout aille bien de ce côté. Quel stress inutile que sont ces paperasses de dernière minute. J'ai récemment appris que pour certains pays, on pouvait obtenir le visa des enfants avant la venue des parents en Inde... Quelle chance...

Night at the Lagoon....

Reprenons le récit de nos aventures du billet précédent. Hier aprèm j'avais donc invité le directeur de l'orpheu diner avec notre troupe dans un un des hotels chicos de la ville. Je savais qu'il aimait ce lieu, je savais donc qu'il ne refuserait pas ! ;-) Par contre je sentais le reste de ma troupe lasse, usée, avec qu'une envie, celle de diner vite fait à notre hotel modeste et se mettre au lit. Normal vu les émotions de la journée, la chaleur... Ambiance mitigée, mais malgré tout, personne ne s'est désisté, et tout le monde était d'accord pour m'accompagner à cette invit' forcémment un peu intéressée du directeur d'orpheu !

Cela dit j'étais un peu sûre de mon coup pour ma petite troupe, car l'endroit où j'allais les amener était hyper chicos, magnifique, spacieux et vert, décoré de suplimes objets d'art un peu partout...

Le soir donc, tout le monde était changé, beau et frais après 2 heures de repos dans notre hôtel. Brief rapide, promis on ne restera pas longtemps, on mangera vite faite, on empechera le directeur de nous faire des speach politiques afin de pouvoir rentrer tot... Puis nous nous sommes engouffrés dans nos taxis pour 20 minutes de route jusqu'au Mayfair lagoon. Réception gigantesque dans la verdure comme les indiens savent si bien le faire. Cottages autour d'un lac artificilel, patios, larges couloirs, piscine à débordement, lounges, le tout magnifiquement décoré. Les "aaaah" et les "oooh" fusaient de partout de mon petit groupe, on avait l'impression de se promener dans un musée...

Puis nous nous sommes attablés dans la grande salle climatisée et modern du restaurant "steel pot". Et lorsque les plats sont arrivés, les "aaah" et les "oooh" sont revenus ! La nourriture était un pur délice, et Mr. Mohanty était aux anges de pouvoir se régaler, nous parler politique, et de rigoler avec un des papas qui connaissait qqs mots de oriya appris en France ! L'ambiance s'est détendue, les rires sont revenus, la fatigue s'est volatilisée... Le dépaysement était total... Et plus personne n'était pressé de partir se coucher...

Lorsque j'ai du payer la note avec ma Visa, le personnel m'a demandé d'aller taper mon code sur la machine... en cuisine ! Médusée par le spectacle devant moi, j'ai négocié une visite de la cuisine (imaginez la surprise du dir de l'orpheu !!!). Et nous avons ainsi pu voir tous ces chefs toqués s'affairer entre le coin chineses (woks), indian (moultes pots de curries), et continental... Le chef n'était pas peu fier (malgré le fait qu'en principe les visites ne sont pas autorisés), et ma petite troupe était ravie de cette visite impromptue...

Depuis cette délicieuse soirée, la nuit s'est écoulée et nous nous préparons à d'autres émotions... Celles des adieux. Les filles quittent l'orphelinat cet après-midi avec nous. Il y aura une célébration avec un prêtre (un repas amélioré), une remise de sarees au personnel... Il y aura les larmes de celles qui se sont occupées de filles pendant 8 ans. Une fois de plus j'ai passé une nuit difficile à rêver que je tentais de consoler dans mes bras ces ayas inconsolables face au départ de celles qu'elles aimaient comme leurs filles depuis 8 ans. Nul doute que je ne serai pas la dernière à pleurer tout à l'heure (d'ailleurs j'ai déjà remplacé les lentilles par des lunettes en prévision...).

Après les adieux, j'ai prévu la visite d'un "mini" temple juste à côté de l'orpheu, un peu de shopping...

Let's see comment ira cette nouvelle journée...

PS : très touchée de savoir que la soeur de Snighda me lit ... Ta petite soeur est absolument craquante, une vraie chipie coquine et caline sur pattes, tu vas bien t'éclater avec elle ;-) !

lundi 31 mai 2010

Ca coule raoul !

Ca y est, les fillettes et leurs parents et frérot  se sont enfin rencontrées ! Ca s'est très bien passée, c'était émouvant, touchant... Je retrouve les petites avec les mêmes mimiques d'il y a 1 ans. Et leurs histoires leur appartiennent, je m'arreterai là.

Moi en parallèle, j'avais mis mon habit de catch pour pouvoir supprimer des lignes sur mes fichiers excel. Le combat est inégal, mais qui tente rien n'a rien... j'ai du suer 3 litres en l'espace de 30 minutes de meeting serrés.

Mais les fillettes sont radieuses, leurs familles aussi, alors je ne retiendrai que ça....

Mais là dans ma chambre d'hotel je me sens aussi vidée qu'après un match de box..... Petite pêche, et grosse fatigue, à force de passer sur le rollercoaster des émotions, des stresser sur ma logistique et de me battre pour les familles qui attendent... Mais il y avait les câlins des grandes, les bisous des petites, les "Mommi" lancés partout... Mes yeux se ferment tout seuls, non tiens des larmes, finalement ca me permet de me debarrasser plus facilement du stress et du poids sur les épaules.... Et la journée n'est pas finie, ce soir dîner avec les familles et le directeur de l'orphelinat que j'ai invité au restaurant... Ce billet est un patchwork, je n'ai meme plus la force de réfléchir...

samedi 8 mai 2010

Le lac des cygnes...


Le nuage capricieux va-t-il empêcher M de s'envoler dimanche ?

Et trois de mes familles d'atterrir ? Car le vol Air India de dimanche aprem' amènera trois de mes familles à Roissy, et repartira illico (une heure après ) avec M à son bord... Si tout va bien... Et pendant ce temps là, le nuage se cache derrière les Pyrénées...

Quel étrange ballet !!!

dimanche 2 mai 2010

Soldat rose


Ok c'était encore kekchose ce meeting EdE. Toujours dans notre beau manoir, toujours de plus en plus de monde. Et toujours une météo pourrave ! Mais toujours autant de bonne humeur, d'enfants souriants courant partout, de vagues de bonheur planant par ci et par là.

Grande nouveauté, j'avais pour la première fois une invitée indienne "à moi", Maina, la vice-directrice d'un de mes orpheux indiens. Qui selon moi est un des meilleurs orpheux de l'Inde... Quel honneur de pouvoir travailler avec eux...

Elle était scotchée par notre grande équipe de "tous bénévoles" (et oui, ça change du staff de Holt...), du cadre de notre meeting, et de voir autant d'enfants adoptés indiens d'un seul coup (car chez les autres y a bcp de coréens, de chinois...) !!!!! Elle a commencé son discours en pleurant, à mon grand étonnement, ce qui m'a totalement destabilisé et qui bien sûr a failli m'en faire verser trois litres (peu recommandable pour faire une traduction potable en simultanée à l'assemblée, la goutte au nez !!).

Aussi et surtout, grands moments forts en émotion de la voir retrouver "ses" enfants, une de nos grandes s'est jeté dans ses bras en la voyant à son arrivée..... D'autres loulous, timides au début, ont su vaincu leur peurs et son allé vers elle, en toute simplicité, et ont passé l'après-midi à lui graviter autour. Un mélange de "mais kestu fiches là", "wa ca me fait remonter des trucs chuis mal à l'aise" "wa ca me fait remonter aussi des bons souvenirs, que c'est chouette de te revoir". C'en était touchant d'amour, tous ces petits moments... De nombreuses familles sont venues discuter avec elle, même s'ils n'ont pas adopté dans son orphelinat et elle a été ravie de toutes ces rencontres.

Et puis y avait ces deux loulous, venant de l'orpheu des miens, que mes enfants avaient vu en Inde lors de notre voyage. Nishal était content de retrouver son pote de foot, mais celui ci était encore bien trop timide pour en profiter encore à fond. Il ne lâchait pas son papa de peur que celui ci s'envole... Un papa, une maman, c'est si précieux, et il a attendu si longtemps...

Le rassemblement est fini ce soir, mais les festivités sont loin d'être finies car la resp de l'orpheu reste encore une semaine en France.

Ce soir elle dort chez ma pdte, et mardi après notre réunion au sommet au MAE, elle sera chez moi jusqu'à dimanche. On va enchaîner rdvs stratégiques, visites, un peu de tourisme. Semaine de folie après un rassemblement épuisant (précédé de 8 heures de route du south west pour arriver pas trop en retard au meeting de l'équipe du samedi). Pas le temps de réfléchir, c'est pas plus mal car grosses envies de me taper la tête contr les murs quand je pense à d'autres sujets (loin de mes dossiers, je le précise)...

Voilà, n'ai pas envie d'en faire des tartines, car comme toujours je suis vannée, épuisée, vidée (et tiens si je me saoûlais au genièvre ce soir hein, private j' ;-) ). J'arrive à mieux gérer mes émotions, j'arrive à me protéger un peu plus.  Mais des absents me fendent toujours le coeur, des déceptions passées et frustrations actuelles me laissent songeuse ou en colère. Mais moi, nous, toute l'équipe continuons d'aller de l'avant, boostés, reboostés par nos familles, par la joie des enfants... Malgré les galères, échecs, contraintes, stress. Malgré une sale série qui semble nous coller depuis qqs mois. Malgré ce statut de bénévole qui me pèse souvent. Malgré nos manques de moyens face aux tanks américains ou italiens...

On va de l'avant, et on y croît, les petits soldats de EdE tout come moi continuent leur travail de fourmi rose...

Et ici un très joli compte-rendu avec photos à l'appui de la rencontre de la Neela family avec Maina... Larmiche à l'oeil j'ai eu en le lisant..

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